Exploitant / Exploitante agricole

Exploitante agricole
À partir du CAP / BEP Emploi : Favorable
Voir une vidéo
Exploitant / Exploitante agricole
Richard Bell / Unsplash
Salaire net ~1 170 – 2 730 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

L'exploitant agricole est à la fois producteur et chef d'entreprise : il cultive des céréales, des légumes ou des fruits, élève des animaux, et pilote toute la gestion de sa ferme. Chaque jour est différent, rythmé par les saisons, la météo et les besoins du troupeau ou des parcelles. C'est un métier de plein air, très concret, où l'on décide de tout : ce qu'on produit, comment on le produit et à qui on le vend.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 170 €
net / mois
< 1 SMIC
1 500 € brut
Expérimenté
2 730 €
net / mois
≈ 1,9 SMIC
3 500 € brut

Un exploitant agricole ne touche pas un « salaire » mais un revenu, égal à ce qui reste une fois les charges payées : il est donc très variable. Le revenu d'activité moyen des non-salariés agricoles tourne autour de 2 500 € par mois, mais les écarts sont énormes selon la filière et l'année. Un éleveur laitier se situe souvent entre 1 300 et 1 600 € nets par mois, alors qu'un céréalier performant ou un viticulteur en appellation peut dépasser 4 000 €. À l'inverse, certaines campagnes se soldent par un revenu très faible, voire négatif : environ un agriculteur sur six vit sous le seuil de pauvreté, et près de 40 % du revenu agricole provient des aides de la PAC. Un directeur d'exploitation salarié, lui, démarre plutôt autour de 1 900 à 2 200 € bruts par mois et peut atteindre 3 000 € et plus avec l'expérience.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)

Le métier reste accessible avec un CAP agricole (CAPa Métiers de l'agriculture) ou par l'expérience, notamment dans le cadre familial. Mais pour s'installer dans de bonnes conditions — et surtout pour toucher les aides à l'installation — il faut justifier de la capacité professionnelle agricole (CPA), qui suppose un diplôme d'au moins niveau bac agricole : bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA), bac pro Conduite et gestion de l'entreprise vitivinicole, ou BP Responsable d'entreprise agricole (BPREA), très utilisé par les personnes en reconversion (formation en 1 an, accessible dès 18 ans avec un an d'activité professionnelle). Le BTSA ACSE (Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise agricole) est la référence bac+2 pour piloter une exploitation moderne et bien maîtriser la gestion. Au-delà, une licence pro agronomie ou un diplôme d'ingénieur agronome (AgroParisTech, écoles du réseau Agro, UniLaSalle, ESA d'Angers) ouvre sur de grandes structures ou des projets techniquement pointus. La quasi-totalité de ces formations se prépare en lycée agricole, en MFR (Maisons familiales rurales) ou en CFA, très souvent en apprentissage. Un stage de parrainage ou un passage comme salarié agricole avant l'installation est fortement conseillé.

Diplômes les plus adaptés

Bac
Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)
Bac
BP Responsable d'entreprise agricole (BPREA)
Bac+2
BTSA Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise agricole (ACSE)

Diplômes envisageables

CAP
CAP agricole Métiers de l'agriculture
Bac
Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise vitivinicole
Bac+5
Diplôme d'ingénieur agronome (AgroParisTech, UniLaSalle, ESA d'Angers…)

Certifications et permis

Requis
Certiphyto « Décideur en exploitation agricole » Certificat individuel obligatoire depuis 2014 pour acheter, décider et appliquer des produits phytopharmaceutiques ; valable 5 ans.
Atout
Capacité professionnelle agricole (CPA) Non obligatoire pour exercer, mais indispensable pour bénéficier des aides à l'installation des jeunes agriculteurs.
Requis
Permis B (et permis remorque BE) Indispensable en milieu rural et pour circuler avec certains ensembles routiers agricoles.
Atout
Certificat de capacité / formation aux bonnes pratiques d'élevage Demandé pour certaines productions animales et pour le transport d'animaux vivants.
Atout
Formation HACCP et hygiène alimentaire Utile dès que l'on transforme ou vend directement ses produits (fromage, conserves, découpe).
Atout
Habilitation électrique BS / CACES engins Atout pour intervenir en sécurité sur les installations de la ferme ou conduire des engins de manutention.
Tu cherches une alternance ?

Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.

Voir les offres

Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Agronomie et conduite des cultures
Indispensable Conduite et entretien du matériel agricole
Indispensable Gestion, comptabilité et pilotage économique de l'exploitation
Important Élevage et suivi sanitaire des animaux
Important Réglementation agricole, environnementale et dossiers PAC
Important Commercialisation et négociation (coopératives, vente directe)
Un plus Mécanique et soudure de premier niveau

Les qualités qui comptent

Indispensable Autonomie et sens des responsabilités
Important Sens de l'observation
Indispensable Endurance physique et résistance au rythme des saisons
Important Capacité d'adaptation face aux aléas (météo, marchés)
Important Esprit d'entreprise et prise de décision

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

La journée d'un exploitant agricole commence tôt. En élevage, elle démarre par les soins aux animaux : alimentation, traite, surveillance sanitaire, paillage. En cultures, elle s'organise autour des travaux de saison : préparation des sols, semis, fertilisation, protection des cultures, irrigation, puis récolte. Une grande partie du temps se passe au volant d'un tracteur ou d'une machine (semoir, pulvérisateur, moissonneuse-batteuse), qu'il faut aussi entretenir et réparer soi-même.

