Un débutant démarre autour du SMIC ou légèrement au-dessus : environ 1 800 à 1 950 € brut par mois en province, 1 950 à 2 200 € à Paris. Le salaire médian du métier tourne autour de 1 900 € brut mensuel (≈ 22 800 € brut annuel). Après quelques années, un profil confirmé se situe vers 2 100-2 300 € brut, et un senior ou un spécialiste (voyages d'affaires, croisières haut de gamme) peut atteindre 2 500 à 2 800 € brut. La plupart des postes comportent une part variable liée aux objectifs de vente. À la rémunération s'ajoutent des avantages en nature très appréciés dans le secteur : tarifs agents sur les vols et séjours, réductions partenaires et éductours (voyages de découverte pris en charge). Les conseillers indépendants (réseaux de mandataires) sont rémunérés à la commission, avec des revenus très variables selon le portefeuille clients.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale reste le BTS Tourisme (bac+2), qui forme à la vente de prestations, à la connaissance des destinations, aux langues et aux outils de réservation ; il se prépare en lycée, en école spécialisée, en alternance ou à distance (CNED). Il est accessible après un bac général, un bac STMG ou un bac pro Métiers de l'accueil.
Une entrée plus rapide est possible avec le titre professionnel Conseiller vendeur en voyages (niveau bac, RNCP niveau 4), proposé notamment par l'AFPA et plusieurs écoles privées : formation courte, très opérationnelle, ouverte aussi en reconversion. Un niveau d'anglais A2+/B1 y est exigé à l'entrée.
Pour aller plus loin, on peut poursuivre en licence professionnelle mention métiers du tourisme (commercialisation des produits touristiques) ou en BUT Techniques de commercialisation, puis viser des bachelors et masters en management du tourisme pour les postes d'encadrement ou de chef de produit.
Dans tous les cas, deux atouts font vraiment la différence sur un CV : la maîtrise d'un GDS (Amadeus en tête) et un bon niveau d'anglais. Une expérience personnelle de voyage ou un stage à l'étranger sont également très valorisés.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Derrière un comptoir d'agence, au téléphone ou par chat, le conseiller en voyages commence par écouter : quel budget, quelles dates, quelles envies, voyage en famille ou déplacement professionnel ? À partir de là, il compose une offre. Il fouille les catalogues des tour-opérateurs, compare les prix, construit parfois un itinéraire de A à Z (on parle alors de « voyage sur mesure »). Il réserve les billets d'avion ou de train via un GDS — un logiciel professionnel de réservation comme Amadeus ou Sabre —, bloque les hôtels, ajoute une location de voiture, des excursions, une assurance annulation.
Une grande partie du travail est administrative et juridique : établir un devis, encaisser l'acompte, éditer les documents de voyage, vérifier les formalités (passeport, visa, vaccins). Il informe aussi le client sur les conditions d'annulation, sujet devenu très sensible. Et quand un vol est annulé ou qu'un hôtel fait défaut pendant le séjour, c'est lui qu'on appelle : il trouve une solution, relance le prestataire, gère le litige au retour.
Le métier est essentiellement sédentaire : on travaille assis, devant deux écrans, dans une agence de quartier, au siège d'un réseau, chez un tour-opérateur ou dans un centre d'appels d'agence en ligne. Les horaires suivent ceux du commerce — le samedi est souvent travaillé, et les périodes de forte activité (janvier-mars pour l'été, novembre-décembre pour les fêtes) sont intenses. Le télétravail se développe surtout dans les agences en ligne, les plateaux de voyages d'affaires et chez les conseillers indépendants qui travaillent depuis chez eux.
La pression commerciale est réelle : la plupart des postes ont des objectifs de chiffre d'affaires, avec une part variable. En contrepartie, le secteur offre des avantages appréciés — tarifs préférentiels sur les vols et les séjours, et surtout les « éductours », des voyages de découverte organisés par les prestataires pour former les conseillers à leurs destinations.
Après quelques années, on peut se spécialiser sur un créneau à forte valeur : croisières, voyages de noces, grands voyageurs, tourisme d'aventure, ou voyages d'affaires (business travel), un segment plus technique et mieux rémunéré. D'autres évoluent vers la conception : forfaitiste ou chef de produit chez un tour-opérateur, c'est-à-dire celui qui crée et négocie les séjours au lieu de les vendre. La voie managériale mène à responsable ou directeur d'agence, puis à l'animation d'un réseau de points de vente. Enfin, beaucoup se mettent à leur compte comme conseillers indépendants affiliés à un réseau de mandataires, en travaillant depuis chez eux avec leur propre portefeuille de clients.
Le volume d'offres est important dans le tourisme, mais les agences de voyages ne représentent qu'une petite part des tensions de recrutement du secteur (environ 3 %, loin derrière la restauration et l'hébergement). Le métier a été profondément transformé par la digitalisation : la billetterie simple et une partie du voyage d'affaires sont parties vers les plateformes en ligne, et le nombre de points de vente physiques a reculé. En contrepartie, la profession se repositionne sur le conseil expert et le sur-mesure — c'est précisément là que se créent les postes. Les profils les plus recherchés combinent sens du service, maîtrise des outils de réservation en ligne et spécialisation sur une destination ou un type de voyage. Le recrutement suit des cycles saisonniers marqués : CDD et intérim en haute saison coexistent avec un socle de CDI. L'alternance (BTS Tourisme, titre professionnel) est une porte d'entrée très efficace.