Métier majoritairement exercé en indépendant : il n'y a pas de grille de salaire, mais un revenu tiré de l'activité. En début d'activité, on tourne souvent autour du SMIC, soit environ 1 500 à 1 800 € brut par mois (autour de 18 000 € brut par an). Avec une oseraie en production, une clientèle fidèle et une part de vannerie transformée, on peut atteindre 2 000 à 2 300 € brut mensuels (jusqu'à environ 28 000 € brut par an). Les revenus sont très variables et fortement saisonniers : la vente d'osier brut rapporte peu, c'est la transformation en objets, les commandes sur mesure, les stages et les collaborations avec la mode ou l'architecture végétale qui font la différence. Un vannier reconnu peut vendre des pièces uniques plusieurs centaines d'euros. Les revenus des premières années sont souvent faibles, le temps que l'oseraie entre en pleine production (2 à 3 ans après plantation).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement obligatoire, mais une formation spécialisée est très fortement conseillée : le savoir-faire ne s'improvise pas et les places de formation sont peu nombreuses. La voie de référence passe par le CFPPA de Fayl-Billot (Haute-Marne), installé dans les locaux de l'ancienne École nationale d'osiériculture et de vannerie, qui propose les seules formations diplômantes de France sur le sujet : le CAP Vannerie (environ 1 270 h sur une année, dont 175 h en entreprise) et le BP Responsable d'entreprise agricole (BP REA) orientation Osiériculture-Vannerie ou Osiériculture-Productions agricoles (environ 1 400 h). Le BP REA est particulièrement recommandé pour qui veut s'installer, car il donne la capacité professionnelle agricole et ouvre l'accès aux aides à l'installation. Ces cursus s'adressent surtout à un public adulte en formation continue ou en reconversion. Un BPA ou un Bac pro agricole (CGEA, productions horticoles) constitue une autre porte d'entrée, à compléter par des stages de vannerie. Beaucoup se forment aussi en apprenant auprès d'un professionnel installé, via des stages courts ou l'Université d'été de la vannerie.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'osiériculteur produit la matière première des vanniers : l'osier, c'est-à-dire la pousse annuelle du saule. Son travail commence par la plantation, au printemps : on enfonce des boutures dans un sol préparé et bien drainé, souvent en bord de rivière ou en fond de vallée. Vient ensuite l'entretien de l'oseraie tout au long de la belle saison — désherbage (souvent manuel ou mécanique, car beaucoup d'oseraies sont conduites en bio), surveillance des maladies et des ravageurs, sélection des variétés selon la couleur, la finesse et la souplesse recherchées.
Le temps fort, c'est la récolte, en plein hiver, quand la sève est descendue et que la plante est au repos. On coupe les brins à ras du sol, à la serpette ou avec une barre de coupe mécanisée, puis on les trie par longueur et par qualité. Suit une longue phase de préparation : séchage à l'abri de la lumière pendant plusieurs mois, écorçage (osier blanc), cuisson (osier buff) ou conservation en brut, avant le trempage qui redonne sa souplesse à la fibre. L'osiériculteur entretient aussi son matériel, tient ses comptes et vend sa production — soit en brut à des vanniers professionnels, soit sous forme d'objets qu'il a tressés lui-même, sur les marchés, en salons de métiers d'art, en boutique ou en ligne.
C'est un métier de plein air et de saison. L'hiver se passe dehors, dans le froid et l'humidité, à couper et botteler — c'est physiquement exigeant : postures courbées, port de bottes d'osier, gestes répétitifs. Le reste de l'année alterne travaux de culture et travail en atelier ou en séchoir. Les horaires ne sont pas fixes : ils suivent la météo et le calendrier végétatif, avec des périodes très intenses et d'autres plus calmes consacrées au tressage et à la commercialisation.
La très grande majorité des osiériculteurs sont indépendants : exploitants agricoles, artisans ou les deux à la fois. Quelques-uns sont salariés d'une coopérative — celle de Villaines-les-Rochers, en Indre-et-Loire, est la dernière coopérative de vannerie d'Europe et regroupe une cinquantaine de vanniers dont une vingtaine cultivent leur propre oseraie. L'autre pôle historique est Fayl-Billot, en Haute-Marne, siège de l'ancienne École nationale d'osiériculture et de vannerie.
Beaucoup commencent en s'installant sur une petite surface, en complément d'une autre activité agricole ou artisanale, puis agrandissent l'oseraie. On peut se spécialiser : production d'osier vivant pour les architectures végétales et le génie écologique (fascines, berges, haies tressées), osier de couleur pour la vannerie fine, ou au contraire vannerie d'art et création contemporaine. La montée en gamme est réelle : des maisons de mode et de luxe se fournissent aujourd'hui en osier français.
D'autres évolutions existent : transmettre son savoir-faire en devenant formateur ou en accueillant des stagiaires, développer l'accueil à la ferme et les ateliers découverte, obtenir la reconnaissance « métier d'art », ou élargir vers la pépinière, l'horticulture et les travaux de milieux naturels. À l'inverse, un vannier déjà installé peut décider de planter son oseraie pour maîtriser sa matière première et sécuriser son approvisionnement.
C'est un métier de niche : on compte quelques dizaines de professionnels en France, principalement en Haute-Marne (Fayl-Billot), en Indre-et-Loire (Villaines-les-Rochers), dans la Somme (Le Boisle) et en Nouvelle-Aquitaine. Les offres d'emploi salarié sont rarissimes — on entre dans le métier en s'installant à son compte ou en reprenant une exploitation. Le contexte est toutefois encourageant : la France est passée d'environ 9 000 hectares d'osier au début du XXe siècle à quelques centaines aujourd'hui, et la production nationale ne couvre plus les besoins des vanniers, qui importent massivement. Plusieurs territoires cherchent activement à relancer la filière (études de chambres d'agriculture, replantations d'oseraies), et le regain d'intérêt pour l'artisanat, le zéro plastique, les matériaux naturels et les architectures végétales soutient la demande. Le luxe et la mode se fournissent désormais en osier français, ce qui tire les prix vers le haut. Autrement dit : très peu de postes, mais un vrai débouché pour qui veut créer son activité.