Un électricien débutant démarre au coefficient N1P1 de la convention collective du bâtiment, soit autour du SMIC (environ 1 830 € brut/mois, ~12 €/h), et passe rapidement au coefficient supérieur après 6 à 12 mois. Un profil confirmé (5 à 10 ans) se situe autour de 2 300 à 2 800 € brut (1 800 à 2 100 € net), et un très expérimenté ou chef d'équipe peut atteindre 3 000 à 3 200 € brut (jusqu'à ~38 000 € annuels). À cela s'ajoutent des éléments non négligeables : primes de panier, indemnités de trajet et de petits déplacements, primes de chantier, heures supplémentaires. L'intérim paie souvent mieux au taux horaire (+10 à 20 %). Un artisan à son compte facture 45 à 75 € HT/heure et dégage couramment 3 000 à 4 000 € net par mois une fois son activité installée. Les spécialisations (IRVE, photovoltaïque, domotique, courants faibles) tirent nettement les salaires vers le haut.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est le CAP Électricien (2 ans après la 3e, souvent en apprentissage ; possible en 1 an pour les titulaires d'un autre diplôme). Il permet d'être opérationnel tout de suite sur les chantiers. Pour aller plus loin, deux options après le CAP : le BP Électricien (2 ans, très valorisé chez les artisans et pour s'installer à son compte) ou le BTM Installateur en équipement électrique des chambres de métiers.
Depuis la 3e, on peut aussi viser directement le Bac pro MELEC (Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés, 3 ans) : plus polyvalent, il couvre le bâtiment, l'industrie, la domotique et les réseaux connectés, et ouvre la porte à des postes plus techniques ou à la poursuite d'études.
En reconversion ou pour les adultes, le Titre professionnel Électricien d'équipement du bâtiment (TP EEB, environ 8 à 12 mois via l'AFPA, les GRETA ou des organismes privés) est la voie la plus rapide. Après le bac, le BTS Électrotechnique ou le BTS FED (Fluides, Énergies, Domotique) mènent aux fonctions de technicien, chargé d'affaires ou chef de chantier. L'alternance est très répandue et fortement recommandée : elle facilite énormément l'embauche à la sortie.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'électricien du bâtiment commence par lire les plans et les schémas de l'installation à réaliser. Sur le chantier, il perce, saigne les murs, pose les gaines et les chemins de câbles, tire les fils, puis installe les prises, interrupteurs, luminaires, radiateurs et le tableau électrique. Il raccorde ensuite l'ensemble, vérifie chaque circuit avec ses appareils de mesure (multimètre, testeur d'isolement) et met l'installation sous tension en respectant la norme NF C 15-100.
Son métier ne s'arrête plus au courant fort : il câble aussi les réseaux « courants faibles » — informatique, téléphonie, fibre, alarmes, vidéosurveillance, interphones. De plus en plus, il installe des équipements liés à la transition énergétique : panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, bornes de recharge pour voitures électriques (IRVE), systèmes domotiques qui pilotent chauffage et volets depuis un smartphone. L'autre moitié du métier, c'est le dépannage : trouver pourquoi une installation disjoncte, remplacer un différentiel, mettre aux normes un logement ancien.
On travaille surtout sur des chantiers : constructions neuves, rénovations, immeubles de bureaux, commerces, ou chez des particuliers. Les équipes sont petites (2 à 4 personnes) et les chantiers durent de quelques heures (un dépannage) à plusieurs mois (un immeuble neuf). Les horaires sont généralement classiques, en journée (7h-17h), mais les déplacements sont fréquents d'un chantier à l'autre : le permis B est presque toujours demandé.
C'est un métier physique sans être extrême : on porte des couronnes de câbles et de l'appareillage, on travaille souvent à genoux, en hauteur sur échafaudage ou nacelle, parfois dans la poussière, le froid ou des locaux non chauffés. Les équipements de protection (casque, chaussures de sécurité, gants isolants, lunettes) sont obligatoires, et l'habilitation électrique est exigée par le Code du travail pour intervenir près des installations sous tension. La sécurité n'est pas un détail : le risque électrique se respecte.
Les perspectives sont larges. Après quelques années, on peut se spécialiser : domotique, photovoltaïque, bornes de recharge, courants faibles, sécurité incendie, éclairage public — autant de niches bien payées. Côté encadrement, on devient chef d'équipe, puis chef de chantier ou conducteur de travaux, avec un BTS Électrotechnique ou une formation continue. Beaucoup choisissent aussi de se mettre à leur compte comme artisan électricien : c'est l'un des métiers du bâtiment où l'installation à son compte est la plus fréquente, avec des revenus qui peuvent dépasser 3 000 à 4 000 € net par mois. Enfin, les compétences acquises ouvrent des passerelles vers la maintenance industrielle, les réseaux électriques, l'électricité automobile ou le poste de technicien bureau d'études.
C'est l'un des métiers les plus en tension de France. L'électricien figure sur la liste officielle des métiers en tension, et l'Observatoire des métiers du BTP estime les besoins à plusieurs dizaines de milliers de professionnels supplémentaires. Environ deux tiers des employeurs du secteur déclarent avoir des difficultés à recruter, et un électricien qualifié et habilité retrouve généralement un poste en quelques jours. Trois moteurs alimentent cette demande : la rénovation énergétique des logements, l'électrification des usages (bornes de recharge, pompes à chaleur, photovoltaïque) et la généralisation des bâtiments connectés. S'y ajoute le départ à la retraite d'une génération d'artisans, dont beaucoup cherchent un repreneur. Les employeurs sont variés : entreprises d'installation électrique, artisans, majors du BTP (Eiffage, Vinci, Bouygues, Spie, Engie Solutions), agences d'intérim, services techniques de collectivités ou de grands sites (hôpitaux, centres commerciaux). L'alternance reste la meilleure porte d'entrée : la plupart des apprentis sont embauchés à l'issue de leur formation.