En début de carrière, comptez environ 1 900 à 2 200 € brut par mois (grille de la fonction publique hospitalière ou de l'Éducation nationale, primes comprises dont le complément Ségur de 183 € nets). Dans le privé, un infirmier de santé au travail débute plutôt entre 2 200 et 2 600 € brut ; le salaire médian du métier en entreprise se situe autour de 3 200-3 300 € brut mensuels. Après plusieurs années, la fourchette monte à 3 000-3 800 € brut selon la convention collective, la taille de l'employeur et la région (Île-de-France mieux payée). Les postes en grande industrie, en énergie ou en aéronautique sont les mieux rémunérés ; l'Éducation nationale reste la voie la moins bien payée mais offre stabilité et rythme scolaire.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le passage obligé est le diplôme d'État d'infirmier (DE), préparé en 3 ans en IFSI (Institut de formation en soins infirmiers), accessible après le bac via Parcoursup (sur dossier) ou en reconversion. Il confère le grade de licence.
La prévention n'est pas un métier accessible directement à la sortie de l'IFSI : les employeurs demandent souvent 1 à 3 ans d'expérience en soins, puis une formation complémentaire selon le terrain : - santé au travail : DIU ou DU « Santé au travail — qualification infirmier » (DIUST), désormais encadré par le décret du 27 décembre 2022 et exigé pour exercer en service de prévention et santé au travail ; - santé scolaire : concours d'infirmier de l'Éducation nationale et de l'enseignement supérieur (concours sur titres avec épreuve écrite et orale), complété par des DU santé scolaire ; - santé publique : licence pro ou master santé publique / promotion de la santé, DU éducation thérapeutique du patient (ETP), DU tabacologie, DU santé sexuelle.
Enfin, le DE d'infirmier en pratique avancée (IPA), mention « pathologies chroniques stabilisées, prévention et polypathologies courantes en soins primaires », se prépare en 2 ans après le DE et amène à bac+5.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'infirmier de prévention passe ses journées auprès d'un public précis : élèves d'un collège ou d'un lycée, salariés d'une entreprise, étudiants d'une université, habitants d'un quartier. Il réalise des visites et entretiens de santé (dépistage de la vue et de l'audition, poids et taille, tension, questionnaire sur le mode de vie), participe aux campagnes de vaccination et de dépistage, et reçoit en consultation ceux qui vont mal — un ado stressé, un salarié qui dort mal, quelqu'un qui a besoin d'un contraceptif ou d'une orientation vers un médecin.
L'autre moitié du métier, c'est la prévention collective : préparer et animer des séances sur le sommeil, les écrans, l'alimentation, les addictions, la vie affective, les gestes de premiers secours ou les risques professionnels (bruit, produits chimiques, gestes répétitifs). L'infirmier de prévention conçoit des supports, anime des ateliers, forme parfois d'autres professionnels ou encadre des stagiaires. Il tient aussi les dossiers de santé, rédige des rapports d'activité et repère les situations à signaler (protection de l'enfance, inaptitude au poste).
On exerce en établissement scolaire, en service de prévention et santé au travail (SPST), dans une grande entreprise, en collectivité territoriale, en PMI, à l'université ou dans une association. Les horaires sont généralement de journée, du lundi au vendredi, sans gardes ni nuits — c'est un des grands attraits du métier pour les infirmiers qui quittent l'hôpital. Le travail est peu physique mais demande beaucoup de déplacements : d'un site à l'autre, d'un établissement à l'autre. Le télétravail reste ponctuel (préparation d'actions, rapports, réunions).
Grosse particularité : on travaille souvent seul dans son infirmerie, ce qui exige de l'autonomie et un vrai sens des responsabilités, tout en collaborant avec le médecin du travail, les chefs d'établissement, les enseignants, les assistants sociaux, les psychologues ou les représentants du personnel. Le secret professionnel est central : on est souvent le premier adulte à qui un jeune ou un salarié ose parler.
Avec de l'expérience, on peut se spécialiser (santé au travail via un DIU, santé scolaire, éducation thérapeutique, tabacologie, santé sexuelle), devenir infirmier coordinateur ou cadre de santé, piloter un service de prévention ou des programmes de santé publique dans une agence régionale de santé ou une caisse d'assurance maladie. Le diplôme d'infirmier en pratique avancée (IPA), en deux ans après le DE, ouvre des responsabilités élargies. D'autres bifurquent vers la formation, l'ergonomie, la qualité-sécurité-environnement (QSE) en entreprise, ou reviennent au soin classique — le DE d'infirmier reste la porte d'entrée universelle.
La demande est solide et structurellement supérieure à l'offre. Côté santé au travail, la réforme de 2021-2022 a renforcé le rôle des infirmiers dans les services de prévention et santé au travail, qui recrutent activement pour compenser la pénurie de médecins du travail. Côté scolaire, plus de 440 postes ont été ouverts au concours d'infirmier de l'Éducation nationale et de l'enseignement supérieur en 2026, dans un contexte de forte attention portée à la santé mentale des jeunes. S'ajoutent les besoins des collectivités, des PMI, des universités (SUMPPS), des mutuelles et des associations de prévention. Le principal frein n'est pas le manque de postes mais l'expérience demandée : la plupart des employeurs attendent quelques années de pratique infirmière avant de basculer vers la prévention.