En début de carrière, un médecin de PMI se situe autour de 3 000 à 3 500 € brut par mois (le traitement indiciaire de médecin territorial 2e classe démarre bas, autour de 2 300 € brut, mais il est complété par le régime indemnitaire RIFSEEP et les primes départementales). Avec l'expérience, on atteint 4 200 à 4 800 € brut, et 5 500 à 6 000 € brut et plus en hors classe ou comme médecin chef de service de PMI. France Travail indique que la moitié des professionnels à temps plein gagnent plus de 3 588 € net par mois. Une revalorisation de 250 € net mensuels pour les médecins de PMI a été votée en LFSS 2024, et certains Départements en tension négocient des contrats nettement au-dessus de la grille. À noter : la rémunération reste inférieure à celle d'un pédiatre libéral, la contrepartie étant les horaires et l'absence de gestion de cabinet.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours est celui de toutes les études de médecine : après le bac (voie générale avec spécialités scientifiques), on entre par un PASS ou une L.AS, puis on poursuit le 2e cycle jusqu'aux ECN (examens classants nationaux). Vient ensuite l'internat, avec un DES : le plus adapté est le DES de pédiatrie (4 à 5 ans), mais le DES de santé publique et le DES de gynécologie-obstétrique donnent aussi accès aux postes de PMI. Au total, il faut compter 10 à 11 ans après le bac et soutenir une thèse pour obtenir le diplôme d'État de docteur en médecine, obligatoire pour s'inscrire à l'Ordre des médecins.
Depuis la réforme du 3e cycle, un stage de 6 mois en médecine de santé publique existe dans plusieurs spécialités et fait découvrir la PMI aux internes. Des médecins généralistes exercent également en PMI, souvent après un DU/DIU de santé de l'enfant, de pédiatrie ambulatoire ou de médecine de PMI, et une qualification peut être demandée par l'Ordre. Le recrutement se fait ensuite par concours de médecin territorial (statut de fonctionnaire) ou, très souvent, directement en contrat de droit public auprès d'un Conseil départemental.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le médecin de PMI (Protection Maternelle et Infantile) travaille pour le Département, dans un service public créé en 1945 et ouvert gratuitement à toutes les familles. Sa journée type alterne entre des consultations de nourrissons dans un centre de PMI (examen clinique, courbe de croissance, vaccinations, conseils sur le sommeil et l'alimentation), des bilans de santé réalisés dans les écoles maternelles auprès des enfants de 3-4 ans, et des visites ou entretiens avec des familles fragilisées.
Une grande partie du travail consiste à dépister tôt : troubles de la vision et de l'audition, retards de langage, signes de troubles du neurodéveloppement (dont l'autisme), difficultés relationnelles entre le parent et le bébé. Le médecin oriente ensuite vers les spécialistes, les CAMSP ou l'hôpital. Il intervient aussi dans le champ de la protection de l'enfance : il peut être amené à repérer une situation de maltraitance ou de négligence et à transmettre une information préoccupante. Enfin, il donne un avis médical sur l'agrément des assistantes maternelles et sur l'ouverture ou le suivi sanitaire des crèches, participe à des actions collectives de prévention et contribue au recueil de données épidémiologiques du Département.
C'est un métier de terrain et d'équipe : le médecin de PMI ne travaille jamais seul, mais avec des puéricultrices, des infirmières, des sages-femmes, des psychologues, des éducateurs et des travailleurs sociaux, ainsi qu'avec l'Éducation nationale, l'hôpital et les médecins de ville. Il se déplace beaucoup sur son secteur (centres de PMI, écoles, parfois domicile), ce qui rend le permis B quasi indispensable.
Les horaires sont l'un des grands attraits du métier : journées de semaine, pas de garde, pas de nuit, pas de week-end, avec un temps de travail de 35h à 39h et la possibilité de travailler à temps partiel. Le rythme des consultations est plus long qu'en cabinet de ville, ce qui laisse le temps d'écouter. La contrepartie : une charge émotionnelle réelle (situations sociales difficiles, protection de l'enfance), beaucoup d'écrits et de coordination, et des équipes souvent en sous-effectif.
Après quelques années, on peut devenir médecin responsable de secteur puis médecin chef du service de PMI d'un Département, avec un rôle d'encadrement, de pilotage de politiques publiques et de budget. D'autres se spécialisent : santé de l'enfant en situation de handicap, périnatalité, santé environnementale, planification familiale, protection de l'enfance. Les passerelles sont nombreuses vers les autres médecines préventives (médecine scolaire, santé au travail, médecin conseil, santé publique en ARS ou en collectivité), vers l'enseignement et la formation, ou vers un retour au soin en pédiatrie. Passer le concours de médecin territorial permet de devenir fonctionnaire et de sécuriser sa carrière.
Le métier recrute fortement et partout : les Départements peinent à pourvoir leurs postes de médecin de PMI, dans un contexte de pénurie médicale générale (environ 2 100 postes de médecins vacants dans les collectivités début 2025 selon l'Ordre des médecins). Beaucoup de services fonctionnent en sous-effectif et recrutent des contractuels, des vacataires ou des médecins généralistes. Un plan PMI de 100 millions d'euros sur 3 ans a été annoncé en 2024, avec un objectif de renforcement des équipes, mais les organisations professionnelles alertent régulièrement sur la fragilité du service. Concrètement, pour un jeune médecin, l'emploi est quasi assuré et le choix géographique très large — y compris à Paris, en Île-de-France et dans les grands Départements urbains, qui recrutent en continu.