Attention, c'est le point faible du métier. La grille indiciaire AESH compte 11 échelons, gravis environ tous les 3 ans : de 1 826 € à 2 240 € brut par mois **pour un temps plein (100 %)**, soit environ 1 495 € à 1 710 € net. Mais très peu d'AESH travaillent à temps plein : le contrat type est de 24 h/semaine (quotité 62 %), ce qui ramène la paie réelle autour de 1 130 € brut, soit environ 900 à 950 € net en début de carrière. S'y ajoutent une indemnité de fonctions d'environ 1 529 € brut par an (versée mensuellement), la prime REP/REP+ en éducation prioritaire, et une majoration pour les AESH référents. Le passage en CDI après 3 ans sécurise l'emploi mais ne change pas la grille.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Pas de concours ni de diplôme unique : on est recruté par le rectorat (DSDEN) si l'on remplit l'une de ces trois conditions — être titulaire d'un baccalauréat (ou d'un titre de niveau 4 équivalent), détenir le DEAES (diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social), ou justifier d'au moins 9 mois d'expérience dans l'accompagnement de personnes en situation de handicap (stages et services civiques compris). Un extrait de casier judiciaire (bulletin n°2) vierge est exigé.
À la prise de poste, une formation d'adaptation à l'emploi de 60 heures est obligatoire : notions sur le handicap, troubles du neurodéveloppement, posture professionnelle, outils d'adaptation. Elle est organisée et rémunérée par l'Éducation nationale, puis complétée par des formations continues académiques.
Les bacs professionnels du secteur (ASSP, SAPAT) et le DEAES spécialité « accompagnement à l'éducation inclusive et à la vie ordinaire » sont les parcours les plus directs et les plus valorisés à l'embauche. Un bac général ou technologique convient aussi parfaitement. Ensuite, la formation continue (DEAES, moniteur-éducateur, éducateur spécialisé) ou la VAE permettent de sécuriser un vrai diplôme du travail social.
On peut candidater dès 18 ans, sur le portail de recrutement de son académie ou via l'espace « SIATEN / Je postule » du rectorat.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'AESH travaille aux côtés d'un ou plusieurs élèves reconnus en situation de handicap par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Concrètement, la journée se déroule en classe, à côté de l'élève : aider à sortir ses affaires, reformuler une consigne, prendre des notes ou écrire sous sa dictée, manipuler une règle ou un compas, utiliser un ordinateur ou un logiciel adapté, agrandir un document. L'objectif n'est jamais de faire le travail à la place de l'élève, mais de lever les obstacles pour qu'il puisse le faire lui-même.
L'accompagnement porte aussi sur les gestes de la vie quotidienne : se déplacer dans l'établissement, s'installer, se déshabiller, manger à la cantine, aller aux toilettes, gérer un appareillage. Et sur la vie sociale : encourager, rassurer, aider à entrer en contact avec les camarades, désamorcer un conflit, accompagner en sortie scolaire ou en EPS. L'AESH intervient auprès d'élèves très différents — troubles du spectre de l'autisme, troubles « dys », TDAH, handicap moteur, déficience visuelle ou auditive, maladie invalidante — et adapte sa posture à chacun.
Ce travail se fait toujours en binôme avec l'enseignant, qui reste responsable de la pédagogie. L'AESH participe aux réunions d'équipe de suivi de la scolarisation (ESS), rend compte de ses observations, échange avec la famille, l'enseignant référent et parfois les professionnels de santé qui suivent l'élève. Il ou elle peut accompagner un seul élève (aide individuelle), plusieurs élèves à tour de rôle (aide mutualisée) ou une classe ULIS (aide collective).
On exerce dans les écoles, collèges et lycées, publics comme privés sous contrat, au rythme du calendrier scolaire (pas de nuit, pas de week-end, vacances scolaires). Le revers de la médaille : la très grande majorité des contrats sont à temps incomplet, souvent autour de 24 heures par semaine (quotité de 62 %), parce que le temps d'accompagnement est mutualisé entre plusieurs élèves. Beaucoup d'AESH sont rattachés à un PIAL ou à un pôle d'appui à la scolarité et interviennent sur deux ou trois établissements, ce qui suppose des déplacements et des emplois du temps morcelés.
Le métier demande une bonne résistance physique et nerveuse : on est debout, on se déplace, on aide parfois aux transferts, on gère des situations de crise ou de fatigue de l'élève. La discrétion professionnelle est une obligation : l'AESH connaît des informations privées sur la santé de l'élève. Le recrutement se fait par le rectorat (DSDEN), sur dossier et entretien, avec un extrait de casier judiciaire vierge exigé. Le contrat est un CDD de 3 ans renouvelable une fois ; depuis le 1er septembre 2023, un CDI peut être proposé après 3 ans de fonctions effectives et continues.
Dans le métier même, on peut devenir AESH référent, chargé d'appuyer et de conseiller les collègues d'un même département, ou se spécialiser sur un type de handicap (autisme, LSF, communication alternative). Les réflexions en cours sur l'école inclusive prévoient aussi de nouveaux postes d'assistants et conseillers en accessibilité ouverts aux AESH expérimentés.
Beaucoup d'AESH utilisent ce poste comme tremplin vers d'autres métiers du social ou de l'éducation. Avec le DEAES, le diplôme d'État de moniteur-éducateur ou d'éducateur spécialisé (accessibles en formation continue, en alternance ou par VAE), on s'oriente vers l'accompagnement en établissement médico-social. D'autres préparent le concours de professeur des écoles (CRPE) après une licence, passent le CAP petite enfance pour devenir ATSEM, ou rejoignent les métiers d'assistant d'éducation, d'aide-soignant ou de technicien de l'intervention sociale et familiale. Les heures passées auprès d'élèves en situation de handicap comptent comme expérience professionnelle valorisable dans tous ces parcours.
C'est l'un des métiers qui recrute le plus dans l'Éducation nationale : les AESH forment aujourd'hui le deuxième effectif du ministère, avec une croissance d'environ 70 % depuis 2017, et pourtant la demande dépasse toujours l'offre. Chaque année, autour de 10 % des enfants notifiés par la MDPH n'obtiennent aucune solution d'accompagnement ou seulement une solution partielle, et les besoins augmentent d'environ 9 % par an. Les académies recrutent en continu, y compris en cours d'année, dans tous les départements — y compris en zone rurale. Le budget 2026 prévoit encore 1 200 créations de postes, jugées insuffisantes par les organisations syndicales. En clair : trouver un poste est facile, trouver un temps plein correctement rémunéré l'est beaucoup moins. Le turnover reste élevé pour cette raison, ce qui entretient les recrutements.