En début de carrière, un orthoptiste salarié gagne environ 1 950 € brut par mois (1 944 € brut dans la fonction publique hospitalière, un peu plus dans le privé). Avec l'expérience, un salarié atteint 2 500 à 3 500 € brut mensuels ; en fonction publique, la grille de catégorie A et le complément de traitement indiciaire (183 € net) s'y ajoutent. En libéral, la rémunération dépend de la patientèle et des charges : on cite couramment 2 500 à 3 500 € net mensuels pour un cabinet installé, et jusqu'à 4 000-4 500 € net en collaboration avec un ophtalmologiste sur des plages d'examens denses. Attention : en libéral, ces montants sont des bénéfices avant cotisations sociales et impôts, et il faut retrancher les charges du cabinet (local, matériel, secrétariat).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est réglementé : il faut impérativement le certificat de capacité d'orthoptiste (CCO), qui se prépare en 3 ans (6 semestres, 180 ECTS) dans une UFR de médecine. Il confère le grade de licence (niveau 6, bac+3). L'admission se fait sur Parcoursup, sur dossier et selon les établissements avec entretien ou épreuves d'aptitude ; la sélection est forte pour un nombre de places limité (une quinzaine d'écoles en France, rattachées aux facultés de médecine : Paris Cité, Strasbourg, Nantes, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille, Montpellier, Marseille...).
Au lycée, le bac général avec les spécialités SVT et/ou physique-chimie est le profil le plus adapté ; le bac STL ou ST2S peut aussi passer. La formation mêle anatomie et physiologie de l'œil, optique, neurologie, pathologies oculaires, techniques d'examen et de rééducation, avec de nombreux stages cliniques et un mémoire à soutenir en 3ᵉ année.
Après le diplôme, la formation continue est la règle (DPC obligatoire) et de nombreux DU permettent de se spécialiser.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'orthoptiste reçoit des patients de tous âges — un enfant de 3 ans qui louche, un lycéen qui a mal à la tête devant ses écrans, un adulte qui voit double après un accident, une personne âgée atteinte de DMLA. Sa première mission est le bilan orthoptique : mesure de l'acuité visuelle, test de la vision binoculaire (les deux yeux travaillent-ils ensemble ?), examen des mouvements oculaires, champ visuel, réfraction. Il utilise des appareils spécialisés (réfractomètre automatique, lampe à fente, champ visuel automatisé, rétinographe, OCT).
À partir de ce bilan, il construit un programme de rééducation : séances d'exercices visuels progressifs, parfois sur ordinateur, souvent sous forme de jeux avec les jeunes enfants. Il assure aussi une part importante de dépistage et de prévention, et il explique — aux patients comme aux parents — ce qui se passe et pourquoi il faut être assidu. Depuis les évolutions réglementaires récentes, l'orthoptiste peut aussi réaliser certains examens en délégation pour l'ophtalmologiste (« travail aidé ») et prescrire ou renouveler des corrections optiques dans un cadre précis, ce qui a beaucoup élargi son rôle.
La majorité des orthoptistes travaillent en cabinet : soit leur propre cabinet libéral, soit en collaboration au sein d'un cabinet d'ophtalmologie ou d'un centre de santé visuelle. Les autres sont salariés à l'hôpital, en clinique, en centre de rééducation pour déficients visuels ou en structure médico-sociale. Certains interviennent en PMI ou en milieu scolaire pour du dépistage.
Le travail se fait assis, dans une pièce d'examen souvent en lumière tamisée, avec beaucoup de contact humain : on enchaîne les patients, chaque séance dure entre 20 et 45 minutes. Les journées sont bien remplies et, en cabinet, les créneaux les plus demandés sont tôt le matin, en fin de journée et parfois le samedi matin. Le métier ne se fait pas à distance : la présence physique est indispensable pour les examens comme pour la rééducation. En libéral, il faut aussi assumer la gestion du cabinet (rendez-vous, facturation, cotation, comptabilité).
Avec l'expérience, on se spécialise via des diplômes universitaires : basse vision, strabologie, neuro-ophtalmologie, troubles neurovisuels et troubles des apprentissages, ergonomie visuelle au travail. Ces spécialités font de l'orthoptiste le référent de sa structure sur des prises en charge complexes.
Autres trajectoires : s'installer à son compte ou s'associer, devenir cadre de santé (concours accessible 4 ans après le diplôme) pour encadrer une équipe paramédicale, enseigner dans une école d'orthoptie, ou rejoindre l'industrie (fabricants d'équipements ophtalmiques, laboratoires) comme formateur ou spécialiste produit. Le certificat de capacité valant grade de licence, il ouvre aussi la porte à un master (santé publique, sciences de la vision) et à la recherche.
Le marché est très porteur. La France compte un peu plus de 5 000 orthoptistes pour une demande de soins visuels qui augmente fortement (vieillissement de la population, DMLA, diabète, explosion de la myopie chez les jeunes, temps d'écran). La pénurie d'ophtalmologistes a conduit les pouvoirs publics à élargir les compétences des orthoptistes (protocoles de délégation, primo-prescription de corrections optiques pour les 16-42 ans, dépistage du jeune enfant), ce qui a mécaniquement dopé les recrutements. Conséquence concrète : les diplômés trouvent un poste très rapidement, souvent avant même la fin des études, et les cabinets d'ophtalmologie, centres de santé visuelle et hôpitaux peinent à recruter partout en France. Plus de la moitié des professionnels exercent en libéral ou en exercice mixte. Les tensions sont particulièrement fortes hors des grandes métropoles.