Pendant les études, l'interne est rémunéré (environ 1 500 à 2 500 € brut/mois selon l'année et les gardes). Un généraliste **salarié** débutant (centre de santé, hôpital) démarre autour de 4 000 € brut/mois et peut dépasser 6 000 € avec l'ancienneté. En **libéral**, on ne parle pas de salaire mais de revenu : la CARMF situe le revenu net moyen d'un généraliste libéral autour de 90 000 à 100 000 € par an (soit environ 7 500 à 8 300 € net/mois avant impôt), une fois les charges du cabinet déduites — mais les écarts sont énormes selon le volume d'activité, le lieu et le secteur de conventionnement. Les remplacements permettent de gagner correctement dès la fin de l'internat (souvent 4 500 à 6 500 € net/mois). Le tarif de la consultation est passé à 30 € fin 2024, et une majoration pour les primo-installés existe depuis 2026.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter 10 à 11 ans d'études après le bac, exclusivement à l'université. Le bac général avec les spécialités physique-chimie et SVT (souvent complétées par maths) est le profil le plus adapté.
1er cycle (3 ans) : entrée via Parcoursup en PASS (parcours d'accès spécifique santé, avec une option dans une autre discipline) ou en L.AS (licence classique avec option « accès santé »). L'admission en 2e année de médecine se joue en fin de 1re année, sur examens et oraux, avec une sélection forte. Les 2e et 3e années apportent les bases théoriques et les premiers stages hospitaliers, et débouchent sur le DFGSM (niveau licence).
2e cycle (3 ans) : externat, avec stages hospitaliers à temps partiel et rémunération symbolique. Il se conclut par le DFASM (niveau master) et les épreuves nationales (EDN + ECOS depuis 2023), qui déterminent le choix de la spécialité et de la ville.
3e cycle (4 ans pour la médecine générale) : internat en DES de médecine générale, avec statut de docteur junior en fin de cursus. Soutenance d'une thèse d'exercice : c'est elle qui donne le diplôme d'État de docteur en médecine (RNCP 39500). L'inscription au tableau de l'Ordre des médecins est ensuite obligatoire pour exercer.
Les internes peuvent effectuer des remplacements dès la validation de plusieurs semestres, sous licence de remplacement délivrée par le conseil départemental de l'Ordre.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un médecin généraliste s'organise autour des consultations, en cabinet ou à domicile. À chaque patient, le même fil conducteur : écouter le motif de la visite, poser les bonnes questions (l'interrogatoire), examiner (tension, auscultation, palpation, température), puis raisonner pour poser un diagnostic. Selon le cas, il prescrit un traitement, demande des examens complémentaires (prise de sang, radio, IRM), rédige un arrêt de travail ou un certificat, et oriente vers un spécialiste ou vers l'hôpital.
Au-delà du soin immédiat, il assure le suivi au long cours des maladies chroniques (diabète, hypertension, asthme), la prévention et le dépistage : vaccinations, suivi du carnet de santé des enfants, frottis, dépistage des cancers, conseils sur le sommeil, l'alimentation ou les addictions. Il repère aussi la souffrance psychique, très présente chez les adolescents et les jeunes adultes. Une bonne part du temps passe enfin dans des tâches moins visibles : dossiers médicaux informatisés, courriers aux confrères, coordination avec les infirmiers et les pharmaciens, gestion administrative du cabinet quand on exerce en libéral.
Environ deux tiers des généralistes exercent en libéral (seuls, en cabinet de groupe ou en maison de santé pluriprofessionnelle) : ils sont alors leurs propres patrons, choisissent leurs horaires… mais gèrent aussi leur entreprise. Les autres sont salariés : centres de santé, hôpitaux, PMI, structures d'urgence, associations, médecine humanitaire. Les journées sont souvent longues (10 à 12 heures), avec des gardes et des astreintes le soir ou le week-end selon l'organisation locale. La téléconsultation, remboursée depuis 2018 et encore assouplie en 2026, permet une part d'activité à distance, mais l'examen physique reste au cœur du métier : le présentiel domine largement.
Le métier suppose une vraie endurance physique et psychique : contact permanent avec la maladie, l'angoisse et parfois la mort, responsabilité juridique des décisions, secret professionnel absolu. En contrepartie, la relation de confiance construite avec des familles suivies pendant des années est ce que les généralistes citent le plus souvent comme moteur.
Le métier n'est pas figé. On peut se spécialiser via des diplômes universitaires ou des capacités : médecine d'urgence, gériatrie, médecine du sport, allergologie, nutrition, sexologie, addictologie, échographie, soins palliatifs. On peut aussi devenir maître de stage universitaire puis enseignant-chercheur en médecine générale, coordonner une maison de santé ou un centre de santé, prendre des responsabilités dans un hôpital, une ARS ou une caisse d'assurance maladie.
D'autres passerelles existent : médecine du travail, médecine scolaire, médecine humanitaire, expertise pour les assurances, recherche clinique ou industrie pharmaceutique (pharmacovigilance, affaires médicales). Beaucoup de jeunes médecins commencent par des remplacements pendant deux ou trois ans pour tester différents modes d'exercice avant de s'installer.
C'est l'un des métiers les plus recherchés de France. Le nombre de généralistes en activité régulière a reculé d'environ 12 % en quinze ans, alors que la population vieillit : plusieurs millions de Français n'ont pas de médecin traitant et une grande partie du territoire est classée en zone sous-dotée. Résultat : un jeune diplômé choisit son lieu et son mode d'exercice, avec des aides à l'installation (exonérations, contrats d'engagement de service public, majorations tarifaires) dans les zones fragiles. Les débouchés ne se limitent pas au cabinet : maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé salariés, hôpitaux de proximité, EHPAD, SOS Médecins, PMI, médecine humanitaire, téléconsultation. Le vrai frein reste l'accès aux études : la sélection en première année est très forte, même après la fin du numerus clausus (remplacé par le numerus apertus).