Dans la fonction publique hospitalière, un ergothérapeute débutant est rémunéré autour de 1 950 à 2 050 € brut par mois (hors primes et Ségur), et sa grille peut le mener au-delà de 3 500 € brut en fin de carrière. Dans le privé (cliniques, associations, EHPAD), un débutant se situe plutôt autour de 2 100 € brut. En libéral, les revenus nets tournent souvent entre 2 500 € et 3 500 € par mois, avec des pointes plus hautes selon le volume d'activité et l'organisation du cabinet — mais les actes d'ergothérapie ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie, ce qui rend l'activité dépendante des mutuelles, des aides MDPH et des conventions. Les écarts viennent surtout du secteur, de l'ancienneté, des primes (nuit, week-end, spécificité) et de la spécialisation.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Un seul diplôme permet d'exercer : le diplôme d'État (DE) d'ergothérapeute, préparé en 3 ans dans un institut de formation en ergothérapie (IFE). Il vaut 180 crédits ECTS et confère le grade de licence. L'admission se fait principalement via Parcoursup après le bac (sur dossier, parfois avec entretien), ou après une première année universitaire : PASS, L.AS, L1 STAPS ou L1 scientifique. Quelques IFE recrutent encore sur concours ou via la formation continue.
Au bac général, les spécialités les plus utiles sont SVT, physique-chimie et mathématiques ; le bac technologique ST2S est également une porte d'entrée. La formation alterne cours (anatomie, physiologie, pathologies, sciences humaines, technologies de la réadaptation, fabrication d'orthèses) et environ 36 semaines de stages. L'attestation AFGSU niveau 2 est validée pendant le cursus. Après le DE, les ergothérapeutes doivent s'enregistrer auprès de l'ARS pour obtenir leur numéro RPPS (ex-ADELI). Attention : les IFE sont peu nombreux (une trentaine en France) et beaucoup sont payants, y compris certains privés — un point à anticiper dans son projet.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par une évaluation : l'ergothérapeute rencontre la personne, discute avec elle et sa famille, et la met en situation réelle (préparer un café, monter un escalier, utiliser un clavier). Objectif : comprendre ce qu'elle sait encore faire, ce qui bloque, et ce qui compte vraiment pour elle. À partir de ce bilan, il pose un « diagnostic ergothérapique » et construit un projet d'intervention personnalisé.
Ensuite, place à l'action. Il fait travailler la préhension d'une main après un AVC, réentraîne la mémoire et l'organisation d'un adolescent après un traumatisme crânien, apprend à une personne amputée à réutiliser sa prothèse au quotidien. Il conçoit et fabrique aussi des orthèses et des attelles sur mesure (thermoformage), teste et préconise des aides techniques : fauteuil roulant adapté, couverts lestés, logiciel de dictée vocale, domotique. Une grande partie du métier consiste enfin à adapter l'environnement plutôt que la personne : plans d'aménagement du domicile, du poste de travail ou de la salle de classe, conseils aux aidants, montage de dossiers de financement (MDPH). Chaque séance donne lieu à des comptes rendus et à un suivi des progrès, partagé avec l'équipe soignante.
L'ergothérapeute exerce toujours sur prescription médicale. Environ la moitié de la profession travaille à l'hôpital (neurologie, traumatologie, rhumatologie, pédiatrie, psychiatrie), le reste en centre de rééducation et de réadaptation, en EHPAD, en établissement médico-social, en service de soins à domicile, en milieu scolaire — et de plus en plus en libéral, avec des visites chez les patients.
Les horaires sont plutôt confortables pour un métier de santé : journée classique, souvent 35 heures entre 8h30 et 17h30, avec très peu de nuits et de week-ends. Le travail est physiquement modéré mais bien réel — on est debout, on aide aux transferts, on manipule du matériel — et il demande une bonne dose d'énergie relationnelle : on accompagne des personnes en pleine rupture de vie, parfois sur des mois. On travaille rarement seul : médecins, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychomotriciens, infirmiers, éducateurs et travailleurs sociaux gravitent autour du même patient.
Avec l'expérience, on se spécialise : gériatrie et maladie d'Alzheimer, troubles du neurodéveloppement et autisme, troubles « dys » chez l'enfant, main et grands brûlés, santé mentale, réadaptation de l'appareillage. Des diplômes universitaires et des masters (santé publique, ingénierie de la réadaptation, sciences de la rééducation) permettent d'approfondir ou de bifurquer.
Après quatre ans d'exercice, le diplôme de cadre de santé ouvre l'encadrement d'équipe, puis la direction des soins ou d'établissement. D'autres pistes existent hors soin : formateur en institut de formation en ergothérapie, chercheur en CHU, ergonome en entreprise, conseiller en accessibilité pour une collectivité ou un bailleur, chargé de conception de produits et de logements adaptés chez un industriel ou un assureur. L'installation en libéral, longtemps marginale, se développe fortement, notamment autour du maintien à domicile des personnes âgées.
Le marché est porteur : plus de 1 000 à 1 400 offres sont en ligne en permanence sur les grands sites d'emploi, et de nombreux établissements peinent à recruter, en particulier en EHPAD, en soins à domicile et hors des grandes métropoles. Le vieillissement de la population, la politique de maintien à domicile, la prise en charge des troubles du neurodéveloppement et l'obligation d'accessibilité alimentent une demande durable. Les débouchés restent majoritairement salariés (hôpital, centres de rééducation, secteur médico-social), l'hôpital représentant environ 46 % de la profession, mais l'exercice libéral progresse vite. Le nombre de places en IFE reste limité, ce qui maintient une insertion rapide après le diplôme. Des passerelles s'ouvrent aussi vers l'ergonomie, la conception de produits, l'aménagement urbain et les assurances.