La rémunération suit la grille indiciaire du corps des médecins de l'Éducation nationale : environ 2 300 € brut par mois en début de carrière (2ᵉ classe, 1ᵉʳ échelon), autour de 3 900 € en fin de 2ᵉ classe, jusqu'à 4 800 € en 1ʳᵉ classe et près de 5 300 € brut au sommet de la hors classe. S'y ajoutent des indemnités (revalorisation indemnitaire d'environ 1 700 € par an obtenue en 2021), l'indemnité de résidence et le supplément familial. Concrètement, un médecin débutant perçoit de l'ordre de 1 800 à 2 000 € net, un médecin expérimenté environ 3 000 € net. C'est nettement moins qu'en libéral ou à l'hôpital — c'est le principal frein à l'attractivité du métier — mais sans garde, sans astreinte et avec les vacances scolaires.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il faut d'abord devenir médecin : PASS ou L.AS après le bac, puis 6 années d'études (DFGSM puis DFASM), les épreuves classantes nationales, et enfin l'internat — le plus souvent un DES de médecine générale (3 ans) ou de santé publique (4 ans). Au total 9 à 11 ans après le bac, sanctionnés par le diplôme d'État de docteur en médecine et l'inscription au tableau de l'Ordre des médecins.
On accède ensuite au métier par le concours de recrutement de médecin de l'Éducation nationale (dossier + épreuve orale devant un jury, portant sur la santé publique, la santé scolaire et les aptitudes relationnelles). Les lauréats suivent une formation d'adaptation à l'emploi de 8 à 16 semaines à l'EHESP (École des hautes études en santé publique, à Rennes) selon leur expérience.
Il est aussi possible d'exercer comme médecin contractuel de l'Éducation nationale, sans concours : les académies recrutent toute l'année pour combler les postes vacants, ce qui constitue souvent une porte d'entrée avant de passer le concours. Des DU/DIU (santé de l'enfant et de l'adolescent, troubles des apprentissages, protection de l'enfance, santé publique) complètent utilement le profil.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le médecin de l'Éducation nationale ne soigne pas comme un médecin de ville : il dépiste, prévient et oriente. Une grande partie de son temps se passe en consultation dans les écoles, collèges et lycées de son secteur. Il réalise des bilans de santé (notamment la visite obligatoire de la 6ᵉ année, en grande section ou CP), teste la vue, l'audition, le langage, la croissance, et repère les troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, TDAH) pour orienter vers un spécialiste.
Il reçoit aussi des élèves signalés par l'infirmière scolaire, les enseignants ou les familles : douleurs récurrentes, absentéisme, mal-être, troubles alimentaires, situations de harcèlement ou de danger. Il rédige et suit les PAI (projet d'accueil individualisé, pour un élève asthmatique, diabétique ou allergique par exemple), participe aux équipes de suivi de scolarisation des élèves en situation de handicap (PPS), et donne un avis médical sur les aménagements d'examens ou l'aptitude aux formations professionnelles.
Enfin, il porte une casquette de santé publique : campagnes de vaccination, actions collectives sur la santé mentale, la vie affective et sexuelle, les écrans ou les addictions, formation des équipes éducatives aux gestes d'urgence, gestion des cas de maladies contagieuses dans un établissement.
Il est fonctionnaire de l'État, rattaché à la DSDEN (direction des services départementaux de l'Éducation nationale) de son département, avec un bureau administratif et un secteur d'établissements à couvrir. Il se déplace donc beaucoup : le permis B et une voiture sont quasi indispensables. Les horaires suivent le rythme scolaire, en journée, sans garde ni astreinte, et il bénéficie des vacances scolaires — un équilibre vie pro / vie perso rare en médecine.
La contrepartie : les secteurs sont souvent très étendus faute d'effectifs, avec parfois plusieurs milliers d'élèves par médecin, ce qui oblige à prioriser. Le métier suppose aussi beaucoup de travail en réseau (infirmiers et psychologues de l'Éducation nationale, assistants de service social, chefs d'établissement, MDPH, ASE, pédiatres, CMP) et une grande autonomie d'organisation.
Avec l'expérience, on peut devenir médecin conseiller technique auprès du DASEN (échelon départemental) puis du recteur (échelon académique), et piloter la politique de santé scolaire d'un territoire. D'autres évoluent vers la coordination d'un service de promotion de la santé, la formation (EHESP, universités), ou la santé publique territoriale (ARS, PMI, collectivités). Un passage vers la médecine de PMI, la médecine du travail ou la médecine de prévention est également possible, ces spécialités partageant une même logique de prévention et d'expertise plutôt que de soin curatif.
Le marché est extrêmement demandeur : les effectifs ont chuté d'environ 28 % en une décennie (1 143 médecins en 2013 contre 818 en 2022) et près de 45 % des postes sont vacants au niveau national — jusqu'à 79 % dans l'académie de Créteil. Le ratio moyen atteint 1 médecin pour environ 13 300 élèves, avec de très fortes disparités selon les départements. Le concours n'ouvre que quelques dizaines de postes par an (28 en 2025, 37 en 2026), et les académies recrutent en permanence des médecins contractuels. Autrement dit : un médecin qui veut exercer en santé scolaire trouve un poste sans difficulté, quasiment partout en France. Le revers de la médaille, ce sont des secteurs surchargés et une reconnaissance salariale que les syndicats jugent insuffisante.