En début de carrière à l'hôpital, un praticien gagne environ 4 000 à 4 500 € bruts par mois, jusqu'à 7 500 € en fin de carrière avec l'ancienneté (grille indiciaire des praticiens hospitaliers, hors primes et gardes). En libéral, les revenus sont plus élevés mais très variables selon la patientèle, le secteur conventionnel et la région : couramment 6 000 à 11 000 € bruts mensuels, sachant que charges et cotisations représentent environ 50 à 60 % des honoraires encaissés. Le salaire moyen constaté toutes situations confondues tourne autour de 7 000 à 7 300 € bruts par mois. Pendant l'internat, un interne perçoit environ 1 600 à 2 300 € nets selon l'année, gardes comprises.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Environ 10 ans d'études après le bac. Étape 1 : PASS ou L.AS à l'université (sélection très exigeante), puis les 2ᵉ et 3ᵉ cycles de médecine (DFGSM puis DFASM, soit 6 ans au total). Étape 2 : les épreuves de fin de 6ᵉ année (EDN/ECOS) permettent de choisir sa spécialité selon le classement — l'allergologie est une spécialité à part entière depuis l'arrêté du 26 décembre 2016, avec très peu de postes ouverts chaque année (quelques dizaines au niveau national), ce qui la rend assez sélective. Étape 3 : le DES d'allergologie, 4 ans d'internat organisés en co-DES avec la médecine interne–immunologie clinique : phase socle (6 mois de médecine interne + 6 mois d'allergologie), phase d'approfondissement (2 semestres d'allergologie, 1 semestre en spécialité connexe — pneumologie, dermatologie, pédiatrie, ORL — et un stage libre, avec soutenance de thèse), puis phase de consolidation en docteur junior (souvent mi-hôpital, mi-cabinet). Voie alternative : la FST (Formation Spécialisée Transversale) « Maladies allergiques », un an de formation complémentaire choisi pendant l'internat d'une autre spécialité (pneumologie, dermatologie, pédiatrie, ORL, médecine interne) — elle permet une pratique de l'allergologie sans donner la qualification de spécialiste en allergologie. Il faut ensuite s'inscrire au tableau de l'Ordre des médecins pour exercer.
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Tout commence par un interrogatoire très minutieux : depuis quand ? à quel moment de l'année ? à la maison, au travail, après quel repas ? L'allergologue reconstitue l'enquête avec le patient, parfois sur plusieurs générations, car le terrain allergique est souvent familial. Il réalise ensuite des prick-tests (petites gouttes d'allergènes déposées sur l'avant-bras et piquées avec une micro-lancette), des patch-tests collés dans le dos pendant 48 h pour les eczémas de contact, ou des intradermoréactions. Il prescrit et interprète les dosages d'IgE spécifiques dans le sang, réalise ou fait réaliser des explorations fonctionnelles respiratoires pour l'asthme.
Quand le doute persiste, il organise des tests de provocation en hôpital de jour : on réintroduit progressivement l'aliment ou le médicament suspecté, sous surveillance médicale stricte, prêt à traiter une réaction. C'est le geste le plus délicat du métier. Vient ensuite la partie traitement : éviction de l'allergène, médicaments, immunothérapie allergénique (la « désensibilisation », en gouttes ou comprimés sous la langue pendant 3 à 5 ans), biothérapies pour les formes sévères. Une grande partie du temps est consacrée à l'éducation thérapeutique : apprendre à un ado à lire les étiquettes alimentaires, à ses parents à utiliser un stylo d'adrénaline, rédiger un projet d'accueil individualisé (PAI) avec l'école.
C'est un métier de consultation, assis, en cabinet ou en hôpital de jour : peu d'effort physique, mais une forte charge mentale et beaucoup de dossiers. Environ 56 % des allergologues exercent en libéral dans leur propre cabinet, un peu plus de 26 % ont une activité mixte ville-hôpital et environ 10 % sont salariés hospitaliers. Les horaires sont plutôt classiques (8 h - 18 h), sans gardes de nuit dans la majorité des cas — un vrai atout par rapport à beaucoup d'autres spécialités médicales. Le rythme est cependant soutenu : les délais de rendez-vous atteignent souvent plusieurs mois, et il existe de vraies « zones blanches » sans allergologue. La téléconsultation se développe pour le suivi et le renouvellement de traitements, mais tout ce qui est test reste obligatoirement en présentiel. L'activité est très saisonnière : le printemps et les pollens font exploser les consultations.
Le métier se pratique rarement seul : l'allergologue travaille en réseau avec pneumologues, dermatologues, ORL, pédiatres, gastro-entérologues et diététiciens. Beaucoup se sur-spécialisent : allergies alimentaires de l'enfant, allergies médicamenteuses, allergies professionnelles (avec un rôle d'expertise auprès de la médecine du travail), asthme sévère et biothérapies, allergies aux venins d'hyménoptères. À l'hôpital, on peut prendre la responsabilité d'une unité d'allergologie ou monter un hôpital de jour. La voie universitaire (CCA, MCU-PH, PU-PH) mène à l'enseignement et à la recherche clinique, un domaine très actif : immunothérapie orale, allergènes recombinants, effets du changement climatique sur les pollens. Certains rejoignent l'industrie pharmaceutique (recherche clinique, pharmacovigilance) ou la santé publique.
Le marché est très porteur, avec un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande. Les maladies allergiques touchent près d'un Français sur trois et l'OMS anticipe un doublement du nombre de personnes concernées dans les décennies à venir (pollution, changement climatique, allongement des saisons polliniques, allergies alimentaires en hausse chez l'enfant). Face à cela, la démographie des allergologues est faible et vieillissante : la cartographie de l'offre de soins réalisée en 2020 signalait des délais d'attente de plusieurs mois et de véritables « zones blanches » sans praticien, notamment en zone rurale. Le Plan quinquennal de lutte contre les allergies 2022-2027 de la Fédération française d'allergologie (FFAL) vise justement à renforcer l'offre. Concrètement : très peu de postes ouverts au DES chaque année (donc concours interne sélectif), mais aucune difficulté à s'installer ou à trouver un poste une fois diplômé.