Pendant l'internat, un interne en pédiatrie perçoit environ 1 800 à 2 800 € brut par mois selon l'année, gardes comprises. Une fois diplômé : à l'hôpital public, un praticien hospitalier débute autour de 4 500 € brut mensuels, auxquels s'ajoutent primes, gardes et astreintes ; en fin de carrière, la rémunération peut dépasser 9 000 € brut. En libéral, le revenu moyen d'un pédiatre s'établit autour de 88 400 € par an (environ 7 400 € brut mensuels avant charges, soit souvent 4 000 à 5 000 € nets), avec un écart marqué entre secteur 1 (~67 600 €) et secteur 2 (~83 600 €). À noter : la pédiatrie fait partie des spécialités libérales les **moins** bien rémunérées, loin de la moyenne des spécialistes (~153 300 €), parce que les consultations sont longues et les actes techniques peu nombreux. La convention médicale 2024-2029 a introduit des revalorisations tarifaires pour la pédiatrie.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter 10 à 11 ans d'études après le bac. On entre en études de santé par un PASS (parcours spécifique accès santé) ou une L.AS (licence avec option accès santé), puis on poursuit le cursus de médecine jusqu'en 6e année (diplôme de formation approfondie en sciences médicales). Les EDN (épreuves dématérialisées nationales, ex-ECN) et les épreuves de docimologie déterminent le rang de classement et donc l'accès à la spécialité : la pédiatrie reste une spécialité demandée, il faut un bon classement. Suit un internat de 4 ans (DES de pédiatrie : phase socle, phase d'approfondissement, phase de consolidation) avec des stages en pédiatrie générale, néonatalogie, urgences pédiatriques et surspécialités. La soutenance d'une thèse d'exercice délivre le diplôme d'État de docteur en médecine, mention pédiatrie. L'inscription au tableau de l'Ordre des médecins est ensuite obligatoire pour exercer. Une surspécialisation (DIU de néonatalogie, réanimation pédiatrique, allergologie de l'enfant, etc.) peut s'ajouter après l'internat. Un bac général avec les spécialités SVT et physique-chimie (ou mathématiques) est le profil le plus adapté.
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Le pédiatre reçoit des patients qui ont de quelques heures à 18 ans. Une grande partie de son travail, c'est le suivi : mesurer le poids et la taille, reporter les courbes de croissance dans le carnet de santé, vérifier que l'enfant marche, parle et entend correctement, faire les vaccins obligatoires et recommandés. L'autre partie, c'est le soin : diagnostiquer et traiter les otites, angines, bronchiolites, varicelles, asthmes, allergies, troubles digestifs ou du sommeil. Il prescrit des médicaments dont il doit adapter très précisément la dose au poids de l'enfant, demande des examens complémentaires (prise de sang, radio, échographie) et les interprète.
Une consultation de pédiatrie est rarement en tête-à-tête : les parents sont là, souvent inquiets. Le pédiatre les conseille sur l'alimentation, le sommeil, les écrans, la sécurité domestique, et il doit aussi savoir repérer ce qui ne se dit pas — un retard de développement, un trouble psychologique, un harcèlement scolaire, une situation de maltraitance. Il travaille en réseau avec les sages-femmes, puéricultrices, infirmiers, orthophonistes, psychologues, médecins scolaires et services sociaux.
Environ la moitié des pédiatres exercent à l'hôpital (pédiatrie générale, urgences pédiatriques, néonatalogie, réanimation, oncopédiatrie), un quart en libéral en cabinet de ville, et le reste en exercice mixte. À l'hôpital, les semaines sont chargées et les gardes de nuit, de week-end et de jours fériés obligatoires. En libéral, le pédiatre organise ses horaires, mais les journées s'allongent vite : les consultations d'enfants durent plus longtemps que celles d'adultes, et les épidémies hivernales font exploser la demande. Toutes situations confondues, une cinquantaine d'heures par semaine est courante, gardes et astreintes en plus.
Le métier est peu compatible avec le télétravail : l'examen clinique — palper un ventre, ausculter, regarder une gorge ou un tympan — se fait en présentiel. La téléconsultation ne sert qu'en appoint (renouvellement, avis simple, tri). Physiquement, ce n'est pas un métier de bureau : on porte des nourrissons, on se met à hauteur d'enfant, on reste debout, et on gère beaucoup de bruit, de pleurs et de stress parental.
Après le diplôme, on peut se surspécialiser via des DIU ou des formations complémentaires : néonatalogie, réanimation pédiatrique, cardiologie pédiatrique, neuropédiatrie, oncohématologie, endocrinologie et diabétologie de l'enfant, allergologie, pneumologie, médecine de l'adolescent. À l'hôpital, la carrière suit les échelons de praticien hospitalier, avec la possibilité de devenir chef de service, ou de partir vers l'universitaire (MCU-PH puis PU-PH) en associant soins, enseignement et recherche.
D'autres voies existent : médecin de PMI ou médecin scolaire (fonction publique territoriale ou Éducation nationale, horaires plus réguliers), médecine humanitaire, santé publique, expertise médico-légale de l'enfant, ou recherche clinique et industrie pharmaceutique. Beaucoup de pédiatres combinent plusieurs de ces activités au cours de leur carrière.
La France manque de pédiatres : de nombreux territoires n'ont plus de pédiatre libéral, les délais de rendez-vous s'allongent et les services hospitaliers peinent à couvrir leurs gardes. Le nombre de pédiatres libéraux reste faible (environ 2 700), et une part importante de la profession approche de la retraite. Les pouvoirs publics ont réagi en augmentant fortement le nombre de postes d'internat : 468 postes ouverts en pédiatrie pour la promotion 2026, soit +20,3 %, la pédiatrie étant classée parmi les spécialités « confrontées aux tensions démographiques ». Concrètement, un jeune pédiatre diplômé trouve un poste sans difficulté, à l'hôpital comme en ville, et peut choisir sa région. La contrepartie : charge de travail élevée et rémunération inférieure aux autres spécialités.