Un débutant tout juste qualifié démarre autour du SMIC à 2 000 € brut par mois ; avec la qualification IRVE en poche, les offres se situent plutôt entre 2 200 et 2 600 € brut. Après quelques années, et surtout avec le niveau P3 (charge rapide DC), on dépasse couramment 3 200 à 3 500 € brut. S'y ajoutent souvent des primes de déplacement, paniers repas, indemnités de grands déplacements et un véhicule de service. À son compte, un artisan bien installé sur le marché IRVE + photovoltaïque peut aller au-delà, mais avec les aléas de l'activité indépendante.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le socle, c'est une formation en électricité : CAP électricien (2 ans après la 3e), titre professionnel Électricien d'équipement du bâtiment (6 à 12 mois, très utilisé en reconversion et en alternance), puis idéalement bac pro MELEC (Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés) ou BP électricien. Le BTS électrotechnique ou le BTS Fluides-énergies-domotique ouvrent vers les postes de technicien supérieur, de chargé d'affaires et sur les installations complexes (charge rapide, supervision, raccordement HTA).
À ce diplôme s'ajoute obligatoirement la qualification IRVE, qui n'est pas un diplôme mais une formation courte (1 à 2 jours par niveau) délivrée par des organismes agréés (Qualifelec, Qualit'EnR, AFNOR…). Elle est exigée pour toute installation de puissance supérieure ou égale à 3,7 kW. L'alternance est la voie royale : les entreprises d'électricité et les réseaux d'installateurs recrutent massivement des apprentis et forment eux-mêmes à l'IRVE.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent par un point sur les chantiers du jour, puis la route : maison individuelle le matin, parking d'immeuble ou de supermarché l'après-midi. Sur place, tu repères le tableau électrique, tu vérifies que la puissance disponible est suffisante, tu passes les câbles (parfois en tranchée ou en chemin de câbles), tu poses la borne au mur ou sur pied, tu raccordes, tu protèges la ligne (disjoncteur, différentiel), puis tu mets en service.
Mais poser la borne n'est que la moitié du travail. Il faut ensuite la configurer : la connecter au réseau (Wi-Fi, 4G), la déclarer sur la plateforme de supervision (protocole OCPP), régler la gestion dynamique de puissance pour éviter de faire disjoncter le bâtiment, tester la charge avec un contrôleur, éditer le procès-verbal de conformité. Et expliquer au client comment ça marche — beaucoup de gens découvrent leur première voiture électrique. Une partie du métier consiste aussi à dépanner : borne qui ne démarre plus, badge non reconnu, défaut de terre, câble vandalisé sur une station publique.
C'est un métier de terrain, en déplacement quasi permanent : véhicule de service, tournée de plusieurs clients par jour, parfois des grands déplacements pour équiper une flotte ou une station de recharge rapide. Tu travailles en intérieur (garages, locaux techniques, parkings souterrains) comme en extérieur, par tous les temps. L'effort physique est réel sans être extrême : port de la borne et des touret de câble, travail à genoux ou en hauteur sur nacelle, saignées et perçages.
Les horaires sont majoritairement de journée, mais variables selon les chantiers : démarrage tôt, interventions le week-end ou de nuit sur les sites qui ne peuvent pas être coupés en journée (centres commerciaux, hôpitaux, dépôts de bus). La sécurité est non négociable : on travaille sur des installations sous tension, avec des habilitations électriques obligatoires et, au-delà de 3,7 kW, une qualification IRVE exigée par la réglementation depuis le décret du 12 janvier 2017.
On commence généralement comme installateur en équipe, puis on monte en niveau de qualification : IRVE P1 (bornes simples), P2 (bornes communicantes et supervisées), P3 (charge rapide en courant continu, la spécialité la mieux payée). Ensuite, plusieurs routes s'ouvrent : chef d'équipe ou conducteur de travaux sur des déploiements de flottes et de stations ; chargé d'affaires IRVE, qui chiffre et pilote les projets côté client ; technicien de supervision/maintenance sur les réseaux de recharge publics.
Beaucoup se mettent aussi à leur compte comme artisan électricien spécialisé, souvent en combinant IRVE, photovoltaïque et domotique — trois marchés portés par la transition énergétique. À l'inverse, si le terrain lasse, les compétences se transposent facilement vers l'électricité du bâtiment, les réseaux d'énergie, l'éclairage public ou la maintenance industrielle.
C'est l'un des métiers les plus tendus de la transition énergétique. La France comptait plus de 159 000 points de recharge ouverts au public début 2025 (+30 % en un an) et vise 400 000 bornes publiques d'ici 2030, sans compter les millions de points de charge privés en maison et en copropriété. Les professionnels du secteur évoquent un déficit de plusieurs milliers d'installateurs qualifiés, et près de deux tiers des employeurs du secteur anticipent des difficultés de recrutement. Résultat : embauche rapide après la formation, CDI fréquents, et une vraie possibilité de choisir son employeur. Attention toutefois : le rythme dépend des politiques publiques d'aide à l'électrique et de la conjoncture du bâtiment, deux facteurs qui peuvent faire varier la charge de travail d'une année à l'autre.