Pendant la formation, l'élève officier perçoit environ 1 330 € net par mois (≈ 1 650 € brut), logé et nourri. Une fois breveté et affecté en escadron, un sous-lieutenant touchant l'indemnité de services aériens à 100 % perçoit environ 2 600 € net (≈ 3 300 € brut). Ensuite, la rémunération progresse avec le grade et l'ancienneté : environ 4 000 € brut pour un lieutenant, 3 100 à 3 600 € brut de solde de base pour un commandant, 4 000 à 4 500 € brut pour un lieutenant-colonel. Les primes (services aériens, sujétions, opérations extérieures, alerte) représentent souvent 30 à 50 % de la rémunération totale : un pilote expérimenté en fin de carrière peut dépasser 6 000 € net mensuels. S'y ajoutent des avantages en nature (logement, restauration, mutuelle, retraite militaire à jouissance immédiate).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux voies principales, toutes deux militaires et rémunérées dès le premier jour.
Voie 1 — EOPN (élève officier du personnel navigant), armée de l'Air et de l'Espace : recrutement avec le bac (série générale conseillée, avec maths et physique-chimie), entre 17 et 27 ans, nationalité française. Sélection en plusieurs étapes : tests psychotechniques et sportifs en Centre de sélection et d'orientation, examens médicaux au CPEMPN (Percy/Clamart), tests de pilotage et entretien à Tours. Formation d'environ 4 ans à 4 ans et 4 mois : formation militaire initiale à l'École de l'air et de l'espace (Salon-de-Provence), instruction théorique du personnel navigant, vol initial sur Cirrus SR20 puis Pilatus PC-21 à Cognac, enfin transformation opérationnelle sur Rafale ou Mirage 2000. Engagement initial de 10 ans après obtention du brevet.
Voie 2 — École de l'air et de l'espace (officier de carrière) : concours après CPGE scientifique (MP, PC, PSI) ou concours sur titres (licence, BUT, master), puis orientation vers la filière pilote de chasse. Diplôme d'ingénieur reconnu par la CTI (niveau bac+5, RNCP 41498).
Marine nationale : filière EOPAN (élève officier pilote de l'aéronautique navale), accessible dès le bac jusqu'à 25 ans environ, avec formation initiale à l'École de l'air puis spécialisation chasse embarquée et qualification à l'appontage ; ou spécialisation pilote à l'issue de l'École navale.
Un Brevet d'initiation aéronautique (BIA) au lycée, une licence de pilote privé ou une pratique sportive régulière ne sont pas obligatoires mais renforcent nettement un dossier. Les places sont rares : environ 24 places de pilote avion de chasse et transport par promotion EOPN.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Contrairement à l'image du film, un pilote de chasse ne passe pas ses journées en vol : il vole en moyenne 1 à 2 fois par jour, et le reste du temps il prépare et débriefe. Une journée type commence par le briefing en escadron : météo, plan de vol, scénario de la mission, répartition des rôles dans la patrouille. Vient ensuite l'équipement (combinaison anti-g, casque, gilet de survie), les vérifications avant vol avec les mécaniciens, puis le vol lui-même — combat aérien simulé, tir, ravitaillement en vol, vol à très basse altitude, interception d'un appareil non identifié. Au retour, le débriefing analyse chaque séquence enregistrée, image par image. Le reste du temps est occupé par l'entraînement physique, la simulation, l'étude des systèmes d'armes, les qualifications à repasser et des tâches d'officier : encadrement de personnel, sécurité des vols, planification.
Le pilote de chasse est un militaire, affecté en escadron sur une base aérienne (Saint-Dizier, Mont-de-Marsan, Nancy, Orange…) ou, dans la Marine nationale, en flottille à Landivisiau avec des périodes d'embarquement sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. Les horaires sont irréguliers : permanence opérationnelle 24h/24, alertes, vols de nuit, exercices en France ou à l'étranger, projections en opération extérieure de plusieurs semaines à plusieurs mois. Le corps est mis à rude épreuve : jusqu'à 9 g en manœuvre, hypoxie possible en altitude, fatigue, stress permanent — d'où une aptitude médicale stricte (vue, taille, poids, audition, cardio) revérifiée chaque année au CEMPN. La mobilité géographique est imposée et la vie de famille s'organise autour des affectations. En contrepartie : une formation entièrement gratuite et rémunérée, un métier vécu comme une passion et un esprit de corps très fort.
Après quelques années en escadron, on peut se spécialiser : chef de patrouille, leader de mission, instructeur sur avion école ou sur Rafale, pilote d'essais (après l'EPNER), moniteur en école de chasse, ou rejoindre la Patrouille de France. Les officiers évoluent ensuite vers le commandement — commandant d'escadron, de base aérienne — ou vers l'état-major, les organismes interalliés (OTAN) et les administrations de la défense. Beaucoup de pilotes se reconvertissent dans le civil après leur contrat : pilote de ligne (les heures de vol et l'expérience facilitent l'ATPL), pilote d'affaires, ingénieur ou consultant chez un industriel de l'aéronautique et de la défense, formateur, ou expert en gestion de crise et sécurité aérienne.
Le poste est garanti dès la réussite de la sélection — l'armée forme exactement le nombre de pilotes dont elle a besoin — mais le goulot d'étranglement est à l'entrée : le taux de sélection est inférieur à 5 %, ce qui en fait l'un des recrutements les plus fermés de France. La filière EOPN de l'armée de l'Air et de l'Espace recrute environ 50 à 80 élèves par an toutes spécialités confondues (pilotes de chasse et de transport, pilotes d'hélicoptère, NOSA, pilotes de drone), dont seulement une vingtaine de places orientées chasse/transport ; la Marine nationale en recrute encore moins. Les besoins restent soutenus dans un contexte de remontée en puissance des armées et de renouvellement des flottes (Rafale, futurs programmes européens), et l'éviction en cours de formation pour raison médicale ou d'échec en vol reste fréquente. Un plan B doit toujours être prévu : pilote de transport, d'hélicoptère, contrôleur aérien, mécanicien aéronautique ou pilote de ligne dans le civil.