En agence, un débutant salarié perçoit généralement un fixe de 1 750 à 2 100 € brut/mois (minimum de la convention collective de l'immobilier) auquel s'ajoutent des commissions représentant environ 20 à 40 % des honoraires encaissés par l'agence. Cela correspond à 20 000-30 000 € brut/an la première année. Un conseiller confirmé se situe plutôt entre 35 000 et 60 000 € brut/an (soit environ 3 000 à 5 000 € brut/mois), et les meilleurs profils, notamment en immobilier de luxe ou d'entreprise, dépassent 80 000 €. En mandataire indépendant, il n'y a **pas de fixe** : la rétrocession d'honoraires est bien plus élevée (souvent 70 à 99 %), mais les revenus des premiers mois peuvent être nuls, le temps de constituer un portefeuille. La rémunération dépend donc très directement du nombre et du montant des ventes conclues, et du dynamisme du marché local.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est le BTS Professions immobilières (PI), accessible après un bac général, un bac STMG ou un bac pro (Métiers du commerce et de la vente, AGOrA), et très souvent proposé en alternance. Le BTS NDRC (Négociation et digitalisation de la relation client) ou le BTS MCO constituent une bonne alternative pour ceux qui visent d'abord le profil commercial.
À bac+3, la licence professionnelle Métiers de l'immobilier : transaction et commercialisation de biens immobiliers, un bachelor immobilier (ESPI, IMSI, ICH-Cnam, ESI...) ou une licence de droit / AES ouvrent des postes plus qualifiés et permettent d'obtenir la carte professionnelle. Les profils bac+5 (master droit immobilier, master gestion de patrimoine, école de commerce) sont surtout recherchés en immobilier d'entreprise et en gestion d'actifs.
Point important : le métier reste accessible sans diplôme spécifique pour les profils commerciaux expérimentés, notamment sous statut d'agent commercial mandataire, à condition d'être habilité par un détenteur de la carte T. En revanche, pour exercer à son compte et détenir soi-même la carte professionnelle T, la loi Hoguet exige un bac+3 dans le domaine juridique/économique/commercial, un BTS PI (bac+2) ou une expérience professionnelle salariée dans l'immobilier (de 3 à 10 ans selon le niveau de diplôme). La formation continue loi ALUR (14 h/an ou 42 h/3 ans, dont 2 h de déontologie et 2 h de non-discrimination) est ensuite obligatoire pour conserver son habilitation.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un conseiller immobilier commence souvent par la prospection : repérer les biens à vendre dans son secteur, appeler des propriétaires, distribuer des flyers, relancer son réseau ou traiter les demandes reçues en ligne. Quand un propriétaire est intéressé, il se déplace pour estimer le bien : surface, état, quartier, diagnostics techniques (dont le DPE), comparaison avec les ventes récentes du secteur. Si le prix est validé, il signe un mandat (le contrat qui l'autorise à commercialiser le bien), photographie le logement, rédige l'annonce et la diffuse sur les portails et les réseaux sociaux.
L'après-midi est en général réservé aux visites avec les acheteurs ou locataires potentiels, souvent plusieurs dans la même journée. Le conseiller qualifie les candidats (budget, capacité d'emprunt, projet), répond à leurs questions techniques et juridiques, puis fait le lien entre vendeur et acheteur pour faire converger les prix. Quand un accord est trouvé, il monte le dossier, sécurise le financement avec la banque ou le courtier, et accompagne les deux parties jusqu'à la signature du compromis puis de l'acte authentique chez le notaire. Entre deux rendez-vous : e-mails, appels, mise à jour du fichier clients et suivi des dossiers en cours.
Le métier se pratique entre le bureau, la voiture et les biens visités. Le permis B est quasiment indispensable : on couvre un secteur géographique et on enchaîne les déplacements. Les horaires sont très variables : il faut s'adapter aux disponibilités des clients, donc travailler en fin de journée, en soirée et surtout le samedi, jour clé pour les visites. Le télétravail est possible pour la partie administrative et la prospection téléphonique — les réseaux de mandataires fonctionnent d'ailleurs sans agence physique — mais les visites et les estimations se font forcément sur le terrain.
Deux statuts coexistent. En agence salariée, on a un fixe (souvent proche du SMIC ou un peu au-dessus selon la convention collective de l'immobilier) complété par des commissions. En agent commercial / mandataire indépendant (Century 21, IAD, Safti, Capifrance, Optimhome...), on est à 100 % au variable, avec une part d'honoraires bien plus élevée mais aucun revenu garanti. Dans les deux cas, il faut être habilité par un titulaire de la carte professionnelle T (loi Hoguet) et suivre la formation continue loi ALUR : 14 h par an ou 42 h sur 3 ans. C'est un métier motivant mais exigeant psychologiquement : beaucoup de refus, de mandats qui n'aboutissent pas, et un turnover important les premières années.
Après quelques années et un bon carnet d'adresses, on peut se spécialiser : immobilier de luxe, immobilier d'entreprise et commerces, neuf/VEFA, viager, terrains, ou devenir chasseur immobilier (mandaté par l'acheteur). D'autres évoluent vers l'encadrement : responsable de secteur, directeur d'agence, animateur de réseau de mandataires. Avec la carte professionnelle, il est possible d'ouvrir sa propre agence ou de rejoindre un réseau en franchise.
Les passerelles vers les métiers voisins sont nombreuses : gestion locative, syndic de copropriété, gestion de patrimoine, courtage en crédit immobilier, promotion immobilière, ou expertise/évaluation immobilière. À l'inverse, le métier accueille beaucoup de personnes en reconversion venant de la vente, de la banque ou du BTP, car l'expérience commerciale y compte souvent autant que le diplôme.
Le secteur reste très demandeur : environ 70 000 offres déposées auprès de France Travail sur douze mois pour le code ROME C1504, et des recrutements dans toutes les régions (Pays de la Loire, PACA, Nouvelle-Aquitaine et Île-de-France en tête). Les réseaux de mandataires (IAD, Safti, Capifrance, Optimhome...) recrutent massivement et constituent aujourd'hui la principale porte d'entrée pour les profils sans diplôme immobilier. Attention toutefois : ce volume d'offres traduit aussi un **fort turnover** — beaucoup de nouveaux arrivants abandonnent dans les deux premières années faute de revenus suffisants au démarrage. Le marché est également sensible à la conjoncture (taux de crédit, volume de transactions) : après un net ralentissement en 2023-2024, l'activité s'est redressée et les recruteurs privilégient désormais des profils maîtrisant la réglementation (DPE, rénovation énergétique) et les outils digitaux.