Chez Météo-France, le technicien supérieur de la météorologie est fonctionnaire de catégorie B : le traitement brut va d'environ 1 954 € par mois au 1er échelon à environ 2 914 € en fin de grille (grille indiciaire d'État), auxquels s'ajoutent les primes (RIFSEEP/IFSE), les indemnités de nuit, de dimanche et de jours fériés, et les majorations en outre-mer — soit couramment 15 à 30 % de plus que le traitement de base. Point important : on est déjà rémunéré comme élève fonctionnaire pendant les 2 ans de scolarité à l'ENM. Le passage au concours interne d'ingénieur des travaux de la météorologie, possible après quelques années, fait franchir un vrai palier salarial. Dans le privé (énergie, bureaux d'études, fabricants d'instruments), les fourchettes sont proches, avec un peu plus de variabilité selon l'entreprise.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie principale et quasi exclusive est le concours externe de technicien supérieur de la météorologie (TSM), ouvert dès le bac (bac général à dominante scientifique, ou bac technologique STI2D / STL, particulièrement apprécié pour la spécialité « instruments et installations »). Aucune condition de diplôme n'est exigée pour les parents de trois enfants et les sportifs de haut niveau.
Les lauréats intègrent l'École nationale de la météorologie (ENM) à Toulouse pour une scolarité de 2 ans (dont une année de stage), au choix en spécialité « exploitation » (TSE) ou « instruments et installations » (TSI). Point clé pour un jeune : on est élève fonctionnaire, donc rémunéré pendant la formation, en échange d'un engagement à servir l'État et d'une mobilité géographique. Le niveau de sortie correspond à un bac+2.
Le concours est très sélectif : pour la session 2026, 13 places au concours externe (5 en exploitation, 8 en instruments et installations) et 4 au concours interne. Beaucoup de candidats préparent le concours après un bac+1/bac+2 scientifique (BUT GEII ou mesures physiques, BTS CIEL ou électrotechnique, L1/L2 physique), ce qui n'est pas obligatoire mais augmente nettement les chances. Autres portes d'entrée : les services météo des armées (Air et Espace, Terre, Marine), qui forment aussi leurs techniciens, et quelques postes de technicien de mesure dans des sociétés privées ou des bureaux d'études environnement, accessibles avec un BTS/BUT scientifique.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le technicien de la météorologie collecte, contrôle et exploite les données qui décrivent l'état de l'atmosphère. Concrètement, il relève et valide les mesures issues des stations automatiques, des radars, des bouées et des satellites : température, pression, vent, précipitations, hauteur de neige, visibilité. Il traque les valeurs suspectes, corrige ou signale les erreurs, et alimente les bases de données climatiques utilisées par les prévisionnistes et les chercheurs.
Selon la spécialité, le quotidien change beaucoup. En exploitation, on participe aux observations, aux lâchers de ballons-sondes (radiosondage), à la surveillance des phénomènes dangereux, à l'élaboration et à la diffusion des bulletins — notamment pour l'aéronautique, la marine, l'agriculture ou la sécurité civile. En instruments et installations, on monte, étalonne, entretient et dépanne les capteurs, les mâts de mesure et les équipements de transmission, avec beaucoup de déplacements sur le réseau et une bonne dose d'électronique et d'informatique.
L'atmosphère ne s'arrête jamais : les relevés et la surveillance se font 24 h/24, y compris la nuit, le week-end et les jours fériés. Le travail se fait souvent en postes (parfois 12 heures d'affilée) dans les centres météorologiques, sur les aérodromes ou dans les stations d'altitude. Le développement des stations automatiques a réduit une partie du travail de nuit, mais les permanences restent la règle sur beaucoup de postes.
On alterne bureau, écrans et terrain : intervention en extérieur par tous les temps, montée sur des mâts de mesure, travail en montagne, sur le littoral ou en mer. Les affectations peuvent être lointaines — départements et régions d'outre-mer, terres australes et antarctiques françaises — avec des missions de plusieurs mois qui demandent autonomie et goût de l'aventure. La mobilité géographique fait partie du contrat, surtout en début de carrière.
Chez Météo-France, on peut passer d'une spécialité à l'autre, se spécialiser (nivologie et prévision d'avalanches, météo aéronautique, océanographie, radars, qualité des données), devenir référent technique ou encadrer une équipe dans un centre. Après quelques années, le concours interne d'ingénieur des travaux de la météorologie ouvre la voie à des fonctions de prévisionniste, de chef de projet ou de responsable d'exploitation.
Hors service public, l'expérience s'exporte vers les sociétés privées de météo et de conseil climatique, l'énergie (prévision de production éolienne et solaire), l'agriculture de précision, l'assurance, les bureaux d'études environnement ou les fabricants d'instruments de mesure. Le contexte du changement climatique rend ces compétences de mesure et de traitement de données de plus en plus recherchées.
Le métier est passionnant mais les portes d'entrée sont étroites. Le recrutement se fait presque exclusivement par concours à Météo-France, avec un nombre de places très limité : 13 postes au concours externe pour la session 2026 (5 en « exploitation », 8 en « instruments et installations »), plus quelques recrutements internes et un recrutement par la voie du handicap. Les effectifs de l'établissement sont plutôt en baisse depuis quinze ans, l'automatisation des stations ayant réduit les besoins en observation manuelle. Les armées (Air et Espace, Terre, Marine) offrent quelques postes complémentaires de météorologistes militaires. En revanche, la demande progresse côté privé pour les profils sachant instrumenter et fiabiliser des données environnementales : énergies renouvelables (prévision de production éolienne et solaire), agriculture de précision, assurance, qualité de l'air, bureaux d'études climat. Conseil concret : prépare sérieusement le concours (maths, physique, anglais), accepte la mobilité géographique — les postes en outre-mer et en altitude sont souvent moins demandés — et vise aussi les métiers voisins de la mesure environnementale.