Dans la fonction publique hospitalière, un infirmier débute autour de 1 945 € brut hors primes, soit environ 2 200 à 2 300 € brut avec les primes (Ségur, indemnités de nuit, dimanches et jours fériés) — de l'ordre de 1 700 à 1 800 € net. En fin de carrière ou sur des postes à fortes sujétions, on atteint 3 000 à 3 500 € brut. Le secteur privé (cliniques, EHPAD) se situe dans des ordres de grandeur proches, parfois un peu supérieurs à l'embauche. En libéral, il ne s'agit plus d'un salaire mais d'un revenu d'activité : la moyenne des IDEL titulaires tourne autour de 3 300 € net par mois, avec de fortes variations (1 700 € pour une remplaçante à temps partiel, plus de 4 000 € pour une infirmière bien installée) et des charges professionnelles à assumer soi-même. Les spécialisations (IADE, IBODE, IPA) ouvrent des grilles plus favorables.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours type : bac (général, avec de préférence les spécialités SVT, physique-chimie ou mathématiques ; le bac ST2S ou un bac pro ASSP sont aussi des voies possibles), puis candidature sur Parcoursup pour entrer en IFSI (institut de formation en soins infirmiers). La sélection se fait sur dossier, sans concours écrit depuis 2019.
La formation dure 3 ans (6 semestres) et alterne cours théoriques et stages : environ 60 semaines de stage dans le référentiel de 2009, portées à 66 semaines dans le nouveau référentiel entré en vigueur à la rentrée 2026. Elle débouche sur le diplôme d'État d'infirmier, reconnu au grade de licence (niveau 6, RNCP 8940), valable dans toute l'Union européenne.
D'autres accès existent : la formation professionnelle continue pour les aides-soignants expérimentés, l'apprentissage (proposé par un nombre croissant d'IFSI), ou la VAPP pour les candidats sans bac. Après le DE, les spécialisations se préparent en 1 à 2 ans supplémentaires (IADE, IBODE, puéricultrice, IPA), et le diplôme de cadre de santé ouvre l'encadrement.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une journée d'infirmier commence presque toujours par les transmissions : l'équipe qui part raconte à celle qui arrive ce qui s'est passé pour chaque patient. Ensuite, place au terrain. L'IDE prend les constantes (tension, température, saturation en oxygène), prépare et administre les traitements prescrits par le médecin, pose des perfusions, réalise des prises de sang, refait les pansements, pose ou surveille des sondes. Il surveille aussi les effets des traitements et alerte immédiatement si quelque chose cloche : c'est souvent lui qui repère le premier qu'un patient se dégrade.
Mais l'infirmier ne fait pas qu'exécuter des prescriptions. Il a ce qu'on appelle un « rôle propre » : il évalue une situation clinique, pose un diagnostic infirmier et décide de sa propre initiative de certains soins (confort, prévention des escarres, éducation du patient…). Il explique la maladie et les traitements, accompagne les familles, coordonne avec les aides-soignants, les kinés, les médecins. Et il trace tout dans le dossier patient informatisé — un travail d'écriture invisible mais capital, car c'est ce qui permet la continuité des soins.
Le métier s'exerce surtout à l'hôpital public ou en clinique, mais aussi en EHPAD, en centre de santé, à domicile (SSIAD, hospitalisation à domicile), en milieu scolaire, en entreprise, dans l'armée ou en humanitaire. Environ 700 000 infirmiers exercent en France, dont une part importante en libéral après quelques années d'expérience.
À l'hôpital, les horaires sont atypiques : postes de matin, d'après-midi ou de nuit, journées de 7h30, 10h ou 12h, week-ends et jours fériés inclus. Physiquement, c'est exigeant — on marche beaucoup, on reste debout, on aide à mobiliser des patients. Émotionnellement aussi : on accompagne la douleur, parfois la fin de vie. Le télétravail est impossible sauf sur des postes très particuliers (téléconsultation, conseil santé, coordination). En contrepartie, beaucoup d'infirmiers décrivent un métier qui a du sens, où l'on voit concrètement l'effet de ce qu'on fait.
Le diplôme d'État est une porte d'entrée, pas un plafond. Après quelques années, on peut se spécialiser : infirmier anesthésiste (IADE), infirmier de bloc opératoire (IBODE), puéricultrice — chacune avec sa formation dédiée et une rémunération plus élevée. On peut aussi devenir infirmier en pratique avancée (IPA, master Bac+5) et suivre soi-même des patients chroniques avec un droit de prescription élargi.
Autres voies : l'encadrement (cadre de santé, puis cadre supérieur ou directeur des soins), la formation en IFSI, la recherche en sciences infirmières, l'hygiène hospitalière, la coordination (IDEC en EHPAD ou en réseau de santé). Et bien sûr l'installation en libéral, possible après 2 ans (3 200 heures) d'exercice, qui offre une grande autonomie et des revenus souvent supérieurs, en échange d'un statut d'indépendant.
C'est l'un des métiers où l'on trouve un emploi le plus vite en France. Avec plus de 700 000 professionnels en exercice, l'infirmier est le premier métier de santé du pays, et pourtant des milliers de postes restent vacants dans les hôpitaux, les cliniques et les EHPAD. L'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail place la santé et l'action sociale en tête des secteurs recruteurs avec 322 000 projets d'embauche, dont environ 36 700 pour les infirmiers et sages-femmes ; d'ici 2030, près de 500 000 postes seront à pourvoir dans le champ sanitaire et social. Le vieillissement de la population, les départs en retraite et une certaine désaffection liée aux conditions de travail entretiennent la tension. Concrètement, un jeune diplômé décroche un poste dans la quasi-totalité des régions, souvent avant même d'avoir son diplôme en main, et peut choisir son service ou sa ville — un luxe rare. Le revers : cette pénurie pèse sur les équipes en place (sous-effectif, heures supplémentaires, rappels sur repos), ce qui explique un taux d'abandon non négligeable dans les premières années.