Un débutant démarre entre 1 800 € et 2 200 € brut par mois, souvent proche du SMIC la première année puis en progression rapide dès les habilitations obtenues. Avec 5 ans d'expérience et des compétences recherchées (cordiste, mesures radio, 5G), on atteint 2 600 € à 3 200 € brut, et davantage en chef d'équipe. À cela s'ajoutent des compléments qui pèsent lourd : primes de déplacement, indemnités de grand déplacement, paniers repas, prime de hauteur ou d'astreinte. Les missions en intérim sur les campagnes de déploiement sont souvent mieux payées mais moins stables.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux portes d'entrée. La voie la plus directe est un diplôme de niveau bac : Bac pro CIEL (Cybersécurité, informatique et réseaux, électronique), Bac pro MELEC pour le versant électrique, ou le Titre professionnel Technicien d'intervention télécom — option réseaux mobiles (RNCP34682), accessible en 6 à 12 mois, y compris en reconversion ou après une 3e via l'alternance. Il est aussi possible d'entrer avec un CAP (Électricien, ou TP Installateur de réseaux de télécommunications en fibre optique, niveau 3) puis de monter en compétences sur le terrain : beaucoup d'entreprises recrutent des aides-monteurs et forment en interne.
Quel que soit le diplôme, l'employeur exige presque toujours les habilitations sécurité (travail en hauteur, habilitation électrique) et le permis B. L'alternance est très répandue dans la filière et constitue le meilleur tremplin vers l'embauche. Pour aller plus loin, un BTS CIEL option B (électronique et réseaux) ou un BUT Réseaux et télécommunications ouvre ensuite les postes d'encadrement, de bureau d'études ou d'ingénierie radio.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le monteur en installation de réseaux mobiles construit et entretient les « sites radio » qui portent le réseau des opérateurs télécoms (Orange, SFR, Bouygues, Free) et de leurs sous-traitants. Concrètement, il part le matin en équipe de deux ou trois avec un véhicule chargé de matériel, rejoint un site (pylône en pleine campagne, toit d'immeuble, château d'eau, silo) et sécurise la zone d'intervention.
Une fois en hauteur — harnaché, longé, parfois sur cordes ou en nacelle — il fixe les antennes sur les supports, installe les modules radio (RRU), tire et raccorde les câbles coaxiaux, les jarretières et la fibre optique, met en place l'alimentation électrique et les parafoudres. Il oriente ensuite chaque antenne selon les angles précis fournis dans le dossier technique (azimut, tilt) : quelques degrés d'écart et la couverture du quartier change. De retour au sol, il effectue les mesures de contrôle (ROS/VSWR, PIM), teste la liaison, remplit le dossier photo et le compte rendu d'intervention. Il intervient aussi en maintenance : recherche de panne après un orage, remplacement d'un équipement HS, mise à niveau d'un site 4G vers la 5G.
C'est un métier de terrain, à 100 % en extérieur ou sur chantier, sans télétravail possible. Le travail en hauteur est quotidien : il faut être à l'aise avec le vide et rigoureux sur les procédures de sécurité (harnais, points d'ancrage, consignation électrique). Les journées commencent souvent tôt, les horaires varient selon les chantiers, et certaines interventions se font le soir, la nuit ou le week-end pour éviter de couper le réseau aux heures de forte affluence. Les déplacements sont fréquents, parfois en grand déplacement à la semaine sur une région entière. Le port de charges, les échelles, le froid, la pluie et le vent font partie du quotidien : la condition physique compte autant que la technique.
Après deux ou trois ans, on peut devenir technicien radio confirmé, puis chef d'équipe et conducteur de travaux sur des chantiers de déploiement. D'autres se spécialisent : mesures et optimisation radio, intégration et paramétrage des équipements, sécurité et travaux sur cordes (certification cordiste ou IRATA, très bien valorisée). Les compétences acquises se transfèrent facilement vers la fibre optique (FTTH), les réseaux électriques, l'éclairage public ou la maintenance d'infrastructures (éoliennes, TV/radio). Avec de l'expérience et un statut d'artisan ou d'indépendant, il est aussi possible de créer sa propre entreprise de sous-traitance télécom.
La filière des infrastructures numériques recrute massivement : France Travail évoque environ 30 000 emplois à pourvoir, portés par deux chantiers simultanés — la fin du déploiement de la fibre et la densification des réseaux 4G/5G, à laquelle s'ajoutent déjà les premiers travaux sur les nouvelles générations de réseaux. La fédération InfraNum, qui regroupe environ 200 entreprises du secteur, alerte régulièrement sur la difficulté à trouver des profils qualifiés, en particulier des monteurs à l'aise avec le travail en hauteur. Les employeurs sont surtout les sous-traitants et intégrateurs travaillant pour les opérateurs et les tower companies (Cellnex, TDF, Totem...), avec de nombreux recrutements en alternance et en intérim. Le rythme de l'activité suit toutefois les cycles d'investissement des opérateurs : après les pics de déploiement, la part de la maintenance et des mises à niveau de sites prend le relais et sécurise l'emploi sur le long terme.