Tabaculteur / Tabacultrice

Tabacultrice
À partir du CAP / BEP Emploi : Difficile
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Tabaculteur / Tabacultrice
Trent Haddock / Unsplash
Salaire net ~1 404 – 2 340 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le tabaculteur cultive une plante à part : du semis en mars jusqu'au séchage des feuilles à l'automne, il pilote toutes les étapes d'une production très technique et entièrement mécanisée. En France, ils ne sont plus que 500 environ, répartis dans le Sud-Ouest, le Grand Est et l'Auvergne-Rhône-Alpes, et vendent leur récolte à des coopératives qui l'exportent. Un métier de plein air, exigeant physiquement, où l'on est presque toujours chef de sa propre exploitation.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 404 €
net / mois
≈ 1,0 SMIC
1 800 € brut
Expérimenté
2 340 €
net / mois
≈ 1,6 SMIC
3 000 € brut

Comme salarié agricole, on démarre au SMIC (environ 1 800 € brut/mois) ; un ouvrier qualifié ou un chef de culture expérimenté atteint 2 200 à 2 800 € brut. Les saisonniers de la récolte sont payés au SMIC horaire. Pour un exploitant, il ne s'agit pas d'un salaire mais d'un revenu : la coopérative CT2F évoquait un produit brut d'environ 10 000 € par hectare de tabac Virginie conventionnel, avec un prix payé au producteur autour de 3,40 €/kg (et jusqu'à 5,90 €/kg en bio). Avec une surface moyenne de 2,6 ha par producteur, le tabac est presque toujours un atelier complémentaire : le revenu final dépend de l'ensemble de l'exploitation, des charges (main-d'œuvre saisonnière, énergie des séchoirs, irrigation) et des aléas climatiques.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)

Le métier est accessible avec un diplôme agricole de niveau CAP (CAP agricole Métiers de l'agriculture), voire sans diplôme pour les postes saisonniers de récolte, où seule l'expérience compte. Mais pour s'installer à son compte, le Bac pro CGEA (Conduite et gestion de l'entreprise agricole) est la voie la plus courante : complété par le plan de professionnalisation personnalisé (PPP), il donne la capacité professionnelle agricole (CPA), indispensable pour obtenir les aides à l'installation (DJA). Un BTSA ACSE ou APV (Bac+2) est vivement conseillé pour la partie gestion, stratégie et commercialisation. Il n'existe pas de diplôme spécifique « tabac » : la technique propre à la culture s'apprend sur le terrain et via l'encadrement technique des coopératives (CT2F, TGA/Périgord Tabac, Oxyane), qui accompagnent leurs adhérents. L'apprentissage et l'alternance sont très répandus dans les lycées agricoles et les MFR.

Diplômes les plus adaptés

Bac
Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)
Bac+2
BTSA Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise agricole (ACSE / ACS'AGRI)

Diplômes envisageables

CAP
CAP agricole Métiers de l'agriculture
Bac
Bac techno STAV (Sciences et technologies de l'agronomie et du vivant)
Bac+2
BTSA Agronomie et cultures durables (ex-APV, productions végétales)

Certifications et permis

Requis
Certiphyto (certificat individuel produits phytopharmaceutiques) Obligatoire depuis 2015 pour tout professionnel qui achète, utilise ou décide de l'usage de produits phytosanitaires, quel que soit son statut.
Atout
Capacité professionnelle agricole (CPA) Nécessaire pour bénéficier des aides à l'installation (DJA) : elle s'obtient avec un diplôme de niveau Bac agricole minimum et le plan de professionnalisation personnalisé.
Requis
Permis B Indispensable pour se déplacer entre les parcelles, les séchoirs et la coopérative en milieu rural.
Atout
Certificat de spécialisation (CS) ou formations coopératives sur la conduite du tabac Formations courtes proposées par les coopératives et chambres d'agriculture pour maîtriser l'itinéraire technique et le pilotage des séchoirs.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Important Application raisonnée des traitements phytosanitaires (Certiphyto)
Indispensable Itinéraire technique de la culture du tabac (semis flottant, plantation, écimage)
Indispensable Pilotage du séchage des feuilles (four, température, hygrométrie)
Indispensable Conduite et entretien d'engins et de matériels agricoles
Important Gestion d'exploitation : comptabilité, coûts de production, commercialisation
Un plus Irrigation et gestion de l'eau (goutte-à-goutte, aspersion)

