En début de carrière, un psychomotricien salarié gagne environ 1 800 à 2 200 € brut par mois (grille de la fonction publique hospitalière revalorisée par le Ségur, primes comprises). Avec l'ancienneté, la rémunération monte progressivement vers 2 500 à 3 000 € brut, et jusqu'à ~3 300-3 500 € en fin de carrière ou sur un poste d'encadrement (cadre de santé). Le secteur privé associatif (conventions 51 et 66) se situe dans des ordres de grandeur proches. En libéral, la séance d'environ une heure se facture entre 50 et 70 € : les revenus peuvent être supérieurs, mais les séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale (sauf forfait précoce TND pour les moins de 12 ans), ce qui limite le remplissage du planning, et il faut déduire charges et cotisations. Beaucoup de professionnels cumulent un mi-temps salarié et une activité libérale.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le diplôme d'État (DE) de psychomotricien est obligatoire pour exercer : c'est un diplôme reconnu au grade licence (bac+3), préparé en 3 ans dans une trentaine d'instituts de formation en psychomotricité (IFP), publics ou privés, souvent rattachés à une université ou à un CHU.
L'accès se fait principalement après le bac via Parcoursup (dossier + parfois entretien ; quelques instituts ont conservé un concours), ou après une première année de santé (PASS / L.AS) pour une partie des places. Un bac général avec les spécialités SVT, physique-chimie ou HLP est le profil le plus fréquent, mais le bac STL, ST2S ou un bac pro santé peuvent aussi convenir avec un bon dossier.
La formation alterne cours théoriques (anatomie, neurosciences, psychologie du développement, psychiatrie), enseignements de psychomotricité et stages cliniques (environ 600 heures sur les 3 ans), avec une pratique corporelle personnelle (danse, expression, relaxation). Elle se conclut par un mémoire et une mise en situation professionnelle.
À noter : les frais de scolarité varient énormément — de quelques centaines à ~4 500 € par an dans le public, de 5 300 à 11 500 € par an en école privée (ISRP par exemple). Après le DE, on peut se spécialiser par un DU/DIU (autisme, gériatrie, périnatalité...), un master, ou préparer le diplôme de cadre de santé après 4 ans d'exercice.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par un bilan psychomoteur : sur prescription médicale, le psychomotricien observe et teste la personne (équilibre, coordination, latéralité, tonus musculaire, repérage dans l'espace et le temps, gestion des émotions). Ce bilan aboutit à un projet de soins personnalisé, qu'il rédige et présente à la famille et à l'équipe.
Ensuite viennent les séances, seul à seul ou en petit groupe, généralement de 30 à 45 minutes. Les outils sont très concrets et souvent ludiques : parcours moteurs, ballons, trampoline, jeux d'équilibre, pâte à modeler, dessin, danse, musique, relaxation, massages, travail devant le miroir, expression corporelle. Avec un enfant qui a des troubles de l'attention ou un trouble du spectre autistique, avec un adolescent anxieux, avec un adulte en psychiatrie ou avec une personne âgée qui perd ses repères, les médiations ne seront pas les mêmes — c'est tout l'art du métier.
Entre les séances, il y a aussi de l'écrit (comptes rendus, notes d'évolution), des réunions d'équipe pluridisciplinaire avec médecins, psychologues, orthophonistes, ergothérapeutes ou éducateurs, et beaucoup d'échanges avec les familles, qu'il conseille et forme pour prolonger le travail à la maison.
Les lieux d'exercice sont très variés : hôpitaux et services de pédiatrie ou de psychiatrie, centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), instituts médico-éducatifs (IME), SESSAD (interventions à domicile ou à l'école), crèches, maisons d'accueil spécialisées, EHPAD, centres de rééducation, cabinet libéral. Environ un tiers des psychomotriciens exercent en libéral, les autres sont salariés du public ou du privé associatif — et beaucoup cumulent plusieurs mi-temps dans des structures différentes.
Les horaires sont plutôt réguliers, en journée et en semaine, avec peu de nuits ou de week-ends : c'est l'un des attraits du métier. En revanche il faut être physiquement disponible : on travaille beaucoup au sol, debout, en mouvement, parfois en portant ou en accompagnant un patient. Le métier est aussi exigeant émotionnellement (handicap lourd, fin de vie, troubles psychiatriques) : savoir prendre du recul et se faire superviser est essentiel. Le télétravail n'est pas envisageable, hormis quelques séances de guidance parentale à distance.
Après quelques années, on se spécialise souvent via un DU ou un DIU : autisme et troubles du neurodéveloppement, périnatalité et prise en charge du nouveau-né, gériatrie et maladie d'Alzheimer, troubles des apprentissages, douleur, thérapie psychocorporelle. Beaucoup s'installent alors en libéral, seuls ou en maison de santé pluriprofessionnelle.
Autres voies : le diplôme de cadre de santé (accessible après 4 ans d'exercice) pour encadrer un service ou enseigner en institut de formation, un master en sciences de l'éducation, en santé publique ou en psychologie pour aller vers la recherche, la formation ou la coordination de projet. Certains créent leur propre structure ou se réorientent vers des métiers proches (ergothérapie, psychologie, enseignement spécialisé) grâce à des passerelles.
La demande est solide et en croissance : besoins liés au repérage précoce des troubles du neurodéveloppement (autisme, TDAH, troubles Dys), au vieillissement de la population (EHPAD, Alzheimer) et au développement des plateformes de coordination TND. Les offres sont nombreuses, notamment en SESSAD, IME, EHPAD et établissements psychiatriques, et plusieurs régions rurales peinent à recruter. Selon les données InserJeunes 2024, environ 64 % des diplômés sont en emploi salarié six mois après la fin de leur formation. Attention toutefois : les postes sont fréquemment à temps partiel (d'où le cumul de plusieurs employeurs), la concurrence est plus forte dans les grandes villes et surtout en Île-de-France, et l'installation en libéral demande de se constituer une patientèle dans un contexte où les séances restent majoritairement à la charge des familles.