Dans la fonction publique hospitalière, la grille démarre autour de 1 950 € brut par mois en début de carrière (environ 1 520 € net) et monte jusqu'à environ 3 580 € brut en fin de carrière. S'y ajoutent des primes qui pèsent lourd : indemnités de nuit, dimanche et jours fériés, astreintes, prime de sujétion spéciale et indemnité pour travail sous rayonnements ionisants (médecine nucléaire, radiothérapie). Dans le privé (cliniques, centres et cabinets d'imagerie), la pénurie de professionnels pousse les rémunérations vers le haut : 2 000 à 2 900 € brut dès le début, et des offres jusqu'à 3 500-4 000 € brut sur les postes difficiles à pourvoir ou en intérim. L'exercice en libéral est possible mais reste minoritaire.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est réglementé : il faut obligatoirement l'un des deux diplômes reconnus, tous deux en 3 ans après le bac (6 semestres, 180 crédits ECTS, grade licence).
- Le DE de manipulateur d'électroradiologie médicale (DEMEM), délivré par le ministère de la Santé, préparé dans un IFMEM (institut de formation, souvent rattaché à un CHU). - Le DTS imagerie médicale et radiologie thérapeutique (DTS IMRT), délivré par le ministère de l'Enseignement supérieur, préparé en lycée.
Les deux se valent pour exercer : mêmes compétences, même durée, même grade. L'admission se fait via Parcoursup après un bac général (spécialités scientifiques recommandées : SVT, physique-chimie, maths) ou un bac technologique ST2S ou STL. La formation alterne cours théoriques (anatomie, physique des rayonnements, radioprotection, imagerie, soins) et stages cliniques (60 ECTS de stage). L'accès est aussi possible en apprentissage dans certaines régions, et en formation continue pour des professionnels de santé déjà diplômés. Le taux d'insertion est proche de 100 % dans les 6 mois suivant le diplôme.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un manipulateur d'électroradiologie médicale s'organise autour des examens inscrits sur son planning. Il accueille le patient, vérifie la prescription du médecin, lui explique ce qui va se passer et l'installe dans la bonne position — parfois délicate quand la personne est âgée, blessée ou angoissée. Il règle ensuite l'appareil (radiographie, scanner, IRM, mammographe, gamma-caméra) et déclenche l'examen depuis une console.
Selon le service où il travaille, ses missions changent beaucoup. En imagerie médicale, il produit et retraite les images avant de les transmettre au radiologue qui les interprète. En médecine nucléaire, il prépare et injecte des produits radiopharmaceutiques. En radiothérapie, il positionne au millimètre les patients traités contre un cancer et délivre les séances d'irradiation, souvent en accompagnant les mêmes personnes pendant plusieurs semaines. Il assiste aussi le médecin au bloc opératoire ou en imagerie interventionnelle. Entre deux examens, il contrôle le bon fonctionnement du matériel, assure la maintenance de premier niveau et applique les règles de radioprotection — port du tablier de plomb, dosimètre, principe de la dose la plus faible possible pour le patient comme pour l'équipe.
Le manipulateur exerce toujours sur prescription et sous la responsabilité d'un médecin, mais il est très autonome dans la conduite technique de l'examen. Environ 85 % des professionnels travaillent en imagerie médicale (hôpital public, clinique, cabinet ou centre d'imagerie privé), les autres en médecine nucléaire et en radiothérapie. Le métier se pratique debout, avec beaucoup de manutention de patients et de matériel lourd : une bonne condition physique est nécessaire.
À l'hôpital, l'imagerie fonctionne 24 h/24 : horaires en 7 h 30, 10 h ou 12 h, gardes de nuit, week-ends, jours fériés et astreintes, compensés par des primes. En cabinet ou en centre d'imagerie privé, les horaires sont nettement plus réguliers. Le contact humain est permanent : on enchaîne les patients, souvent inquiets ou souffrants, et il faut savoir les mettre en confiance très vite. L'exposition aux rayonnements ionisants est encadrée par un suivi dosimétrique et une surveillance médicale renforcée.
Après quelques années, on peut se spécialiser : IRM, scanner, échographie, imagerie interventionnelle, dosimétrie en radiothérapie, ou devenir référent en radioprotection ou en qualité. Avec 4 ans d'expérience, le concours de cadre de santé ouvre l'accès à l'encadrement d'équipe, à la formation en IFMEM ou, plus loin, à la direction des soins. Le diplôme conférant le grade de licence, il permet aussi de poursuivre en master (physique médicale, ingénierie de la santé, imagerie, santé publique, recherche clinique) ou de rejoindre un fabricant de matériel d'imagerie comme spécialiste d'applications. Enfin, des passerelles existent vers d'autres formations paramédicales ou vers les études de santé.
C'est l'un des métiers paramédicaux les plus en tension en France. Le vieillissement de la population, la multiplication des examens d'imagerie et les départs en retraite créent un écart durable entre le nombre de diplômés et les besoins des établissements. Résultat : une insertion quasi immédiate après le diplôme (près de 100 % dans les 6 mois), plus de 15 000 offres publiées sur 12 mois et une forte marge de négociation salariale, particulièrement dans le privé et dans les zones rurales ou peu attractives. Les employeurs sont les hôpitaux publics, les cliniques, les centres et cabinets d'imagerie, les centres de lutte contre le cancer, ainsi que les fabricants de matériel médical pour les postes d'applications. La mobilité géographique est un vrai atout : on trouve du travail dans toutes les régions.