Les qualités qui comptent

Important Autonomie et capacité de décision
Indispensable Endurance physique et résistance aux conditions climatiques
Important Sens de l'observation (repérer maladies, stade de maturité des feuilles)
Important Organisation et encadrement d'une équipe de saisonniers
Un plus Adaptabilité face aux aléas (météo, marchés, réglementation)

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Le tabaculteur suit un calendrier très précis, rythmé par la plante. En mars, il lance les semis en « flottant » : les graines sont déposées sur des plateaux alvéolaires qui flottent dans des bassins. En avril-mai, il « faucille » les jeunes plants (3 à 4 passages) pour les uniformiser, puis les plante en champ à partir de mi-mai, à raison de 28 000 à 35 000 plants par hectare. Vient ensuite le binage, le buttage, l'irrigation (de plus en plus en goutte-à-goutte), la surveillance sanitaire et l'écimage. De mi-juillet à mi-octobre, il récolte en 3 ou 4 passages, en commençant par les feuilles du bas. Les feuilles partent aussitôt dans les séchoirs, où il pilote un cycle précis : jaunissement, fixation de la couleur, montée à environ 69 °C, puis réhumidification. Il trie enfin les feuilles avant de les livrer à sa coopérative.

À côté du travail dans les champs, il gère une véritable entreprise : conduite et entretien du tracteur et des machines (planteuse, récolteuse, séchoirs), suivi des coûts, respect de la réglementation phytosanitaire, encadrement des saisonniers embauchés pour la récolte, et négociation de sa production avec la coopérative.

Les conditions de travail

C'est un métier de plein air, physique et saisonnier : longues journées en été, travail debout, courbé, port de charges (les feuilles fraîches sont lourdes), chaleur des séchoirs, et une dépendance totale à la météo. L'hiver (janvier-février) est en revanche une vraie période de repos. Le tabac se cultive rarement seul : la surface moyenne par producteur est d'environ 2,6 hectares, et c'est presque toujours un atelier au sein d'une exploitation de polyculture. Le tabaculteur est le plus souvent exploitant agricole, donc son propre patron, avec les responsabilités et les risques que cela implique. Les zones de production sont concentrées : Nouvelle-Aquitaine et Occitanie (Dordogne, Lot-et-Garonne, Tarn), Grand Est (Alsace, Bas-Rhin), Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Hauts-de-France.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement exploitation agricole, extérieur, atelier
Comment ça évolue ?

On entre souvent dans le métier par la récolte saisonnière ou comme salarié agricole, avant de devenir chef de culture puis de s'installer. Une fois installé, l'évolution passe surtout par l'agrandissement, la diversification (grandes cultures, maraîchage, semences, cultures de niche mieux valorisées) ou le passage en bio. La filière française étant en déclin, beaucoup de tabaculteurs sécurisent leur revenu en développant d'autres productions. Les compétences acquises — conduite d'engins, itinéraire technique pointu, gestion d'entreprise, encadrement d'équipe — ouvrent aussi vers des métiers de conseiller technique agricole, technicien de coopérative, responsable d'unité de production ou formateur en lycée agricole.

Perspectives d'emploi

Difficile

La filière française est en fort déclin : de 105 000 planteurs dans les années 1950, on est passé à 509 producteurs en 2023, pour 1 312 hectares et 3 677 tonnes produites (source FranceAgriMer). La France n'a plus de manufacture de produits à fumer depuis 2017, ni d'usine de première transformation depuis la fermeture de Sarlat-la-Canéda en 2019. La production s'oriente vers des marchés de niche mieux valorisés : tabac Virginie pour la chicha (narguilé), tabac français pour les e-liquides et la synthèse de nicotine, et le bio. S'installer aujourd'hui comme tabaculteur relève donc d'un choix de niche, presque toujours adossé à une exploitation de polyculture et à une coopérative (CT2F, TGA/Périgord Tabac, Oxyane) qui garantit la collecte et l'appui technique. En revanche, l'emploi saisonnier de récolte (juillet à octobre) reste accessible chaque année et constitue une bonne porte d'entrée pour découvrir le métier. Plus largement, l'agriculture recrute massivement en France, ce qui laisse de vraies passerelles vers d'autres productions.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Cultivateur / Cultivatrice de tabacPlanteur / Planteuse de tabacProducteur / Productrice de tabacExploitant agricole spécialisé en tabacOuvrier / Ouvrière tabacoleCueilleur / Cueilleuse de feuilles de tabac (saisonnier)

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéChef d'entrepriseIntérimaireApprenti / Alternant