En début de carrière, un orthophoniste salarié de la fonction publique hospitalière (catégorie A) démarre autour de 2 100 € brut par mois, complément Ségur inclus, soit environ 1 700 à 2 000 € net. Dans le médico-social et l'associatif, les conventions situent les débuts entre 28 000 et 38 000 € brut par an. En libéral, les tarifs sont conventionnés avec l'Assurance maladie : un débutant génère 2 200 à 2 500 € brut par mois environ. Après quelques années et une patientèle installée, un libéral réalise 55 000 à 75 000 € de chiffre d'affaires annuel, dont 30 à 40 % partent en charges — soit un revenu net réel souvent compris entre 2 800 et 3 500 € par mois, davantage avec une forte activité ou un cabinet de groupe. Le salariat sécurise au début, le libéral prend l'avantage financier ensuite. Point à connaître : la profession se mobilise depuis des années sur la revalorisation des salaires hospitaliers, jugés faibles au regard des 5 années d'études.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le seul diplôme qui permet d'exercer est le certificat de capacité d'orthophoniste (CCO), préparé en 5 ans (10 semestres, 3 158 h de cours et 2 040 h de stages) dans l'un des 22 centres de formation universitaires en orthophonie (CFUO), rattachés à des facultés de médecine. Le CCO confère le grade de master (niveau 7).
L'entrée se fait après le bac, via Parcoursup, sans passer par la PASS/LAS. La sélection se déroule en deux temps : admissibilité sur dossier (notes de 1re et terminale, projet motivé), puis épreuves orales d'admission au printemps. C'est l'une des formations les plus sélectives de Parcoursup : environ 30 500 candidatures pour 1 005 places à la rentrée 2025, soit un peu plus de 3 % d'admis.
Au bac général, les spécialités les plus utiles sont plutôt du côté des sciences humaines et du langage (HLP, SES, langues) combinées à une spécialité scientifique (SVT). Une bonne maîtrise du français écrit et oral est indispensable — elle est testée aux oraux. Beaucoup de candidats passent par une prépa orthophonie privée ou tentent leur chance après une première année de licence (sciences du langage, psychologie, lettres), qui reste un bon plan B et permet de repostuler.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par un bilan orthophonique : sur prescription médicale, l'orthophoniste fait passer des tests étalonnés pour comprendre précisément ce qui coince — articulation, vocabulaire, lecture, écriture, mémoire, voix, déglutition. Ce bilan débouche sur un diagnostic orthophonique et un projet de rééducation, transmis au médecin.
Ensuite viennent les séances, en général de 30 à 45 minutes, souvent une à deux fois par semaine. Avec un enfant, ça ressemble beaucoup à du jeu : cartes, imagiers, histoires à raconter, jeux de sons, applications sur tablette. Avec un adulte ou une personne âgée, le travail porte plutôt sur la récupération du langage après un AVC, sur les troubles de la mémoire liés à une maladie neurodégénérative, sur la voix (enseignants, chanteurs, après une opération du larynx) ou sur la déglutition. L'orthophoniste passe aussi beaucoup de temps à expliquer aux familles ce qu'elles peuvent faire à la maison, et à échanger avec les médecins, enseignants, psychologues, kinés ou ergothérapeutes qui suivent la même personne.
Et puis il y a la partie moins visible : rédiger les comptes rendus, tenir les dossiers, gérer les rendez-vous et — pour les 8 sur 10 qui exercent en libéral — faire la comptabilité du cabinet, coter les actes et facturer à l'Assurance maladie.
Environ 80 % des orthophonistes travaillent en libéral, seuls ou en cabinet de groupe, parfois au domicile des patients. Les autres sont salariés : hôpital (pédiatrie, neurologie, ORL, rééducation), CMPP, IME, EHPAD, centres pour personnes sourdes. Beaucoup combinent les deux dans une activité mixte.
Le métier est peu fatigant physiquement, mais il demande une vraie endurance mentale : enchaîner 8 à 10 patients par jour, chacun avec son histoire, en restant pleinement disponible. Les horaires sont irréguliers en libéral, avec beaucoup de créneaux en fin d'après-midi et le mercredi, quand les enfants sont libres. Le télésoin existe (rééducations à distance en visio, remboursées), mais il est encadré : pas de bilan initial à distance et 20 % maximum de l'activité conventionnée.
On peut se spécialiser : troubles du neurodéveloppement (autisme, dyslexie, dysphasie), surdité et implants cochléaires, neurologie de l'adulte, voix professionnelle, oralité et alimentation du tout-petit. Ces spécialisations passent par des formations continues (DPC, DU) tout au long de la carrière.
D'autres voies existent : ouvrir son propre cabinet et s'associer, devenir maître de stage ou enseignant en centre de formation universitaire en orthophonie, s'engager dans la recherche (master, doctorat, UNADREO), coordonner un service de rééducation à l'hôpital, ou encore participer à la conception d'outils et d'applications de rééducation. Le libéral laisse aussi beaucoup de liberté pour organiser son temps de travail comme on le souhaite.
Le métier est en pénurie structurelle sur la quasi-totalité du territoire : la France comptait à peine 29 orthophonistes pour 100 000 habitants en 2022 (Drees), et moins de 15 pour 100 000 dans certains départements ruraux. Résultat : les délais d'attente pour un simple bilan vont de 6 mois à 3 ans selon les régions. La demande explose avec le vieillissement de la population, la hausse des diagnostics de troubles du neurodéveloppement et les suites d'AVC, alors que seules 1 005 places sont ouvertes chaque année en formation. Concrètement, un diplômé trouve du travail immédiatement, choisit sa région et remplit son agenda très vite. Les tensions les plus fortes concernent l'hôpital et le médico-social, où les postes restent vacants faute de candidats, la majorité des professionnels préférant le libéral.