En entreprise de génie écologique ou du paysage (convention collective des entreprises du paysage), un chef d'équipe débute autour de 1 900 à 2 100 € brut par mois et atteint 2 400 à 2 900 € brut avec plusieurs années d'expérience, davantage en Île-de-France ou sur des chantiers techniques. S'y ajoutent souvent des primes de panier, de grand déplacement et de salissure, qui pèsent réellement dans la fiche de paie. En collectivité ou en association gestionnaire, les rémunérations sont généralement un peu plus basses et encadrées par les grilles de la fonction publique territoriale (agent de maîtrise) ou de la branche associative.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe passe par l'enseignement agricole. Après la 3ᵉ, un bac pro Gestion des milieux naturels et de la faune (GMNF) donne les bases du métier ; un bac pro Aménagements paysagers ou Forêt sont d'autres portes d'entrée. On se spécialise ensuite très efficacement avec le CS Travaux mécanisés de génie écologique (1 an après un bac pro, un BP ou un BTSA), qui forme explicitement aux postes d'ouvrier qualifié et de chef d'équipe en génie écologique. Beaucoup de chefs d'équipe sont aussi titulaires d'un BTSA Gestion et protection de la nature (GPN) ou d'un BTSA Aménagements paysagers, qui apportent la dimension encadrement, chiffrage et relation client. Ces formations se préparent très souvent en apprentissage, en lycée agricole, en MFR ou en CFA. Enfin, une part importante des chefs d'équipe accède au poste par promotion interne après quelques années comme ouvrier de génie écologique : l'expérience de terrain compte autant que le diplôme.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Chaque matin, le chef d'équipe de travaux de milieux naturels fait le point sur le chantier du jour : une berge de rivière à végétaliser, des espèces exotiques envahissantes à arracher, une mare à recreuser, une haie ou une roselière à entretenir. Il répartit les tâches entre les ouvriers de génie écologique, prépare le matériel (mini-pelle, débroussailleuse, tronçonneuse, matériel de génie végétal comme les fascines ou les boutures de saule) et balise les zones sensibles à ne pas piétiner.
Pendant les travaux, il conduit lui-même une partie des interventions, contrôle la qualité du travail réalisé, et s'assure que les préconisations de l'écologue et du plan de gestion sont bien respectées : périodes de nidification, espèces protégées, cours d'eau à ne pas polluer. Il forme les nouveaux arrivants aux techniques d'entretien écologique — qui ne sont pas celles du jardinage classique — et fait respecter les règles de sécurité.
En fin de chantier, il rédige des comptes rendus : avancement, heures passées, état du site, difficultés rencontrées, propositions d'amélioration. C'est lui le lien entre le terrain et le conducteur de travaux, le maître d'ouvrage (collectivité, syndicat de rivière, parc naturel) ou le bureau d'études.
Le métier s'exerce presque exclusivement dehors, par tous les temps : bottes dans l'eau en zone humide, en forêt, sur des berges, sur des sites littoraux ou de montagne. Les journées sont physiques (port de charges, postures contraignantes, maniement d'outils thermiques) et souvent longues quand la météo ou les fenêtres écologiques imposent d'avancer vite. Les horaires varient selon les saisons et les chantiers, avec des déplacements fréquents et parfois des grands déplacements à la semaine.
On travaille dans des entreprises de génie écologique et du paysage, des associations gestionnaires (Conservatoires d'espaces naturels, réserves naturelles), des collectivités et syndicats de bassin versant, des parcs naturels régionaux ou nationaux. Le télétravail n'existe quasiment pas : seule la partie administrative (planning, rapports) se fait au bureau ou dans le véhicule.
Avec de l'expérience, on peut devenir conducteur de travaux ou chargé d'affaires en génie écologique, et gérer plusieurs chantiers en même temps. D'autres évoluent vers un poste de technicien de rivière, de technicien gestionnaire d'espaces naturels, de garde technicien en réserve ou de responsable technique dans une collectivité (souvent via un concours de la fonction publique territoriale). Une reprise d'études (licence pro, école d'ingénieur) ouvre les postes de chargé d'études naturalistes ou de chef de projet en restauration écologique. Certains créent leur propre entreprise de travaux en milieux naturels.
Le génie écologique est un secteur en croissance : obligations de compensation environnementale (séquence « éviter-réduire-compenser »), continuités écologiques (trame verte et bleue), restauration des cours d'eau et des zones humides, désimperméabilisation et renaturation des villes alimentent une commande publique et privée soutenue. Les entreprises de la filière, fédérées par l'UPGE, signalent régulièrement des difficultés à recruter des profils de terrain qualifiés, en particulier des chefs d'équipe capables d'encadrer et de conduire des engins. Les postes se trouvent partout en France, avec une concentration là où il y a des grands cours d'eau, du littoral, des zones humides et des parcs naturels. Un candidat sortant d'un CS TMGE ou d'un BTSA GPN avec une bonne expérience de chantier trouve généralement un emploi rapidement.