Mais l'exploitant n'est pas seulement un producteur : c'est un chef d'entreprise. Il tient sa comptabilité, remplit ses déclarations PAC, négocie avec les coopératives, les banques et les fournisseurs, calcule ses coûts de production et fixe ses prix. De plus en plus, il commercialise lui-même une partie de sa production (vente directe, marchés, AMAP, magasins de producteurs) et gère sa communication. Il peut aussi encadrer des salariés, des saisonniers ou des apprentis. Le numérique est partout : logiciels de gestion de parcelles, GPS embarqué, capteurs, robots de traite, drones de surveillance.

Les conditions de travail

C'est un métier physique et exigeant. Les exploitants agricoles travaillent en moyenne autour de 54 heures par semaine, avec des pointes très fortes en période de moisson, de vendange ou de vêlage. Selon l'Insee, 76 % d'entre eux ne disposent pas de 48 heures consécutives de repos hebdomadaire et 60 % travaillent habituellement le dimanche : en élevage, l'astreinte quotidienne (traite matin et soir, soins) ne s'arrête ni le week-end ni les jours fériés. Le travail se fait majoritairement dehors, par tous les temps, avec du port de charges, des postures contraignantes et l'usage de machines qui exige une vraie vigilance sécurité. Le bureau existe aussi : administratif, comptabilité et suivi technique occupent plusieurs heures par semaine.

La plupart des exploitants sont non-salariés et travaillent seuls ou en famille, souvent en société (GAEC, EARL, SCEA) pour partager le matériel, les astreintes et les responsabilités. L'entraide entre voisins, les CUMA (coopératives de matériel) et les services de remplacement permettent de souffler et de prendre des congés. Le revenu est très variable et dépend des rendements, des cours mondiaux, des aides de la PAC et de la météo : c'est la principale contrainte psychologique du métier.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement exploitation agricole, extérieur, atelier, bureau
Comment ça évolue ?

Un jeune commence souvent comme ouvrier ou salarié agricole, puis s'installe — par reprise de la ferme familiale, par reprise d'une exploitation à céder ou par création. L'installation peut être aidée : l'aide à l'installation des jeunes agriculteurs (AIJA), dont le montant moyen a fortement augmenté ces dernières années, suppose de détenir la capacité professionnelle agricole (diplôme de niveau bac agricole minimum) et de bâtir un projet d'entreprise validé.

Ensuite, on fait évoluer son exploitation : agrandissement, conversion en agriculture biologique, diversification (transformation à la ferme, vente directe, agritourisme, gîtes, méthanisation, agrivoltaïsme), montée en gamme avec des signes de qualité (AOP, label rouge). D'autres deviennent directeur d'une grande exploitation ou d'un domaine viticole, chef de culture dans une structure importante, ou passent à des métiers connexes : conseiller agricole en chambre d'agriculture ou en coopérative, technico-commercial en agroéquipement, formateur en lycée agricole, responsable dans une coopérative ou une interprofession. Beaucoup s'engagent aussi dans les structures professionnelles (syndicat, coopérative, CUMA, chambre d'agriculture).

Perspectives d'emploi

Favorable

La France a un besoin massif de nouveaux agriculteurs : plus de 40 % des chefs d'exploitation ont dépassé 55 ans et, d'ici 2030, plus d'un tiers d'entre eux — environ 160 000 personnes — atteindront l'âge de la retraite. Beaucoup de fermes cherchent un repreneur, y compris hors du cadre familial : près d'un installé sur trois n'est pas issu du monde agricole. La loi d'orientation agricole de mars 2025 a fait du renouvellement des générations une priorité nationale, avec un guichet unique « France Services Agriculture » prévu à partir de 2027 et une aide à l'installation revalorisée (montant moyen passé d'environ 28 800 € à 49 400 €). La difficulté n'est donc pas de trouver une exploitation, mais de réunir le capital de départ (foncier, matériel, cheptel) et de construire un projet économiquement solide. Les filières en vente directe, en bio, en maraîchage de proximité et en agritourisme sont particulièrement porteuses près des zones urbaines.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Agriculteur / AgricultriceAgriculteur / Agricultrice en polycultureAgriculteur / Agricultrice en polyculture-élevageBetteravier / BetteravièreCéréalier / CéréalièreChef / Cheffe de culture céréalièreChef / Cheffe de production agricoleCultivateur / CultivatriceCultivateur / Cultivatrice de grandes culturesCultivateur / Cultivatrice de plein champDirecteur / Directrice d'exploitation agricoleExploitant / Exploitante agricole en arboricultureExploitant / Exploitante agricole en grandes culturesExploitant / Exploitante agricole en horticultureExploitant / Exploitante agricole en maraîchageExploitant / Exploitante agricole en polyculture-élevageGérant / Gérante d'exploitation agricoleGérant / Gérante d'exploitation maraîchèreGérant / Gérante d'exploitation viticoleMaïsiculteur / MaïsicultricePolyculteur éleveur / Polycultrice éleveuseProducteur / Productrice de pommes de terreProducteur / Productrice d'oléagineuxRiziculteur / RizicultriceChef / Cheffe d'exploitation agricoleResponsable d'exploitation agricoleMaraîcher / MaraîchèreÉleveur / Éleveuse

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéChef d'entrepriseApprenti / Alternant