Un aide-vendeur ou un commis démarre autour du minimum conventionnel du commerce de gros, un peu au-dessus du SMIC (environ 1 810 € brut par mois pour le premier niveau de la grille 2025). Un vendeur confirmé sur un carreau de MIN se situe fréquemment entre 2 200 et 3 300 € brut mensuels, et peut dépasser ce niveau avec de l'ancienneté et un bon portefeuille clients. La rémunération associe souvent un fixe et des commissions sur les quantités ou les marges réalisées ; s'y ajoutent des primes liées aux horaires de nuit, aux heures du week-end et parfois des paniers repas.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'y a pas de diplôme obligatoire : le métier reste accessible avec de l'expérience dans le commerce de gros ou la vente alimentaire, et beaucoup de professionnels ont démarré comme commis avant d'être formés sur le tas. Les employeurs recrutent toutefois de plus en plus au niveau bac : bac pro Technicien conseil vente en alimentation, bac pro Métiers du commerce et de la vente (option A ou B), ou CAP Équipier polyvalent du commerce pour un premier poste d'aide-vendeur.
Pour évoluer vers des fonctions d'acheteur, de commercial itinérant ou de responsable, le niveau bac+2 est la voie royale : le BTSA Technico-commercial spécialité alimentation et boissons est le plus adapté (il combine connaissance des filières agroalimentaires et techniques de vente), suivi du BTS MCO et du BTS NDRC. L'alternance est très répandue et constitue la meilleure porte d'entrée dans les entreprises de négoce.
La branche des commerces de gros propose aussi ses propres certifications : le CQP Vendeur sur site en commerces de gros et le CQP Vendeur-conseil à distance, accessibles en formation continue via CGF Campus, l'organisme de formation de la Confédération des Grossistes de France.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le vendeur grossiste en produits frais est le maillon entre ceux qui produisent (maraîchers, éleveurs, pêcheurs, coopératives) et ceux qui revendent ou cuisinent (restaurateurs, primeurs, bouchers, poissonniers, cantines scolaires, collectivités). Sa journée commence très tôt : il réceptionne les arrivages de la nuit, contrôle la qualité et la fraîcheur des lots, vérifie les températures et la traçabilité, puis installe la marchandise sur le carreau ou en chambre froide.
Vient ensuite le cœur du métier : la vente. Face à un client qui vient choisir ses cageots, ou au téléphone avec un restaurateur pressé, il conseille sur les variétés, l'origine, la saison, la maturité et la bonne conservation des produits. Il annonce les prix — qui bougent chaque jour selon les arrivages et la météo — négocie, monte les commandes, édite les bons de livraison et suit les règlements. Entre deux clients, il réapprovisionne les étals, gère les stocks pour éviter la casse (un produit frais ne se garde pas), déclenche les réassorts auprès des fournisseurs et organise les tournées de livraison.
Ce métier s'exerce dans les entrepôts et plateformes des grossistes, dans les magasins de gros et demi-gros, et surtout sur les Marchés d'Intérêt National (MIN) : Rungis, Lyon-Corbas, Marseille, Toulouse, Lille, Nantes… Les horaires sont décalés : sur un carreau, la journée démarre souvent entre 2 h et 5 h du matin et se termine en début d'après-midi ; le travail le samedi est fréquent. Une partie de l'activité se déroule en zone frigorifique (entre 0 et 4 °C) et implique de porter des colis, des cageots ou des caisses de poisson. Le respect des règles d'hygiène, de la chaîne du froid et de la traçabilité alimentaire est non négociable.
C'est un environnement vivant, bruyant, très « humain » : on se tutoie, on négocie vite, on connaît ses clients par leur prénom. Le rythme est intense mais les après-midi et les fins de journée sont souvent libres, ce qui plaît à beaucoup de professionnels du secteur.
On entre souvent comme aide-vendeur ou commis, puis on devient vendeur confirmé après quelques saisons — c'est un métier où l'expérience du produit compte autant que le diplôme. Ensuite, plusieurs portes s'ouvrent : chef de comptoir ou responsable de rayon produits frais, acheteur (aller négocier directement chez les producteurs, en France ou à l'étranger), commercial itinérant chargé d'un portefeuille de restaurateurs, responsable d'exploitation ou de plateforme logistique, voire directeur commercial. Beaucoup finissent par reprendre ou créer leur propre entreprise de négoce : le commerce de gros alimentaire reste un secteur de PME familiales où l'on peut devenir patron. Les compétences acquises (négociation, gestion des stocks, connaissance des filières) s'exportent facilement vers la grande distribution, l'industrie agroalimentaire ou les circuits courts.
Le commerce de gros alimentaire recrute et peine à se faire connaître des jeunes. La filière fruits et légumes affiche des difficultés de recrutement récurrentes (plus de la moitié des projets d'embauche sont jugés difficiles dans les métiers du secteur selon les enquêtes Besoins en main-d'œuvre de France Travail), et la Confédération des Grossistes de France est partenaire de France Travail depuis 2024 pour attirer des candidats. Les postes existent partout où il y a un MIN ou une plateforme de distribution, avec une forte concentration en Île-de-France (Rungis), en région lyonnaise, à Marseille, Nantes, Lille et Toulouse. Les horaires décalés freinent une partie des candidats — ce qui, paradoxalement, facilite l'embauche de ceux qui les acceptent. Le développement de la restauration hors domicile, des circuits courts et de la livraison de produits frais aux professionnels soutient la demande.