En début de parcours, un doctorant contractuel touche environ 2 200 € brut par mois et un ATER autour de 2 300 €. Un maître de conférences débute entre 2 300 et 2 500 € brut mensuels et atteint environ 4 100 € brut au dernier échelon de la classe normale, jusqu'à environ 5 300 € en hors-classe. Un professeur des universités démarre autour de 3 300 € brut et peut dépasser 6 500 € brut en classe exceptionnelle en fin de carrière. À la rémunération indiciaire s'ajoutent les composantes du RIPEC (régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs), dont la part liée au grade fixée à 4 800 € par an à compter de 2026, ainsi que d'éventuelles heures complémentaires, primes de responsabilité ou activités d'expertise. Les PU-PH, qui cumulent activité universitaire et hospitalière, perçoivent des rémunérations sensiblement supérieures.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le doctorat est obligatoire : licence (bac+3), master recherche (bac+5), puis 3 à 4 ans de thèse, soit environ 8 ans après le bac. Pendant la thèse, un contrat doctoral avec mission d'enseignement permet de faire ses premières heures de cours. Après la soutenance, il faut obtenir la qualification délivrée par le Conseil national des universités (CNU) dans sa section disciplinaire — valable 4 ans — pour pouvoir candidater aux concours de recrutement publiés sur le portail Galaxie. On est d'abord recruté maître de conférences, souvent après un ou plusieurs postdocs ou un contrat d'ATER. Pour devenir professeur des universités, il faut ensuite l'HDR (habilitation à diriger des recherches, généralement 5 à 10 ans après la thèse), une nouvelle qualification CNU, puis réussir un concours. En droit, économie, gestion et science politique, une voie parallèle existe : le concours national d'agrégation de l'enseignement supérieur, qui permet d'accéder directement au corps des professeurs. En médecine, pharmacie et odontologie, le parcours passe par le statut hospitalo-universitaire (PU-PH), combiné à l'internat et au doctorat d'université.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Un professeur des universités mène deux vies en parallèle. Côté enseignement, il prépare et donne des cours magistraux devant des amphis de plusieurs centaines d'étudiants, conçoit les programmes, rédige et corrige les examens, siège dans les jurys de soutenance. Côté recherche, il travaille dans un laboratoire : il lit énormément, formule des hypothèses, mène des expériences ou des enquêtes de terrain, analyse des données, puis publie ses résultats sous forme d'articles scientifiques ou de livres. Il présente aussi ses travaux dans des colloques, en France comme à l'étranger.
Une part importante de son temps va à l'encadrement : il dirige des thèses de doctorat, accompagne des jeunes chercheurs, anime une équipe de recherche. Le professeur des universités a en plus une mission que n'a pas le maître de conférences : il pilote. Il monte des projets de recherche pour aller chercher des financements (ANR, appels européens), dirige un laboratoire ou une équipe, et prend souvent des responsabilités administratives — direction de département, de master, d'école doctorale, voire d'université.
Le métier s'exerce dans une université (UFR, IUT, INSPÉ), une école d'ingénieurs, une ENS ou une grande école. Le service statutaire d'un enseignant-chercheur est fixé à 192 heures de TD (ou 128 heures de cours magistraux) par an ; le reste du temps est théoriquement consacré à la recherche. En pratique, les journées sont très variables : un jour en cours et en réunions, le lendemain seul devant ses données ou ses lectures. Une bonne partie du travail — lecture, rédaction d'articles, correction de copies — se fait à la maison, ce qui explique une vraie souplesse d'organisation, même si la présence sur le campus reste indispensable pour les cours et la vie du labo.
La contrepartie de cette autonomie, c'est une charge de travail qui déborde largement les horaires classiques : soirées et week-ends de rédaction avant une échéance de publication, missions et colloques à l'international, tâches administratives qui grignotent le temps de recherche. Le métier est peu exigeant physiquement, mais mentalement dense, avec une pression forte sur la publication et l'obtention de financements.
Le parcours type est progressif : doctorat, souvent un ou plusieurs contrats postdoctoraux ou un poste d'ATER, puis recrutement comme maître de conférences. Après au moins cinq ans, on passe l'HDR (habilitation à diriger des recherches), qui ouvre l'accès au concours de professeur des universités. Ensuite, la carrière évolue par classes et échelons (2e classe, 1re classe, classe exceptionnelle).
D'autres voies s'ouvrent : diriger un laboratoire ou une école doctorale, prendre des fonctions de vice-président ou de président d'université, rejoindre un grand organisme de recherche (CNRS, INSERM, INRAE), travailler pour une agence de financement ou une instance d'évaluation. Certains basculent vers l'expertise (conseil, think tanks, institutions internationales), la R&D en entreprise, ou la vulgarisation scientifique (édition, médias). Le doctorat et l'expérience de la recherche restent des atouts reconnus bien au-delà de l'université.
Le nombre de postes ouverts reste très inférieur au nombre de docteurs candidats : environ 1 546 postes de maîtres de conférences ont été ouverts pour la campagne 2025, en baisse de 7,6 % par rapport aux 1 674 postes de 2024. Après une décrue continue entre 2012 et 2019, puis une remontée jusqu'en 2024, la tendance repart à la baisse. La concurrence est donc rude, avec plusieurs dizaines de candidats qualifiés par poste dans certaines disciplines, et une période d'incertitude fréquente entre la thèse et la titularisation (postdocs, ATER, vacations, souvent à l'étranger). Les situations varient beaucoup selon les disciplines : les sciences du numérique, les mathématiques appliquées, la santé ou certaines sciences de l'ingénieur recrutent plus facilement que les lettres et sciences humaines. Bonne nouvelle malgré tout : le doctorat ouvre aussi de nombreuses portes hors université (R&D privée, organismes de recherche, expertise publique, conseil), ce qui offre des alternatives solides.