Pendant la thèse, le contrat doctoral tourne autour de 2 100 à 2 300 € brut par mois. Un chargé de recherche débutant dans le public (CNRS, Météo-France, CEA) démarre autour de 2 300 à 2 700 € brut, soit environ 28 000 à 33 000 € brut par an, avec une progression indiciaire lente ; un directeur de recherche expérimenté dépasse 4 000 à 4 500 € brut. Dans le privé (assurance et réassurance, énergie, bureaux d'études climat), les débuts sont plus élevés — souvent 3 000 à 3 800 € brut — et les profils confirmés peuvent atteindre 5 000 à 6 000 € brut. Les missions de terrain et les postes à l'étranger s'accompagnent généralement de primes ou d'indemnités.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours type est long et scientifique : bac général avec spécialités maths et physique-chimie (ou NSI / SVT), puis licence (sciences de la Terre, physique, mathématiques appliquées, informatique) ou classe préparatoire scientifique. Vient ensuite un master bac+5, le plus direct étant le master mention Sciences de l'océan, de l'atmosphère et du climat (Sorbonne Université, Toulouse III, Lyon 1), ou un diplôme d'ingénieur — notamment celui de l'École nationale de la météorologie (ENM) à Toulouse, accessible sur concours après CPGE ou après un M1 scientifique. Le doctorat (3 ans, bac+8) est en pratique indispensable pour les postes de recherche et de modélisation ; il se prépare dans un laboratoire (IPSL, LSCE, LMD, CNRM, LEGOS…) sur un contrat doctoral. Une double compétence en informatique scientifique (Python, Fortran, calcul parallèle) ou en statistiques est un vrai atout, et un post-doctorat à l'étranger est très fréquent avant un poste stable.
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Le quotidien d'un ou d'une spécialiste en modélisation climatique se passe surtout devant des écrans, mais pas pour faire de la bureautique : il s'agit d'écrire et de faire tourner des modèles numériques, c'est-à-dire des programmes qui reproduisent le fonctionnement de l'atmosphère, des océans, des glaces et des sols à partir d'équations de physique. Concrètement, on récupère et on nettoie d'énormes jeux de données (mesures de stations météo, relevés satellitaires, carottes de glace, bouées océaniques), on lance des simulations sur un supercalculateur, puis on analyse les sorties avec des outils statistiques pour repérer des tendances, des anomalies ou des scénarios possibles.
Une bonne partie du temps est aussi consacrée à améliorer les modèles eux-mêmes : mieux représenter les nuages, la fonte des calottes polaires, le cycle du carbone… Chaque amélioration se compare aux observations réelles pour vérifier que le modèle « colle » au climat passé avant de lui faire prévoir le futur. Le reste du travail est de la communication scientifique : rédiger des articles dans des revues internationales, présenter ses résultats en conférence, contribuer à des rapports d'expertise (type GIEC) et parfois répondre aux médias ou aux collectivités qui veulent savoir à quoi s'attendre localement.
La grande majorité des postes se trouvent dans la recherche publique : laboratoires du CNRS, de l'IPSL, du CEA, de l'IRD, de Météo-France, universités. Des postes existent aussi dans des organismes publics (ADEME, agences de l'eau), des bureaux d'études, des sociétés d'assurance et de réassurance qui modélisent le risque climatique, des énergéticiens ou des ONG. Les horaires sont plutôt réguliers, avec des pics d'intensité avant une échéance de projet, un rapport ou une soumission d'article. Le télétravail partiel est courant, puisque le travail se fait sur des serveurs de calcul accessibles à distance, mais la vie de laboratoire (séminaires, réunions d'équipe, encadrement) reste importante.
Ce n'est pas un métier physique, mais il peut comporter des missions de terrain : campagnes de mesure en mer, en montagne, aux pôles ou en zone tropicale, parfois dans des conditions rudes et sur plusieurs semaines. La dimension internationale est forte : l'anglais est la langue de travail, les projets sont européens ou mondiaux, et il est fréquent de faire un ou deux post-doctorats à l'étranger avant de se stabiliser.
Après le doctorat, le parcours classique passe par des contrats post-doctoraux, puis par un concours pour devenir chargé ou chargée de recherche, avant d'évoluer vers directeur ou directrice de recherche, responsable d'équipe ou coordination de grands programmes internationaux. On peut aussi se spécialiser : paléoclimat, océanographie physique, modélisation régionale, calcul haute performance, intelligence artificielle appliquée au climat.
Beaucoup de profils bifurquent vers le privé ou l'action publique, où les compétences en données et en modélisation sont très recherchées : expert en risques climatiques dans l'assurance, consultant en adaptation et bilan carbone, ingénieur data dans l'énergie ou l'agriculture, chargé de mission climat en collectivité, ou encore métiers de la médiation scientifique et de l'expertise auprès des décideurs.
La demande d'expertise climatique explose : collectivités, assureurs, énergéticiens, agriculture, ONG et institutions internationales cherchent des profils capables de produire et d'interpréter des projections climatiques. En revanche, les postes permanents dans la recherche publique restent rares et se décrochent sur concours, après plusieurs années de post-doctorat, souvent à l'international. Autrement dit : la compétence est très recherchée, mais le chemin vers un poste académique stable est long et sélectif. Les débouchés les plus dynamiques se trouvent aujourd'hui dans les services climatiques privés, la modélisation du risque et le conseil en adaptation.