Fourchettes indiquées pour un équivalent temps plein. L'APEC relève que 80 % des offres affichent entre 35 000 € et 98 000 € brut par an (moyenne autour de 72 000 €). Attention : la majorité des postes sont à temps partiel (0,2 à 0,8 ETP), la rémunération réelle est donc proportionnelle — environ 25 000 à 30 000 € brut/an pour 0,3 ETP, 45 000 € pour un mi-temps. Beaucoup de médecins coordonnateurs cumulent plusieurs établissements ou une activité libérale pour atteindre un plein temps. Les groupes privés et les zones en tension proposent des rémunérations supérieures.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il faut d'abord être médecin : après le bac, 6 ans d'études de médecine (PASS ou L.AS puis externat) menant au Diplôme d'État de docteur en médecine, complété par un internat de 3 ans (médecine générale) à 4 ans (DES de gériatrie), soit 9 à 11 ans au total. L'inscription à l'Ordre des médecins est obligatoire.
S'ajoute ensuite une qualification spécifique à la fonction. Le décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025 a actualisé la liste des diplômes reconnus : DES de gériatrie, capacité de gérontologie, ancien DESC de gériatrie, DU de médecin coordonnateur d'EHPAD (la voie la plus fréquente), ou le nouveau DIU national de Médecine de la personne âgée (MPA). Un médecin recruté sans l'un de ces titres dispose de 3 ans pour l'obtenir. Le développement professionnel continu (DPC) triennal est ensuite obligatoire.
Les DU/DIU de médecin coordonnateur se préparent en formation continue, sur 1 à 2 ans, dans de nombreuses facultés de médecine (Paris Cité, Montpellier-Nîmes, UVSQ, Lyon, Bordeaux…), ce qui les rend compatibles avec une activité professionnelle.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le médecin coordonnateur exerce dans un établissement qui accueille des personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou qui les soigne chez elles (hospitalisation à domicile). Sa mission principale n'est pas de prescrire à la place du médecin traitant, mais de garantir que les soins soient cohérents et de qualité pour l'ensemble des résidents.
Concrètement, il rédige et fait vivre le « projet de soins » de l'établissement, évalue l'état de santé et le niveau de dépendance de chaque résident à l'aide d'outils gériatriques normés (grilles AGGIR et PATHOS), donne son avis médical avant chaque admission, et met en place des actions de prévention : lutte contre les chutes, la dénutrition, la douleur, les infections. Il anime les réunions avec les équipes soignantes, forme le personnel, conseille la direction sur toutes les questions médicales et préside chaque année la commission de coordination gériatrique qui réunit les médecins libéraux intervenant dans l'établissement. Il organise aussi la continuité des soins, y compris la nuit et le week-end, et intervient en situation de crise sanitaire (épidémie de grippe, canicule…).
La moitié des postes sont à temps partiel : la réglementation fixe un temps de présence proportionnel au nombre de lits (environ 0,25 équivalent temps plein pour 40 places, jusqu'à 0,80 pour 200 places). Beaucoup de médecins coordonnateurs cumulent donc plusieurs établissements, ou complètent avec une activité de médecin généraliste ou de gériatre hospitalier. Cela suppose des déplacements réguliers et des horaires modulables plutôt qu'une journée de bureau classique.
Le travail se partage entre le bureau (dossiers, réunions, planification, réglementation) et le terrain (visites dans les unités, échanges avec les familles et les soignants). L'effort physique est faible, mais la charge émotionnelle est réelle : on accompagne des personnes très âgées, parfois en fin de vie, et on doit trancher des situations éthiques délicates. Depuis le décret du 4 septembre 2025, une partie de la coordination peut se faire à distance (télécoordination), ce qui rend une organisation hybride possible dans certains établissements.
Avec l'expérience, on peut coordonner plusieurs établissements d'un même groupe, devenir directeur médical ou médecin référent d'un réseau régional, prendre la direction d'un dispositif territorial de gériatrie, ou s'orienter vers la qualité et la gestion des risques en santé. Certains rejoignent l'enseignement et la recherche en gériatrie, deviennent médecin conseil, médecin inspecteur en agence régionale de santé (ARS), ou basculent vers la direction d'établissement médico-social après une formation complémentaire en management.
Le marché est très porteur : environ un tiers des postes de médecin coordonnateur sont vacants ou occupés par des remplaçants, et près de 2 000 postes restent à pourvoir en France. Selon la DREES, près d'un EHPAD sur deux rencontre des difficultés de recrutement médical, et un rapport sénatorial de 2024 relève des vacances de poste supérieures à six mois dans un tiers des établissements contrôlés. Le vieillissement de la population garantit une demande durable. Revers de la médaille : les postes sont souvent à temps partiel, la charge administrative est lourde et certains territoires ruraux peinent à attirer, ce qui a conduit le décret de septembre 2025 à autoriser la télécoordination pour combler le manque.