Pendant l'internat, un interne en rhumatologie perçoit environ 1 500 à 2 300 € net par mois selon l'année et les gardes. À l'hôpital, la grille nationale des praticiens hospitaliers démarre autour de 4 400 € brut mensuel au 1er échelon et atteint près de 8 900 € brut en fin de carrière, hors gardes et activité privée à l'hôpital. En libéral, où exercent environ 70 % des rhumatologues, la moyenne se situe autour de 9 000 € brut mensuel (soit près de 108 000 € brut annuels), avec une fourchette large de 3 100 à 15 000 € selon l'ancienneté, le secteur conventionnel (1 ou 2), la région et la part de gestes techniques. Attention : en libéral, les charges professionnelles et cotisations représentent environ 50 à 60 % des honoraires encaissés, le revenu net se situant plutôt entre 80 000 et 140 000 € par an.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il faut compter environ 11 ans d'études après le bac. Le parcours démarre par une première année PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou L.AS (licence avec option accès santé), accessible via Parcoursup — un bac général avec les spécialités physique-chimie et SVT (ou mathématiques) est le profil le plus courant. Suivent deux ans de formation générale (DFGSM, niveau licence), puis trois ans d'externat (DFASM) avec des stages hospitaliers rémunérés. En fin de 6e année, les épreuves dématérialisées nationales (EDN, qui ont remplacé les ECN) et les épreuves cliniques déterminent le classement : c'est ce classement qui permet de choisir la rhumatologie, spécialité recherchée avec environ 88 postes d'internes ouverts par an au niveau national. L'internat de rhumatologie dure ensuite 4 ans (8 semestres) et débouche sur le DES de rhumatologie, complété par la soutenance d'une thèse qui donne le diplôme d'État de docteur en médecine. L'inscription au Conseil de l'Ordre des médecins est obligatoire pour exercer. Des formations complémentaires (FST, DIU d'échographie ostéo-articulaire, DIU de rhumatologie pédiatrique, capacité douleur) permettent ensuite de se surspécialiser.
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La journée d'un rhumatologue est rythmée par les consultations. Un patient arrive avec une douleur au genou, au dos ou aux mains : le médecin l'interroge sur son histoire, son travail, ses sports, puis l'examine — il fait bouger l'articulation, teste la mobilité, palpe les zones douloureuses. Il prescrit ensuite les examens qui vont confirmer son hypothèse : radiographies, IRM, scanner, prises de sang à la recherche de marqueurs d'inflammation ou de maladies auto-immunes.
Entre deux consultations, il réalise des gestes techniques : échographie de l'épaule, ponction d'un genou gonflé, infiltration de corticoïdes pour calmer une inflammation, parfois biopsie. Il ajuste les traitements de fond — anti-inflammatoires, antalgiques, et surtout biothérapies, ces médicaments récents qui ont transformé la vie des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou de spondyloarthrite. Une bonne partie de son temps consiste aussi à expliquer : une maladie chronique se gère au quotidien, et le patient doit comprendre son traitement, ses risques et son hygiène de vie.
Environ 70 % des rhumatologues exercent en libéral, dans un cabinet de ville ou en clinique ; les autres travaillent à l'hôpital ou en CHU, souvent en associant soin, enseignement et recherche. Les horaires sont plutôt réguliers comparés à d'autres spécialités médicales : peu d'urgences vitales, peu de gardes de nuit en libéral, même si l'activité hospitalière impose des astreintes. Le travail est majoritairement assis, en consultation, avec des temps debout pour l'examen clinique et les gestes techniques.
C'est une spécialité très collaborative : le rhumatologue travaille avec les médecins généralistes qui lui adressent les patients, les radiologues, les chirurgiens orthopédistes, les kinésithérapeutes, les internistes et les médecins de la douleur. La téléconsultation existe pour les suivis simples et le renouvellement de traitements, mais l'examen clinique et les infiltrations imposent le présentiel.
Après le DES, on peut se surspécialiser : rhumatologie pédiatrique, rhumatologie interventionnelle et échographie, maladies auto-immunes systémiques, ostéoporose et santé osseuse, médecine du sport, prise en charge de la douleur chronique. À l'hôpital, la carrière passe par les postes de praticien hospitalier, chef de service, voire professeur des universités – praticien hospitalier (PU-PH) en associant recherche et enseignement.
D'autres voies existent : la recherche clinique (essais sur les biothérapies, un domaine très actif), l'expertise médicale (assurances, tribunaux, médecine du travail), l'industrie pharmaceutique, ou encore l'exercice mixte hôpital-cabinet, très répandu dans la spécialité. Beaucoup de rhumatologues ouvrent aussi leur propre cabinet et deviennent leur propre patron.
La rhumatologie est une spécialité en tension : le nombre de rhumatologues libéraux est passé d'environ 1 900 en 2013 à un peu plus de 1 500 en 2022, et un quart des praticiens ont plus de 60 ans. Résultat, les délais de rendez-vous s'allongent partout — de 3 à 6 mois en moyenne, et jusqu'à plus d'un an dans certains départements ruraux. En Île-de-France, quatre patients sur dix attendent plus d'un an. Dans le même temps, la demande explose : vieillissement de la population, arthrose, ostéoporose, lombalgies liées au travail, maladies inflammatoires chroniques mieux diagnostiquées. La spécialité réclame une augmentation du nombre d'internes formés (environ 88 postes par an aujourd'hui), et le numerus apertus devrait faire progresser les effectifs. Concrètement, un jeune rhumatologue diplômé n'a aucune difficulté à trouver un poste ou à s'installer, y compris hors des grandes métropoles où la demande est la plus forte.