Dans l'armée, on parle de solde, presque toujours communiquée en net. Un élève officier perçoit environ 1 330 à 1 600 € net par mois pendant la formation, puis environ 1 760 € net au grade d'aspirant et 2 640 € net au grade de sous-lieutenant. Un pilote opérationnel au grade de capitaine se situe autour de 2 900 à 3 400 € brut de solde indiciaire, mais les primes de personnel navigant, les indemnités de résidence et les majorations en opération extérieure (1 500 à 2 500 € net supplémentaires par mois) font grimper la rémunération réelle à 4 400-4 600 € net pour un pilote de chasse confirmé. S'ajoutent des avantages en nature : logement sur base, 45 jours de permission, réductions SNCF. Une réforme de la solde des officiers entre progressivement en vigueur, avec une mise en paiement annoncée pour l'automne 2026. Les fourchettes indiquées ici sont exprimées en brut mensuel et restent des ordres de grandeur.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux grandes voies coexistent, toutes deux ouvertes dès le bac (de préférence général avec des spécialités scientifiques) et réservées aux candidats de nationalité française, déclarés aptes médicalement.
Armée de l'Air et de l'Espace — La voie EOPN (élève officier du personnel navigant) recrute au niveau bac, entre 17 et moins de 27 ans, sur tests de sélection (psychotechniques, anglais, sport, entretiens de motivation, visite médicale au CEMPN). Environ 50 places par an, réparties entre pilote de chasse, pilote de transport, pilote d'hélicoptère, pilote de drone et NOSA : le taux de réussite est inférieur à 5 %. La voie officier de carrière passe par le concours de l'École de l'air et de l'espace (Salon-de-Provence), après CPGE scientifique ou avec un diplôme bac+2 à bac+5, et débouche sur un diplôme d'ingénieur. Dans tous les cas : formation militaire initiale à Salon-de-Provence, puis environ 3 ans de formation professionnelle (jusqu'à 4 ans et 4 mois pour la chasse), rémunérée, suivie d'un engagement de 10 ans.
Marine nationale — La filière EOPAN (élève officier pilote de l'aéronautique navale) recrute au niveau bac (profil scientifique conseillé), de 17 à 25/26 ans ; l'École navale constitue l'autre porte d'entrée, sur concours après CPGE. Une vingtaine de pilotes formés chaque année.
Armée de Terre (ALAT) — Recrutement au niveau bac (scientifique ou technique) suivi d'environ 42 mois de formation au pilotage d'hélicoptère à l'École de l'aviation légère de l'armée de Terre du Cannet-des-Maures.
Pour se préparer : le Brevet d'initiation aéronautique (BIA) au lycée, les cadets de la Défense, un club aéronautique ou une prépa dédiée aux tests de sélection sont de vrais atouts. Le niveau d'anglais et la condition physique se travaillent très en amont.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une journée de pilote militaire ne se résume pas au vol. Elle commence par la préparation de mission : étude de la météo, du trajet, des menaces, des consignes tactiques, briefing avec le reste de l'équipage. Vient ensuite la visite de l'appareil et le vol lui-même — transport de troupes ou de fret, largage de parachutistes, évacuation sanitaire, mission humanitaire, ravitaillement en vol, reconnaissance ou combat aérien selon la spécialité. Après l'atterrissage, place au débriefing : on rejoue la mission, on analyse ce qui a bien ou mal fonctionné, on transmet les informations recueillies.
Le reste du temps est occupé par l'entraînement permanent : simulateur, vols d'exercice, mise à jour des qualifications, entraînement physique quotidien, stages de survie. Sur avion de transport, d'hélicoptère ou de patrouille maritime, le pilote travaille rarement seul : il fait partie d'un équipage complet (copilote, mécanicien navigant, soutier, navigateur officier système d'armes) où la coordination et la communication sont vitales.
On exerce depuis une base aérienne, un porte-avions ou une base de l'aviation légère de l'armée de Terre. Les horaires sont variables : astreintes (dont la permanence opérationnelle 24 h/24 pour la défense du ciel français), vols de nuit, départs en mission parfois imprévisibles. La mobilité géographique fait partie du contrat — on change d'affectation en moyenne tous les 3 ou 4 ans — et les projections en opérations extérieures (Sahel, Moyen-Orient, missions OTAN) durent plusieurs mois.
La pression physique et mentale est réelle : facteurs de charge, longues heures en cockpit, environnement parfois hostile, responsabilité d'un appareil de plusieurs dizaines de millions d'euros et de son équipage. L'aptitude médicale du personnel navigant est vérifiée à l'entrée puis contrôlée régulièrement pendant toute la carrière : une inaptitude peut mettre fin au vol. En contrepartie, le métier offre un cadre très structuré, un logement souvent facilité sur la base, 45 jours de permission par an et une rémunération qui progresse vite grâce aux primes de vol.
Après quelques années de vol, on devient chef de bord, chef de patrouille ou leader de mission, puis instructeur en école de pilotage ou en escadron. Vient ensuite l'encadrement : commandement d'escadron, postes d'état-major, écoles de guerre. Certains bifurquent vers les essais en vol, les drones, l'expertise « systèmes d'armes » ou des postes internationaux au sein de l'OTAN.
À l'issue de l'engagement initial (10 ans en général), la reconversion vers l'aviation civile est une voie classique : compagnies aériennes, transport de fret, aviation d'affaires, sécurité civile, Sécurité civile, douanes, SAMU héliporté ou travail aérien. Une formation complémentaire est nécessaire pour convertir les qualifications militaires en licences civiles (ATPL), et elle est souvent financée en partie par l'armée.
L'armée de l'Air et de l'Espace recrute en moyenne 120 pilotes par an (environ 70 officiers sous contrat au niveau bac et 50 officiers de carrière sur concours), la Marine en forme une vingtaine et l'ALAT complète le dispositif. Le recrutement global est en hausse continue (+2,5 % en 2024, +6,4 % en 2025, +4,7 % prévu en 2026), avec un objectif de 40 000 aviateurs à l'horizon 2030 et des tensions identifiées sur le personnel navigant. L'emploi est donc garanti et durable une fois recruté, mais l'accès est le vrai goulot d'étranglement : le concours EOPN affiche un taux de sélection inférieur à 5 %, et l'aptitude médicale élimine une partie des candidats motivés. L'armée travaille à raccourcir et à moderniser son parcours de formation pour produire ses pilotes plus vite. En fin de contrat, la reconversion vers l'aviation civile est bien balisée et les compagnies apprécient l'expérience militaire.