En début de carrière, un monteur de réseaux électriques gagne entre 1 800 et 2 300 € brut par mois (soit environ 22 000 à 28 000 € brut annuels), c'est-à-dire un peu au-dessus du SMIC. Avec 3 à 7 ans d'expérience, la rémunération monte à 2 300–2 900 € brut mensuels, et un profil expert ou chef d'équipe peut dépasser 3 500 € brut. Les primes changent beaucoup la donne : astreinte, grands déplacements, travaux sous tension, panier repas, 13ᵉ mois. Les salaires sont généralement plus élevés chez Enedis et RTE (statut des Industries Électriques et Gazières, avec avantages associés) que chez les sous-traitants, et supérieurs de 8 à 20 % en Île-de-France.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible dès le niveau CAP/BEP, souvent par l'apprentissage ou la formation continue. Les voies les plus directes : le Titre professionnel Monteur de réseaux électriques aéro-souterrains (TP MREAS, niveau CAP, proposé notamment par l'AFPA et les GRETA) et le titre Monteur technicien en réseaux électriques (niveau bac). La voie scolaire classique passe par le bac pro MELEC (Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés) en 3 ans, complété idéalement par le CS (certificat de spécialisation, ex-mention complémentaire) Technicien en réseaux électriques en 1 an, très apprécié des employeurs. Un CAP Électricien suivi d'une spécialisation réseaux fonctionne aussi. Pour viser l'encadrement de chantier, le BTS Électrotechnique est la suite logique. De nombreux recrutements se font en alternance : Enedis prévoit d'accueillir environ 1 400 alternants en 2026, dont une large majorité sur des métiers techniques, et les entreprises de travaux électriques (Eiffage Énergie, Bouygues Énergies & Services, Spie, Sobeca, Sanchez…) forment également en interne.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent tôt, en équipe de 2 à 6 personnes, avec le camion chargé de matériel et un chantier à ouvrir. Le monteur de réseaux électriques balise la zone, creuse des tranchées ou plante des supports (poteaux béton, bois ou métal) à l'aide d'engins, puis déroule et tire les conducteurs. Vient ensuite le travail précis : poser les isolateurs, raccorder les câbles, installer les coffrets, les transformateurs et les appareils de coupure, puis mettre le réseau sous tension.
L'autre grande partie du métier, c'est l'exploitation et le dépannage. Quand une ligne tombe après un orage ou qu'un quartier est privé d'électricité, c'est lui qui part diagnostiquer la panne, remplacer les pièces défectueuses et rétablir le courant le plus vite possible. Selon les entreprises, il intervient aussi sur l'éclairage public, sur les raccordements de nouveaux clients, sur les bornes de recharge ou sur les réseaux qui relient parcs éoliens et centrales photovoltaïques au reste du territoire.
C'est un métier de terrain, à 100 % en extérieur : ni bureau, ni télétravail. On travaille en hauteur (échelles, « grimpettes », nacelle, pylône) ou au fond d'une tranchée, par tous les temps, avec un équipement de protection complet — casque, gants isolants, harnais. Le port de charges et les postures contraignantes font partie du quotidien, et l'aptitude médicale au travail en hauteur est vérifiée régulièrement.
Les horaires sont variables : journée classique la plupart du temps, mais aussi astreintes, interventions de nuit ou le week-end lors des incidents sur le réseau. Les déplacements sont fréquents, en zone urbaine comme rurale, parfois avec des découchés sur les grands chantiers de lignes haute tension. En contrepartie, les primes (astreinte, déplacement, travaux sous tension) pèsent lourd dans la fiche de paie, et la sécurité est un cadre très structuré : rien ne s'improvise sur un réseau électrique.
Avec l'expérience et des habilitations supplémentaires, on se spécialise : travaux sous tension (TST), réseaux souterrains, haute et très haute tension (HTB), lignes caténaires ferroviaires, éclairage public. C'est aussi un métier où l'on progresse vite en responsabilités : chef d'équipe, chargé de travaux, puis chef de chantier ou conducteur de travaux, souvent après un BTS Électrotechnique ou une formation interne.
D'autres bifurcations existent : bureau d'études et ingénierie réseau, préparation de chantier, formateur en centre d'apprentissage, contrôle et sécurité, ou création de sa propre entreprise d'électricité. Les compétences acquises sont aussi très transférables vers les réseaux télécoms/fibre, les bornes de recharge électrique ou la maintenance industrielle.
C'est l'un des métiers les plus en tension de la filière électrique. La transition énergétique (raccordement des parcs éoliens et photovoltaïques, bornes de recharge, électrification des usages), le renouvellement du réseau vieillissant et les nombreux départs à la retraite créent un besoin massif : la filière estime qu'il faudra pourvoir près de 43 000 postes sur ses métiers cœurs d'ici 2030, et le seul métier de monteur de réseaux électriques pourrait passer d'environ 16 000 à 27 000 emplois sur la période. Les recruteurs sont Enedis et RTE, les entreprises de travaux électriques et de travaux publics (Eiffage Énergie Systèmes, Spie CityNetworks, Bouygues Énergies & Services, Sobeca, Colas Rail…), les syndicats d'énergie et les collectivités. Résultat : les jeunes diplômés sont souvent embauchés avant même la fin de leur formation, et l'alternance débouche très fréquemment sur un CDI.