En début de carrière, un botaniste gagne environ 2 000 à 2 500 € brut par mois (chargé d'études en conservatoire botanique ou en bureau d'études, ingénieur d'études dans un organisme public). Dans la recherche publique, un chargé de recherche débute autour de 2 350 € brut et la grille de classe normale plafonne vers 4 100 € brut ; un directeur de recherche ou un professeur des universités dépasse ensuite ces montants. Le secteur privé (semenciers, cosmétique, pharmacie, grands bureaux d'études) rémunère généralement mieux, jusqu'à 4 500 € brut et plus pour un expert confirmé ou un chef de projet. Les missions de terrain donnent souvent lieu à des indemnités de déplacement.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier se construit à l'université : licence Sciences de la vie ou Sciences de la vie et de la Terre (bac+3), puis master en biologie végétale, en biodiversité-écologie-évolution ou en gestion des milieux naturels (bac+5). Le master est le vrai niveau d'entrée : il ouvre les postes de chargé d'études botaniste en conservatoire botanique national, en bureau d'études ou en parc naturel. Pour la recherche (CNRS, INRAE, IRD, MNHN, université), le doctorat (bac+8) est indispensable, souvent suivi d'un ou deux post-doctorats. Les écoles d'ingénieurs agronomes (AgroParisTech, Institut Agro, écoles du réseau agro) constituent une autre voie solide, notamment vers l'expérimentation végétale et la sélection variétale, à compléter par un master recherche si l'on vise le laboratoire. Un BTSA Gestion et protection de la nature peut servir de première marche vers des postes de technicien, avec poursuite en licence professionnelle puis master. Enfin, la compétence de détermination des plantes s'acquiert beaucoup sur le terrain : stages en conservatoire, chantiers naturalistes, sorties de sociétés botaniques et formations du réseau Tela Botanica sont très valorisés dans les recrutements.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le quotidien du botaniste se partage entre le terrain et le laboratoire. Sur le terrain, il réalise des inventaires floristiques : il parcourt prairies, forêts, zones humides ou montagnes, identifie les espèces présentes, note leur abondance, prélève des échantillons et les géolocalise. De retour au bureau, il saisit ses relevés, les cartographie avec un logiciel SIG (QGIS), analyse les données et rédige des rapports d'expertise.
Au laboratoire, il détermine les échantillons douteux à la loupe binoculaire ou au microscope, monte des planches d'herbier, réalise des analyses génétiques ou phytochimiques. Selon son poste, il peut aussi conduire des essais de culture, tester la résistance de variétés à la sécheresse ou aux maladies, et travailler à la sélection végétale ou à l'amélioration génétique.
Une partie importante du travail consiste à partager les connaissances : publication d'articles scientifiques, participation à des colloques, formation de techniciens, animation de réseaux d'observateurs bénévoles, voire sensibilisation du grand public dans un jardin botanique ou un muséum.
Le rythme est très saisonnier : le printemps et l'été sont consacrés aux campagnes de terrain, avec des journées longues, des déplacements fréquents (le permis B est quasiment toujours exigé) et parfois des missions à l'étranger, sous les tropiques par exemple. L'automne et l'hiver servent au dépouillement des données, à la rédaction et au travail en laboratoire. La condition physique compte : marche en terrain difficile, port de matériel, météo capricieuse.
Le botaniste travaille rarement seul : il est intégré à une équipe pluridisciplinaire (écologues, géomaticiens, généticiens, gestionnaires d'espaces naturels). Les employeurs sont surtout publics — CNRS, INRAE, IRD, universités, Muséum national d'Histoire naturelle, conservatoires botaniques nationaux, parcs et réserves — mais aussi privés : bureaux d'études en environnement, semenciers, laboratoires pharmaceutiques ou cosmétiques. Le télétravail est possible pour la partie analyse et rédaction, jamais pour le terrain ni la paillasse.
On se spécialise vite : bryologue (mousses), lichénologue (lichens), phycologue (algues), mycologue (champignons), phytosociologue (études des communautés végétales), ou expert d'une flore régionale ou tropicale. Avec l'expérience, un chargé d'études peut devenir responsable de pôle scientifique, chef de projet, puis directeur d'un conservatoire botanique ou d'un bureau d'études. Dans la recherche publique, la progression suit les grades : chargé de recherche, puis directeur de recherche ou professeur des universités.
D'autres passerelles existent : conservateur d'herbier ou de jardin botanique, expert indépendant en expertise flore, enseignant en lycée agricole ou en université, chargé de mission biodiversité en collectivité, ou responsable de sélection variétale chez un semencier.
Le marché est à deux vitesses. Les postes de chercheur ou d'enseignant-chercheur sont très peu nombreux et extrêmement concurrentiels : quelques ouvertures par an au CNRS, à l'INRAE, à l'IRD ou au Muséum, pour un grand nombre de docteurs candidats, avec souvent plusieurs années de contrats courts (post-doctorats, CDD) avant la titularisation. À l'inverse, la demande de botanistes de terrain capables de déterminer la flore progresse : les conservatoires botaniques nationaux, les bureaux d'études en environnement, les parcs et réserves naturelles recrutent régulièrement des chargés d'études, portés par les obligations réglementaires d'inventaire, les études d'impact et les politiques de préservation de la biodiversité. La compétence de détermination sur le terrain, rare et longue à acquérir, est le vrai facteur de différenciation. Beaucoup de premiers postes sont en CDD ; la mobilité géographique aide fortement à s'insérer.