Un directeur ou une directrice débutant, à la tête d'un petit office, démarre autour de 2 200 à 2 500 € brut par mois. La convention collective des organismes de tourisme fixe des minima allant d'environ 1 900 € à un peu plus de 4 270 € brut mensuels selon le niveau et l'échelon (valeur du point revalorisée en 2025-2026). Avec de l'expérience et à la tête d'une destination importante, la rémunération se situe couramment entre 3 500 et 4 500 € brut par mois, les plus grandes structures (métropoles, grandes stations) pouvant dépasser ce niveau — les moyennes déclarées sur Glassdoor et Indeed tournent autour de 53 000 à 54 000 € brut annuels tous niveaux confondus. Le statut (association, EPIC, fonction publique territoriale) influence fortement la grille appliquée.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme unique menant à ce poste : c'est une combinaison formation + expérience. Le socle minimum est un bac+2/+3 (BTS Tourisme, BUT, licence professionnelle métiers du tourisme), suffisant pour diriger un petit office après quelques années sur le terrain. Pour les offices intercommunaux et les grandes destinations, les recruteurs attendent généralement un bac+5 : master Tourisme (parcours management des destinations, développement touristique des territoires, marketing du tourisme), diplôme d'école de commerce ou d'école spécialisée (ESTHUA Angers, IREST Paris 1, ISTHIA Toulouse, Excelia Tourism School, Vatel…). Un passage en alternance est très apprécié car il apporte l'expérience terrain indispensable. En reconversion, la plupart de ces diplômes sont accessibles en formation continue ou par la VAE, et des titres professionnels de niveau bac+3 en développement touristique territorial existent également.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, le directeur ou la directrice d'office du tourisme jongle entre trois casquettes. La première, c'est la stratégie : analyser qui vient sur le territoire (familles, randonneurs, touristes étrangers, clientèle d'affaires…), repérer ce qui manque, puis construire un plan pour attirer davantage de visiteurs — ou attirer les bons visiteurs, au bon moment de l'année. Cela passe par la création de « produits » touristiques (circuits, séjours, pass, visites guidées), par des campagnes de communication et par la présence sur le web et les réseaux sociaux.
La deuxième casquette, c'est la gestion. L'office de tourisme est une structure à faire tourner : une équipe de quelques personnes à une trentaine selon la taille (conseillers en séjour, chargés de communication, saisonniers), un budget alimenté par les subventions des collectivités, la taxe de séjour et les recettes propres (boutique, billetterie, commissions). Recruter, planifier les saisons, suivre les comptes, répondre aux marchés publics, rendre des comptes au comité de direction et aux élus font partie du travail.
La troisième, c'est le relationnel de terrain. Il faut connaître son territoire par cœur et entretenir le lien avec tous ceux qui le font vivre : mairie et intercommunalité, hôteliers, campings, restaurateurs, gestionnaires de sites patrimoniaux, associations culturelles et sportives, comité départemental et régional du tourisme. Le directeur ou la directrice recueille et met à jour l'offre (hébergements, événements, programmes), coordonne l'organisation d'animations et représente la destination lors de salons professionnels.
Le poste se vit surtout depuis un bureau, mais on ne reste pas assis : visites de prestataires, réunions en mairie, présence lors des événements, déplacements sur des salons. Les horaires sont variables et suivent le rythme de la saison — en juillet-août dans une station balnéaire ou en février à la montagne, les soirées et les week-ends sont chargés ; l'intersaison est plus calme et sert à préparer l'année suivante. Une partie du travail (rédaction, pilotage, veille) peut se faire à distance, mais la présence sur le terrain reste indispensable.
Les structures sont variées : association loi 1901, EPIC (établissement public industriel et commercial), régie municipale ou société publique locale. Le statut du directeur varie en conséquence : salarié relevant de la convention collective des organismes de tourisme, contractuel ou fonctionnaire territorial. Dans les petites structures, on fait un peu de tout, y compris l'accueil au comptoir ; dans les grandes destinations, le poste devient très managérial et politique.
On arrive rarement directement à ce poste : le parcours classique passe par quelques années comme conseiller en séjour, chargé de promotion, responsable communication ou adjoint de direction dans un office. Ensuite, l'évolution se fait surtout par la taille de la destination : d'un office rural ou d'un syndicat d'initiative vers un office intercommunal, puis une grande station ou une métropole. Au-delà, on peut rejoindre un comité départemental ou régional du tourisme, une agence d'attractivité, une direction du tourisme en collectivité, ou basculer vers le conseil et l'ingénierie touristique. Certains se spécialisent (tourisme durable, tourisme d'affaires, marketing digital de destination) ou se tournent vers la direction d'un site patrimonial, d'un parc naturel ou d'un grand équipement de loisirs.
La France compte environ 1 200 structures institutionnelles du tourisme fédérées par ADN Tourisme (offices de tourisme, comités départementaux et régionaux), pour près de 14 200 salariés, dont plus de 1 500 offices de tourisme. Le secteur recrute régulièrement, mais les **postes de direction restent peu nombreux** et très convoités : ils se libèrent surtout par départ à la retraite, mobilité ou lors des regroupements d'offices à l'échelle intercommunale. La concurrence est forte entre candidats bac+5 et les employeurs attendent une expérience solide dans le tourisme. Les tendances 2026 — digitalisation de la promotion et des réservations, tourisme durable, gestion des flux et marketing de territoire — valorisent les profils à l'aise avec le numérique et les données. Une bonne stratégie : entrer par un poste de conseiller en séjour, chargé de promotion ou responsable de pôle, puis viser la direction.