En début de carrière, comptez environ 2 000 à 2 400 € brut par mois (soit 24 000 à 32 000 € brut annuels selon les offres publiées). Après quelques années d'expérience, la rémunération se situe plutôt entre 2 700 et 3 500 € brut, et peut dépasser 3 500 à 4 000 € brut sur un poste de responsable de service ou en bureau d'études. Dans la fonction publique territoriale, le poste relève du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux : le traitement indiciaire (environ 1 900 € brut au 1er échelon) est complété par le régime indemnitaire (RIFSEEP), qui représente souvent 25 à 40 % de la rémunération totale.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est un bac général (spécialités mathématiques, physique-chimie ou SVT) suivi d'un parcours Bac+5 dans l'eau et l'environnement : master mention sciences de l'eau, master génie de l'environnement ou hydrologie, ou école d'ingénieurs spécialisée (ENGEES Strasbourg, Polytech Montpellier génie de l'eau, ENTPE, INSA, ENSEGID Bordeaux, ESITC…). Les profils génie civil ou aménagement du territoire avec une coloration hydraulique sont également recherchés.
Une voie progressive existe aussi : BTS métiers de l'eau ou BTSA GEMEAU (gestion et maîtrise de l'eau), puis licence professionnelle « métiers de la protection et de la gestion de l'environnement » ou « gestion et maîtrise de l'eau », et éventuellement poursuite en master. Certains postes de chargé de mission dans de petites collectivités sont ouverts à Bac+2/Bac+3 avec de l'expérience, mais la majorité des annonces demandent un Bac+5.
Dans la fonction publique territoriale, le poste correspond au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux (catégorie A) : on y accède par concours ou, très fréquemment, par contrat (CDD de 3 ans renouvelable). L'alternance est une excellente porte d'entrée : de nombreuses collectivités et bureaux d'études accueillent des apprentis en master ou en école d'ingénieurs.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, le chargé de mission eaux pluviales alterne entre son bureau et le terrain. Il commence souvent par comprendre son territoire : cartographier les réseaux d'eaux pluviales avec un logiciel de SIG (QGIS, ArcGIS), repérer les points noirs d'inondation, identifier les zones où l'eau peut s'infiltrer et celles où elle ruisselle trop vite parce que tout est bitumé. Il réalise ou pilote des études hydrologiques et hydrauliques, parfois avec des modèles numériques qui simulent une pluie d'orage sur un quartier.
Ensuite vient la partie projet : rédiger un schéma directeur ou un zonage pluvial, monter des cahiers des charges, lancer des marchés publics, suivre des bureaux d'études et des entreprises de travaux. Il conçoit ou fait concevoir des aménagements « à la source » — noues enherbées, jardins de pluie, chaussées drainantes, bassins de rétention, toitures végétalisées, désimperméabilisation de cours d'école — et vérifie leur bon dimensionnement.
Une bonne partie du métier consiste aussi à convaincre et à expliquer : instruire les demandes d'aménageurs et de promoteurs, conseiller les communes, présenter un projet à des élus ou à des riverains, animer des réunions publiques, monter des dossiers de subvention auprès de l'agence de l'eau. Il assure enfin une veille réglementaire (loi sur l'eau, règlement de service, doctrines locales) pour que le territoire reste conforme.
Le métier s'exerce très majoritairement dans la fonction publique territoriale : communautés d'agglomération, métropoles, syndicats mixtes de rivière ou d'assainissement, parfois agences de l'eau, EPTB ou services de l'État. Il existe aussi des postes équivalents dans les bureaux d'études techniques (ingénierie de l'eau et de l'environnement) et chez les délégataires de service public.
Les horaires sont plutôt réguliers (35 à 39 h par semaine), avec des réunions en soirée quand il faut rencontrer des élus ou des habitants, et des astreintes ou des sorties imprévues lors d'épisodes pluvieux importants. Le poste combine du travail sur écran (études, rapports, cartographie, marchés) et des visites de terrain : relevés de réseaux, visites de chantier, inspection d'ouvrages — d'où l'utilité du permis B et de vêtements de sécurité. Le télétravail est courant mais partiel, car le terrain et les réunions restent centraux.
Après quelques années, on peut prendre la responsabilité d'un service (responsable eaux pluviales, responsable assainissement, directeur du cycle de l'eau) et encadrer une équipe. D'autres se spécialisent : modélisation hydraulique, gestion du risque inondation et GEMAPI, hydrologie urbaine, désimperméabilisation et solutions fondées sur la nature. Le passage collectivité ↔ bureau d'études ↔ agence de l'eau est fréquent et valorisé. Avec de l'expérience, certains deviennent chefs de projet en ingénierie privée, experts indépendants ou formateurs sur la gestion intégrée des eaux pluviales.
Le marché est porteur. Depuis le transfert de la compétence eaux pluviales urbaines aux intercommunalités et la montée en puissance de la GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), les collectivités créent des postes dédiés — souvent en peinant à trouver des candidats formés. La multiplication des épisodes de pluies intenses, les plans de désimperméabilisation et les financements des agences de l'eau entretiennent la demande. Les offres viennent surtout des communautés d'agglomération, métropoles, syndicats mixtes et EPTB (via emploi-territorial.fr et choisirleservicepublic.gouv.fr), mais aussi des bureaux d'études en ingénierie de l'eau et des délégataires. C'est un métier de niche : les postes sont dispersés sur tout le territoire, ce qui demande souvent de la mobilité géographique en début de carrière.