Plongeur / Plongeuse scientifique et technique

Plongeuse scientifique et technique
À partir du Bac +2 Emploi : Difficile
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Plongeur / Plongeuse scientifique et technique
Y Heng / Unsplash
Salaire net ~1 482 – 3 120 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le plongeur scientifique et technique descend sous l'eau non pas pour le plaisir, mais pour travailler : compter des poissons, prélever des algues, filmer un récif, relever une épave ou installer des capteurs. Sa combinaison et ses bouteilles sont des outils de laboratoire, au service de chercheurs qui étudient et protègent les milieux aquatiques. Un métier rare, très encadré, qui mêle science, technique et sang-froid.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 482 €
net / mois
≈ 1,0 SMIC
1 900 € brut
Expérimenté
3 120 €
net / mois
≈ 2,2 SMIC
4 000 € brut

Dans la recherche publique (CNRS, Ifremer, INRAE, IRD, universités, MNHN), la rémunération suit les grilles de la fonction publique : environ 1 900 à 2 100 € brut par mois pour un technicien débutant, autour de 2 300 à 2 600 € brut pour un ingénieur d'études, et 3 000 à 4 000 € brut avec de l'expérience et des responsabilités. La plongée elle-même donne rarement lieu à une prime importante : on est payé pour son métier scientifique, pas pour la combinaison. Les campagnes en mer et les missions outre-mer s'accompagnent d'indemnités qui font monter la fiche de paie. Dans le privé (bureaux d'études en environnement marin, énergies marines renouvelables, aquaculture, image sous-marine), les débutants tournent autour de 2 200 à 2 500 € brut et les profils très expérimentés peuvent dépasser 4 000 à 5 000 € brut. À ne pas confondre avec la plongée offshore pétrolière (mention A, scaphandrier), bien mieux payée mais qui est un tout autre métier.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du Bac +2
Diplôme de référence : DU Plongée scientifique en environnement marin (PSEM) — Université de Perpignan Via Domitia

Il n'existe pas un « diplôme de plongeur scientifique » unique : le parcours combine une formation scientifique ou technique et une certification hyperbare professionnelle.

1. Le socle scientifique. La plupart des plongeurs scientifiques sont recrutés d'abord pour leurs compétences en biologie marine, écologie, géosciences ou archéologie. Voie courte : BTSA gestion et protection de la nature, BTS métiers de l'eau, BUT génie biologique. Voie longue et la plus fréquente : licence sciences de la vie / sciences de la Terre, puis master biologie marine, océanographie, écologie marine ou archéologie (universités d'Aix-Marseille, Brest/IUEM, Perpignan, Sorbonne, La Rochelle, Montpellier), parfois complété par un doctorat.

2. La certification hyperbare. Le certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention B, classe 1B (30 m) ou 2B (50 m), est obligatoire pour plonger dans un cadre professionnel. Il se prépare à l'INPP (Marseille), à l'École nationale des scaphandriers (Fréjus) ou dans des centres agréés (CAP Trébeurden, Escapade Plongée…). Prérequis courant : niveau 2 ou 3 FFESSM et une bonne expérience de plongée loisir.

3. Les formations spécialisées. Le DU Plongée scientifique en environnement marin (PSEM) de l'université de Perpignan Via Domitia intègre directement la certification CAH classe IB et forme aux protocoles scientifiques sous-marins. L'université de Bourgogne (laboratoire Biogéosciences) et plusieurs stations marines (Roscoff, Banyuls, Villefranche) proposent aussi des stages de plongée scientifique. Le CNRS-INSU et le CNPS (Comité national de la plongée scientifique) organisent des sessions annuelles pour les personnels et doctorants de la recherche publique.

Bon plan pour un jeune : commencer la plongée loisir tôt en club FFESSM, cumuler les plongées et un brevet de secourisme, puis viser le CAH mention B en parallèle d'un cursus scientifique.

Diplômes les plus adaptés

Autre
DU Plongée scientifique en environnement marin (PSEM) — Université de Perpignan Via Domitia
Bac+5
Master Sciences de la mer / Biologie et écologie marines / Océanographie
Bac+3
Licence Sciences de la vie (parcours biologie des organismes / écologie)

Diplômes envisageables

Bac+2
BTSA Gestion et protection de la nature
Bac+2
BTS Métiers de l'eau
Autre
Titre professionnel Scaphandrier travaux publics (École nationale des scaphandriers / INPP)
Bac+5
Master Archéologie, sciences pour l'archéologie (parcours archéologie subaquatique et maritime)

Certifications et permis

Requis
CAH mention B classe 1B (Certificat d'aptitude à l'hyperbarie) Certification obligatoire pour toute intervention scientifique ou technique sous l'eau jusqu'à 30 mètres de profondeur.
Atout
CAH mention B classe 2B Étend les prérogatives jusqu'à 50 mètres : un vrai plus pour les missions en milieu profond.
Requis
Certificat médical d'aptitude à l'hyperbarie Visite médicale annuelle auprès d'un médecin du travail spécialisé, sans laquelle on ne peut pas plonger professionnellement.
Requis
Niveau 2 ou 3 FFESSM (ou équivalent PADI / SSI) Prérequis d'expérience exigé à l'entrée des formations CAH mention B.
Atout
Chef d'opération hyperbare (COH) mention B Permet d'encadrer et de diriger les opérations de plongée d'une équipe scientifique.
Atout
PSC1 / secourisme et oxygénothérapie Très recherché : savoir gérer un accident de décompression ou une noyade sur le bateau.
Atout
Permis bateau côtier Utile pour piloter le semi-rigide qui emmène l'équipe sur les sites de plongée.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Plongée en scaphandre autonome et gestion de la décompression
Indispensable Réglementation hyperbare et procédures de sécurité (mention B)
Indispensable Protocoles d'échantillonnage et de comptage sous-marins (transects, quadrats)
Important Reconnaissance des espèces et des habitats marins
Important Photographie et vidéo sous-marines, photogrammétrie
Important Maintenance du matériel de plongée et des instruments de mesure
Un plus Traitement de données et rédaction de rapports (tableurs, SIG, R)

