Un IDEC débutant (donc déjà infirmier expérimenté) démarre autour de 2 500 à 2 800 € brut par mois. Avec de l'ancienneté et selon la taille de l'établissement, la rémunération monte généralement entre 3 300 et 3 900 € brut, la moyenne observée tournant autour de 3 350 € brut mensuel. France Travail annonce une fourchette de 2 000 à 3 365 € brut. Dans la fonction publique hospitalière, le salaire suit la grille des infirmiers en soins généraux, complétée par les primes du Ségur de la santé et une prime de fonction. Dans le privé, tout dépend de la convention collective de l'établissement (CCN 51, CCN 66, Synerpa) : les groupes privés lucratifs proposent souvent des primes d'objectifs et une part variable. Les astreintes sont rémunérées en supplément.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le point de départ obligatoire est le diplôme d'État d'infirmier (DE), préparé en 3 ans en IFSI après le bac (admission via Parcoursup), qui confère le grade de licence. Il faut ensuite exercer comme infirmier : la plupart des employeurs demandent 3 à 5 ans d'expérience minimum avant d'accéder à un poste d'IDEC. Aucun diplôme spécifique n'est légalement exigé pour la fonction, mais une formation complémentaire est très recherchée : DU « Infirmier référent et coordinateur d'EHPAD et de SSIAD » (Université Paris Cité et autres facultés), formation « Coordonnateur de parcours d'accompagnement et de soins » de la Croix-Rouge Compétence, certification « Gestionnaire de SSIAD » (CESEGH / Université de Montpellier), ou formations courtes en management d'équipe soignante. Le diplôme de cadre de santé (IFCS, 10 mois après 4 ans d'exercice) reste la voie la plus reconnue, et un master en management des organisations sanitaires et sociales est un plus pour évoluer vers la direction.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'IDEC commence souvent sa journée par un point avec l'équipe soignante : qui est présent, quels résidents ou patients nécessitent une attention particulière, quelles entrées et sorties sont prévues. Il construit et ajuste les plannings, gère les remplacements, accueille les nouveaux arrivants et les forme aux protocoles de l'établissement.
Une grande partie de son temps est consacrée à la coordination : il appelle le médecin traitant ou le médecin coordonnateur, organise un transport vers l'hôpital, prépare le retour à domicile d'un patient, transmet les informations aux infirmiers libéraux ou aux kinés. Il reçoit aussi les familles pour expliquer un changement de traitement, rassurer, désamorcer une inquiétude. Il participe à l'élaboration des projets de soins personnalisés, vérifie que les protocoles sont appliqués, contrôle les stocks de médicaments et de matériel médical, et alimente les indicateurs qualité de l'établissement.
En pratique, l'IDEC réalise peu de soins directs : sa valeur ajoutée est organisationnelle. Il garde toutefois son diplôme d'infirmier et peut prêter main-forte à l'équipe en cas d'urgence ou d'absence.
On trouve des IDEC surtout en EHPAD, en SSIAD (services de soins infirmiers à domicile), en HAD (hospitalisation à domicile), dans les services d'aide à domicile, mais aussi à l'hôpital, notamment en cancérologie où l'infirmier de coordination suit les patients tout au long de leur parcours. Le décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025 a d'ailleurs officialisé les missions de l'IDEC en EHPAD, ce qui renforce la reconnaissance du poste.
Les horaires sont plutôt de journée, du lundi au vendredi, ce qui change beaucoup de la vie d'un infirmier en poste de 12 heures ou de nuit. En contrepartie, des astreintes, des week-ends ou des rappels sont fréquents, et la charge mentale est réelle : l'IDEC absorbe les tensions de l'équipe, les attentes des familles et les exigences de la direction. Le poste demande d'être présent sur le terrain, donc le télétravail reste très marginal — au mieux quelques heures de travail administratif à distance dans certaines fonctions de coordination de parcours.
L'IDEC est déjà une évolution du métier d'infirmier. Ensuite, plusieurs portes s'ouvrent : passer le diplôme de cadre de santé pour encadrer un service hospitalier, viser un poste de directeur adjoint ou de directeur d'établissement médico-social avec un master en management des organisations sanitaires et sociales, ou devenir formateur en IFSI. Certains se spécialisent dans la qualité et la gestion des risques, d'autres rejoignent des directions de groupes privés (Korian, Emera, DomusVi) comme référents régionaux. Un retour vers le soin direct, en pratique avancée (IPA) par exemple, reste également possible.
Le vieillissement de la population, le développement du maintien à domicile et la structuration des parcours de soins font exploser les besoins en coordination. Les offres d'emploi sont nombreuses et durables : plusieurs centaines de postes d'IDEC en EHPAD sont publiés en permanence sur les plateformes d'emploi, sans compter les SSIAD, HAD, services d'aide à domicile et dispositifs d'appui à la coordination (DAC). Le décret du 4 septembre 2025 qui inscrit officiellement l'IDEC dans l'équipe pluridisciplinaire des EHPAD devrait encore renforcer la demande. La difficulté principale des employeurs est de trouver des infirmiers expérimentés acceptant de quitter le soin direct pour un poste d'organisation.