En début de carrière, comptez environ 1 885 € à 2 200 € brut par mois selon le secteur et la convention collective. Le salaire médian du métier tourne autour de 3 200 € à 3 300 € brut mensuel (environ 2 550 € net), soit près de 39 500 € brut par an. Les profils expérimentés en grande entreprise ou en service autonome peuvent atteindre 4 000 à 4 200 € brut mensuel (jusqu'à 50 000 € brut annuels). Dans la fonction publique hospitalière ou territoriale, la rémunération suit la grille indiciaire des infirmiers, avec le complément de traitement (Ségur, 183 € net/mois). Les salaires sont généralement plus élevés en région parisienne et dans l'industrie (chimie, énergie, aéronautique).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le passage obligé est le diplôme d'État d'infirmier (DE Infirmier), préparé en 3 ans en IFSI (institut de formation en soins infirmiers), accessible après le bac via Parcoursup. Il confère le grade de licence (bac+3, 180 ECTS).
On ne devient pas infirmier de santé au travail directement après l'IFSI : la plupart des professionnels commencent par quelques années en soins (hôpital, clinique, EHPAD) avant de bifurquer. Depuis le décret n° 2022-1664 du 27 décembre 2022, entré en vigueur le 31 mars 2023, tout infirmier exerçant en service de prévention et de santé au travail doit suivre une formation spécifique de 240 heures théoriques complétées par 105 heures de stage pratique. L'employeur doit l'y inscrire dans les 12 mois suivant le recrutement et en assumer le coût. Cette formation prend le plus souvent la forme d'un DIUST (diplôme inter-universitaire de santé au travail) ou d'une licence professionnelle en santé et sécurité au travail, proposés en formation continue par de nombreuses universités.
Des compléments utiles : DU d'ergonomie, DU de psychologie du travail, formation de formateur SST (sauveteur secouriste du travail).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'infirmier de santé au travail (souvent appelé IDEST) passe une grande partie de sa journée en entretien avec des salariés. Ces « visites d'information et de prévention » servent à faire le point sur l'état de santé de la personne, ses conditions de travail, sa fatigue, son sommeil, ses éventuelles douleurs. Il mesure aussi la vue, l'audition, la tension, réalise des tests selon des protocoles écrits avec le médecin du travail, et alerte celui-ci quand une situation le nécessite.
Le reste du temps est consacré à la prévention collective : visite des ateliers et des bureaux pour repérer les risques (bruit, produits chimiques, postures, port de charges, risques psychosociaux), participation à l'analyse des postes de travail, préparation de campagnes de sensibilisation (tabac, sommeil, gestes et postures, secourisme), organisation de séances de vaccination. Il gère également les urgences et les petits soins sur site — coupure, malaise, accident du travail — et tient à jour les dossiers médicaux en santé au travail, dans le respect strict du secret professionnel.
On exerce soit dans un service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPST), qui suit les salariés de centaines d'entreprises adhérentes, soit directement dans une grande entreprise, un hôpital ou une collectivité (service autonome). Les horaires sont l'un des grands attraits du métier : journées régulières, généralement sans nuit ni week-end, contrairement au travail à l'hôpital. Des déplacements sont fréquents entre les sites suivis, parfois en centre mobile.
L'infirmier travaille toujours en équipe pluridisciplinaire : médecin du travail, ergonome, psychologue du travail, intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP), assistant de service social. Il agit sous protocoles écrits validés par le médecin — une position qui demande beaucoup d'autonomie mais aussi un cadre réglementaire précis. Depuis le décret du 27 décembre 2022, tout infirmier recruté en santé au travail doit suivre une formation spécifique (240 h de théorie + 105 h de stage) dans les 12 mois suivant son embauche.
Avec l'expérience, on peut se spécialiser sur un secteur (industrie, BTP, tertiaire, fonction publique), devenir référent sur une thématique (risques psychosociaux, addictions, troubles musculo-squelettiques), ou coordonner une équipe d'infirmiers dans un grand SPST. Des passerelles existent vers l'ergonomie, la qualité-sécurité-environnement (QSE), la formation (formateur SST, prévention des risques), ou l'encadrement via le diplôme de cadre de santé. À l'inverse, le retour vers les soins classiques (hôpital, libéral, scolaire) reste toujours possible puisque le diplôme d'État d'infirmier ne se perd pas.
Le marché est très porteur. La pénurie de médecins du travail pousse les services de prévention et de santé au travail à recruter massivement des infirmiers, à qui la loi confie des missions de plus en plus larges (visites d'information et de prévention, entretiens infirmiers, suivi individuel). Le secteur santé-action sociale reste le premier recruteur de France, avec environ 36 700 projets d'embauche d'infirmiers et sages-femmes prévus en 2026 selon France Travail. Côté santé au travail, la demande dépasse largement l'offre : c'est aussi une voie de reconversion très recherchée par les infirmiers hospitaliers en quête d'horaires plus réguliers, ce qui rend les postes attractifs mais parfois disputés dans les grandes entreprises. La création annoncée d'une pratique avancée en santé au travail devrait encore renforcer le rôle et l'attractivité du métier.