À l'hôpital public, un gériatre débute comme praticien hospitalier autour de 4 100 à 4 300 € brut par mois (échelon 1), et progresse par échelons tous les 2 à 4 ans jusqu'à environ 8 000 € brut en fin de carrière. Les gardes et astreintes s'ajoutent et pèsent lourd en début de carrière. En clinique privée ou en SMR privé, les CDI se situent plutôt entre 90 000 et 125 000 € brut par an (médiane ~105 000 €). Le médecin coordonnateur d'EHPAD gagne environ 85 000 € brut/an à mi-temps ; beaucoup cumulent plusieurs établissements. En remplacement, la médiane tourne autour de 500 à 600 € net par jour. L'exercice libéral pur, rare, peut dépasser 10 000 € brut mensuels. Pendant l'internat, un interne est rémunéré (environ 1 600 à 2 400 € net selon l'année, gardes comprises).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Environ 10 ans d'études après le bac. Le parcours : une 1re année PASS (parcours accès santé spécifique) ou L.AS (licence avec option accès santé), puis le 2e cycle de médecine jusqu'aux EDN (épreuves dématérialisées nationales, ex-ECN) en 6e année. Le classement obtenu permet de choisir la spécialité et la ville : la gériatrie fait partie des spécialités accessibles à des rangs relativement larges, et elle a fait le plein de ses postes en 2025 (environ 177 affectations).
Suit l'internat avec le DES de gériatrie (4 ans / 8 semestres depuis la réforme de 2017), organisé en trois phases : socle (1 an), approfondissement (2 ans) et consolidation (1 an, en docteur junior). L'interne valide en parallèle sa thèse et obtient le diplôme d'État de docteur en médecine.
Options de spécialisation : une FST (formation spécialisée transversale) parmi douleur, nutrition appliquée, pharmacologie médicale, soins palliatifs ou sommeil, qui allonge le cursus d'un an. Les DU/DIU de gérontologie, de médecin coordonnateur d'EHPAD ou de télégériatrie complètent souvent le parcours. Bac général conseillé : spécialités SVT + physique-chimie (ou mathématiques).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un gériatre commence souvent par la visite dans le service : il fait le tour des patients hospitalisés avec l'équipe (infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue, assistante sociale). Chacun apporte sa pièce du puzzle. Son outil signature, c'est l'évaluation gériatrique standardisée : un bilan à 360° qui examine la mobilité, la mémoire, l'humeur, la nutrition, les traitements, mais aussi le logement et l'entourage familial.
Le reste du temps se partage entre les consultations (consultation mémoire, bilan de chute, avis avant une opération), la révision des ordonnances — un patient âgé prend parfois dix médicaments qui interagissent entre eux — et les échanges avec les familles. Expliquer, rassurer, aider à décider d'un retour à domicile ou d'une entrée en EHPAD fait pleinement partie du métier. Beaucoup de gériatres participent aussi à des staffs pluridisciplinaires, à des projets de recherche clinique ou à la formation des internes.
L'immense majorité des gériatres exerce à l'hôpital public : court séjour gériatrique, unité post-urgences, SMR (soins médicaux et de réadaptation), USLD, consultation mémoire. D'autres travaillent en clinique privée, en EHPAD comme médecin coordonnateur, ou combinent plusieurs de ces activités. L'exercice 100 % libéral reste rare, car la gériatrie s'organise autour des structures de soins.
Les horaires sont variables : gardes, astreintes et week-ends font partie du contrat à l'hôpital. Le métier est physiquement modéré mais demande d'être debout et en mouvement une bonne partie de la journée, et surtout il est exigeant émotionnellement : on accompagne des patients jusqu'à la fin de vie, on annonce des diagnostics difficiles, on gère l'inquiétude des proches. En contrepartie, on suit des patients dans la durée et on voit concrètement l'effet de ce qu'on met en place. La télémédecine (télé-expertise avec les EHPAD) se développe, mais l'examen clinique reste irremplaçable : le métier est présentiel.
Avec l'expérience, un gériatre peut devenir chef de service ou chef de pôle, prendre la direction d'une filière gériatrique de territoire, ou devenir médecin coordonnateur puis directeur médical d'un groupe d'EHPAD. La voie universitaire (chef de clinique, maître de conférences, professeur des universités – praticien hospitalier) combine soins, enseignement et recherche : la gériatrie est un domaine de recherche très actif (Alzheimer, fragilité, prévention du vieillissement).
Des surspécialisations sont possibles via les FST et les DU : soins palliatifs, douleur, nutrition, onco-gériatrie, cardio-gériatrie, neuropsychologie du vieillissement. Certains bifurquent vers la santé publique, la coordination de parcours, l'expertise médicale ou l'industrie pharmaceutique.
La gériatrie est l'une des spécialités médicales les plus en tension en France. On comptait environ 2 495 gériatres en activité fin 2023, pour une population de plus de 75 ans qui ne cesse de croître : en 2050, plus de 28 % des Français auront 65 ans ou plus. Résultat : une part importante des postes hospitaliers reste vacante (près d'un tiers selon les estimations de 2021), et certains établissements cherchent des mois avant de recruter. Hôpitaux publics, cliniques, SMR, USLD et EHPAD recrutent en permanence, dans toutes les régions. Concrètement, un jeune gériatre choisit son poste et sa ville plutôt que l'inverse — une situation rare parmi les métiers accessibles aux jeunes diplômés. Le nombre de postes d'internat ouverts en gériatrie augmente d'ailleurs, la spécialité ayant été identifiée comme prioritaire.