Les salaires varient fortement selon l'employeur. En service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI), un débutant démarre autour de 4 000 à 6 000 € brut par mois selon la convention collective et la région, et un praticien confirmé se situe entre 7 000 et 9 000 € brut, parfois plus dans les zones en forte pénurie où les services surenchérissent pour recruter. Dans la fonction publique (médecin de prévention) ou à l'hôpital, la rémunération suit une grille et démarre plus bas, autour de 4 000 € brut. Les médecins du travail sont parmi les mieux payés des spécialités non interventionnelles, avec l'avantage d'horaires réguliers et sans garde. Les fourchettes citées ailleurs en « net » (3 500 à 4 500 € net en début de carrière) correspondent à peu près à ces montants bruts après cotisations.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours dure 10 à 11 ans après le bac. Il faut d'abord un bac général avec des spécialités scientifiques (physique-chimie, SVT ou maths), puis une première année PASS ou une L.AS pour entrer en médecine. Suivent le premier cycle (DFGSM, bac+3) et le deuxième cycle (DFASM, bac+5), avant les épreuves nationales de fin de deuxième cycle qui déterminent le choix de spécialité. Il faut alors choisir l'internat de « médecine et santé au travail » : 4 ans d'internat rémunéré, avec des stages en service de santé au travail, en consultation de pathologie professionnelle et en entreprise, validés par le DES (diplôme d'études spécialisées). Le diplôme d'État de docteur en médecine s'obtient avec la soutenance d'une thèse d'exercice. Bonne nouvelle pour qui vise cette voie : les places d'internat en médecine du travail sont rarement toutes pourvues, la spécialité est donc accessible avec un classement moins élevé que d'autres. Voies alternatives : un médecin déjà thésé d'une autre spécialité peut devenir « collaborateur médecin » et suivre la formation au DES en alternance tout en exerçant ; il existe aussi un concours européen ouvrant sur le certificat d'études spéciales (CES) de médecine du travail après au moins 3 ans d'exercice. L'inscription au tableau de l'Ordre des médecins est obligatoire pour exercer.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une journée type se partage entre le cabinet et le terrain. En consultation, le médecin du travail reçoit les salariés pour des visites médicales : visite d'information et de prévention à l'embauche, visite de reprise après un arrêt long, visite à la demande du salarié ou de l'employeur. Il écoute, examine, interroge sur le poste de travail et détecte les signaux d'alerte : douleurs au dos, troubles du sommeil, épuisement, exposition à des produits dangereux.
L'autre moitié du métier se passe hors du cabinet. Le médecin réalise des « études de poste » : il va dans l'atelier, sur le chantier ou dans l'open space observer comment on travaille réellement, mesure les nuisances (bruit, poussières, chaleur), et rédige des préconisations d'aménagement. Il tient la fiche d'entreprise qui recense les risques, participe aux réunions du CSE, alerte la direction, forme les équipes à la sécurité. Après un accident du travail ou une maladie professionnelle, il évalue les conséquences et organise le maintien dans l'emploi ou la reconversion du salarié.
La grande majorité des médecins du travail sont salariés d'un service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI), qui suit des centaines d'entreprises adhérentes. D'autres exercent dans un service autonome d'un grand groupe, dans la fonction publique (on parle alors de médecin de prévention), à l'hôpital en consultation de pathologie professionnelle, ou comme médecin inspecteur du travail. Les horaires sont plutôt réguliers, sans gardes ni nuits : c'est l'une des rares spécialités médicales compatibles avec une vie personnelle stable.
Le médecin du travail ne prescrit pas de traitement et ne fait pas de soins : son rôle est exclusivement préventif. Il travaille en équipe pluridisciplinaire avec des infirmiers de santé au travail, des ergonomes, des psychologues, des ingénieurs HSE et des assistants. Il est tenu au secret médical absolu — il ne dit jamais à l'employeur ce qu'un salarié lui a confié — et son indépendance professionnelle est protégée par la loi, ce qui est essentiel quand ses avis dérangent. Les déplacements en entreprise sont fréquents, le permis de conduire est donc quasi indispensable. Le télétravail reste partiel : certaines téléconsultations sont possibles depuis 2022, mais les examens et les visites de site exigent d'être sur place.
Avec l'expérience, on peut se spécialiser : toxicologie industrielle, risques psychosociaux, troubles musculo-squelettiques, santé au travail des soignants ou du BTP. On peut aussi prendre la direction médicale d'un SPSTI, encadrer une équipe pluridisciplinaire, ou basculer vers l'expertise et le contrôle en devenant médecin inspecteur du travail (MIRTMO) au sein des DREETS. L'enseignement et la recherche à l'université, le conseil auprès des entreprises, ou l'expertise judiciaire en maladies professionnelles sont d'autres débouchés. À l'inverse, des médecins d'autres spécialités rejoignent la médecine du travail en cours de carrière via le statut de collaborateur médecin, qui permet de se former tout en exerçant.
C'est l'une des spécialités médicales les plus en tension en France, dans le bon sens pour un candidat : les effectifs sont passés d'environ 5 700 médecins du travail en 2012 à moins de 4 900 en 2025, et plus de la moitié des praticiens en exercice ont plus de 55 ans. Les projections annoncent une chute vers 3 500 médecins d'ici 2030, alors que la population active à suivre augmente. Résultat : les places d'internat réservées à la spécialité ne trouvent pas toujours preneur, et les services de santé au travail comme les grandes entreprises peinent à recruter partout sur le territoire. Un jeune diplômé trouve un poste sans difficulté, choisit souvent sa région et négocie sa rémunération. Le revers de la médaille : des files actives de salariés à suivre très lourdes, d'où une organisation de plus en plus déléguée aux infirmiers de santé au travail et aux équipes pluridisciplinaires.