Les qualités qui comptent

Indispensable Rigueur et respect strict des procédures
Important Endurance physique et résistance au froid
Indispensable Sang-froid et gestion du stress en immersion
Important Esprit d'équipe et confiance mutuelle (binôme de plongée)
Important Curiosité scientifique et sens de l'observation
Un plus Capacité d'adaptation (météo, mobilité, missions longues)

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Le plongeur scientifique et technique est d'abord un collecteur de données. Sous l'eau, il applique des protocoles précis définis par une équipe de recherche : compter et identifier des espèces le long d'un transect, prélever des sédiments, des algues ou de l'eau, photographier et filmer un habitat, poser ou relever des capteurs (température, courant, turbidité), suivre l'évolution d'un herbier de posidonies ou d'un récif corallien. Sur les chantiers d'archéologie subaquatique, il relève, dessine et dégage des vestiges immergés.

Mais une plongée de 40 minutes se prépare pendant des heures. En surface, le plongeur planifie ses paliers, vérifie ses bouteilles, ses détendeurs et ses ordinateurs de plongée, gonfle les blocs, contrôle le matériel de sécurité, remplit la fiche de sécurité obligatoire du chantier hyperbare. Après la plongée : rinçage et maintenance du matériel, tri et conditionnement des échantillons, saisie et vérification des données, participation à la rédaction des rapports et parfois cosignature de publications scientifiques.

Les conditions de travail

En France, la plongée de travail est strictement encadrée par le Code du travail. Impossible d'improviser : il faut un certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention B, la mention réservée aux interventions scientifiques, techniques, archéologiques, médiatiques ou aquacoles. La classe 1B autorise à travailler jusqu'à 30 mètres, la classe 2B jusqu'à 50 mètres. À cela s'ajoute une visite médicale d'aptitude annuelle, obligatoire et exigeante.

Le terrain, c'est la mer (Méditerranée, Atlantique, outre-mer), mais aussi les lacs, les rivières, les stations marines et parfois les milieux polaires ou tropicaux. Les journées se calent sur la météo et sur la marée : on plonge quand la mer le permet, pas quand l'agenda le voudrait. Cela signifie des horaires variables, des levers très tôt, des campagnes en mer de plusieurs jours ou semaines, du travail dans l'eau froide, la houle et parfois une visibilité proche de zéro. Le froid, le poids du matériel (25 à 30 kg d'équipement) et les manutentions à bord rendent le métier physiquement exigeant. Entre deux missions, une grosse partie du temps se passe au laboratoire ou au bureau, devant les échantillons et les données.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement mer, extérieur, laboratoire, bureau
Comment ça évolue ?

La plongée est presque toujours un outil au service d'un autre métier : la majorité des plongeurs scientifiques sont d'abord biologistes marins, écologues, géologues, archéologues, techniciens ou ingénieurs de recherche. L'évolution passe donc surtout par la carrière scientifique : technicien de recherche, puis assistant ingénieur, ingénieur d'études, ingénieur de recherche, ou doctorat et poste de chercheur.

Côté plongée, on peut monter en prérogatives : passer de la classe 1B à la classe 2B, devenir chef d'opération hyperbare (COH) ou conseiller à la prévention hyperbare, responsable de la sécurité plongée d'un laboratoire ou d'une station marine. D'autres bifurquent vers les bureaux d'études en environnement marin, la gestion d'aires marines protégées, l'image sous-marine (photo, vidéo documentaire), l'aquaculture, ou vers la plongée travaux publics (mention A, scaphandrier) qui offre bien plus de postes. Comme dans tous les métiers de plongée, une reconversion vers un poste de surface s'anticipe : peu de professionnels plongent intensivement après 45-50 ans.

Perspectives d'emploi

Difficile

C'est un métier de passion… et de patience. Les organismes de recherche sont pratiquement les seuls à recruter des plongeurs à temps plein, et les postes sont très rares : quelques ouvertures par an au niveau national, souvent par concours de la fonction publique (CNRS, Ifremer, INRAE, IRD, MNHN, DRASSM) ou en CDD sur projet de recherche. Dans l'immense majorité des cas, la plongée n'est pas le poste, c'est une compétence ajoutée à un métier de chercheur, d'ingénieur ou de technicien. Les débuts passent presque toujours par des stages, des CDD de campagne et une forte mobilité géographique. Les signaux positifs existent néanmoins : suivi des aires marines protégées, surveillance des herbiers et des récifs, réglementation environnementale (DCE, DCSMM), développement des énergies marines renouvelables et de l'éolien offshore, archéologie préventive subaquatique. Ces besoins font croître la demande côté bureaux d'études et gestionnaires de milieux, où un CAH mention B constitue un vrai avantage sur un CV. Conseil : cumuler le CAH avec une deuxième corde (identification d'espèces, SIG, image sous-marine, drone/ROV) pour multiplier ses chances.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Plongeur / Plongeuse en milieu sous-marinPlongeur / Plongeuse subaquatique autonomePlongeur / Plongeuse subaquatique de bordTechnicien / Technicienne en intervention sous-marinePlongeur scientifiquePlongeur professionnel mention BTechnicien de plongée scientifiquePlongeur biologistePlongeur archéologue (archéologie subaquatique)

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéFonctionnaireContractuel de la fonction publiqueIndépendant / Auto-entrepreneur