En cabinet, un consultant junior démarre généralement entre 1 900 € et 2 400 € brut par mois (soit environ 24 000 à 30 000 € brut par an). Après quelques années, la rémunération se situe le plus souvent entre 2 500 € et 3 500 € brut mensuels, et un consultant senior ou chef de projet dépasse 3 500 € à 4 500 € brut, voire davantage en position de directeur de mission ou d'associé. Dans la fonction publique territoriale (comité régional ou départemental du tourisme, collectivité), les grilles sont plus resserrées et les débuts proches de 2 000 € brut. En indépendant, la rémunération dépend du carnet de commandes : les tarifs journaliers se situent souvent entre 400 € et 900 € HT, mais l'activité est irrégulière les premières années. Primes et intéressement existent dans les cabinets privés.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est un master mention tourisme (Bac+5), avec un parcours orienté ingénierie ou développement : « Management et ingénierie du tourisme » et « Tourisme et développement » à l'ISTHIA (Université Toulouse - Jean Jaurès), « Ingénierie touristique et culturelle » (Le Havre), les masters de l'IREST (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), de l'Université Gustave Eiffel, de l'ESTHUA (Angers), de Savoie Mont-Blanc ou de La Rochelle. Les masters d'urbanisme et aménagement, de géographie, de développement local, de management culturel ou d'école de commerce (spécialisation tourisme) mènent aussi au métier, tout comme les MSc/MBA d'écoles spécialisées.
Le parcours se construit souvent par étapes : BTS tourisme ou BUT techniques de commercialisation (Bac+2), puis licence mention tourisme ou licence professionnelle métiers du tourisme (Bac+3), puis master. L'alternance et les stages sont déterminants : les recruteurs attendent une première expérience de terrain (office de tourisme, comité départemental ou régional du tourisme, agence, tour-opérateur) avant de confier des missions de conseil. L'anglais courant est indispensable, une seconde langue est un vrai plus, et la maîtrise des outils de données (Excel avancé, statistiques, SIG/cartographie) fait souvent la différence.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le consultant tourisme travaille par missions, pour des clients variés : une communauté de communes qui veut développer son attractivité, un office de tourisme qui cherche à moderniser son offre, un parc de loisirs, un hôtelier, une région ou une agence de voyages. Concrètement, il commence toujours par un diagnostic : il collecte et analyse des données (fréquentation, retombées économiques, profils de clientèle, concurrence), interroge les acteurs locaux — élus, hébergeurs, restaurateurs, associations — et va observer le terrain.
Vient ensuite la partie création : il élabore des stratégies de développement touristique, imagine de nouveaux produits (itinéraires de randonnée, offres œnotouristiques, séjours accessibles, expériences numériques), construit des plans marketing et rédige des recommandations. Il réalise aussi des études de faisabilité et de rentabilité pour les projets d'investissement : combien coûtera cet équipement, combien de visiteurs faut-il pour l'équilibrer, quelles subventions mobiliser ? Une grande partie du temps se passe donc à produire des livrables — rapports, présentations, business plans — et à les défendre devant des comités de pilotage. Il représente enfin ses clients dans des salons professionnels et anime des réunions ou des ateliers avec les acteurs d'une destination.
La base est un travail de bureau (analyse, rédaction, tableurs, cartographie), en cabinet de conseil spécialisé, en agence de développement, dans un comité régional ou départemental du tourisme, ou en indépendant. Mais le métier ne se fait pas depuis un fauteuil : les déplacements sont fréquents, souvent sur plusieurs jours, pour visiter les sites, rencontrer les clients et présenter les résultats. Le permis de conduire est presque toujours attendu.
Les horaires sont globalement de bureau, mais deviennent variables et parfois tendus à l'approche d'une remise de rapport ou d'une soutenance : réunions publiques en soirée, salons le week-end, pics d'activité avant les dépôts de dossiers de financement. Le télétravail partiel est courant dans les cabinets (souvent 1 à 2 jours par semaine), mais le 100 % à distance reste rare parce que le terrain fait partie du métier. La charge physique est faible, hormis la marche lors des repérages et la fatigue liée aux trajets. On travaille rarement seul : les missions se mènent en équipe projet, avec des architectes, urbanistes, géographes ou spécialistes du marketing.
On devient rarement consultant tourisme juste après le diplôme : la voie classique passe par 2 à 5 ans comme chargé de mission ou chargé de développement touristique dans une collectivité, un office de tourisme ou un opérateur privé, avant de rejoindre un cabinet. À l'intérieur du conseil, la progression va de consultant junior à consultant senior, puis chef de projet, manager et directeur de mission ou associé.
Beaucoup se spécialisent : tourisme durable et transition écologique des destinations, tourisme culturel et patrimonial, montagne et stations, œnotourisme, tourisme d'affaires, marketing digital et données. D'autres passent « de l'autre côté » et prennent la direction d'un office de tourisme, d'un pays d'accueil touristique ou d'un service tourisme en collectivité. Enfin, l'indépendance est une évolution très courante : après quelques années, nombre de consultants créent leur propre cabinet ou travaillent en réseau de free-lances. Les passerelles vers l'urbanisme, le développement local, l'événementiel ou le marketing territorial restent largement ouvertes.
Le tourisme pèse près de deux millions d'emplois en France et reste un secteur porteur, mais le conseil en ingénierie touristique est un **marché de niche** : les cabinets spécialisés sont peu nombreux et recrutent au compte-gouttes, souvent des profils ayant déjà une expérience de terrain. Les offres proviennent des cabinets de conseil, des agences de développement, des comités régionaux et départementaux du tourisme, des grands opérateurs privés (groupes hôteliers, exploitants de sites et de loisirs) et des collectivités. La demande est soutenue par plusieurs tendances de fond : transition écologique et adaptation des destinations au changement climatique (notamment en montagne et sur le littoral), diversification des stations, valorisation du patrimoine, digitalisation et exploitation des données de fréquentation, montée du tourisme durable et de l'accessibilité. Le revers : l'activité dépend fortement des budgets publics et des cycles économiques, et une crise (sanitaire, énergétique) se répercute vite sur les commandes. Les alternances et stages restent la meilleure porte d'entrée.