À l'hôpital public, un oncologue qui démarre comme praticien hospitalier touche environ 4 600 € brut/mois au 1ᵉʳ échelon, auxquels s'ajoutent l'indemnité d'engagement de service public exclusif (~1 010 € brut/mois), les gardes (~420 € brut la garde) et les primes Ségur : en pratique le début de carrière tourne plutôt autour de 5 000 à 6 000 € brut mensuels. En fin de carrière hospitalière, on atteint environ 9 200 € brut/mois. En libéral ou en clinique, les revenus sont plus élevés et plus variables : les oncologues libéraux confirmés dépassent souvent 12 000 à 15 000 € brut mensuels selon le volume d'activité. Attention : pendant l'internat (5 ans), la rémunération reste modeste (environ 1 600 à 2 500 € net/mois selon l'ancienneté et les gardes).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Environ 11 ans d'études après le bac, exclusivement à l'université. Le parcours type : bac général avec des spécialités scientifiques (physique-chimie, SVT, maths) → 1ʳᵉ année sélective via Parcoursup, en PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou L.AS (licence avec option accès santé) → 1ᵉʳ cycle de 3 ans (DFGSM) → 2ᵉ cycle de 3 ans en externat (DFASM), avec stages hospitaliers rémunérés → épreuves de fin de 2ᵉ cycle (EDN/ECOS) qui déterminent l'accès à la spécialité → internat : DES d'Oncologie en 5 ans (10 semestres), organisé en phase socle (2 semestres, un stage en oncologie médicale + un en radiothérapie), approfondissement puis consolidation. À l'issue de la 2ᵉ année d'internat, on choisit l'option oncologie médicale ou oncologie-radiothérapie. La soutenance d'une thèse donne le diplôme d'État de docteur en médecine ; la validation du DES donne le droit d'exercer comme spécialiste. On peut compléter par un master 2 puis une thèse de sciences (Bac+8 et plus) pour s'orienter vers la recherche, ou par une FST (formation spécialisée transversale) : cancérologie, soins palliatifs, douleur, etc. L'oncologie est une spécialité assez demandée aux affectations, mais moins sous tension que certaines filières très concurrentielles.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un oncologue tourne autour de trois temps. La consultation d'abord : il reçoit des patients, examine les résultats (scanner, IRM, biopsie, analyses de biologie moléculaire), annonce le diagnostic, explique le protocole, puis revoit régulièrement chaque personne pour vérifier que le traitement fonctionne et que les effets secondaires restent supportables. L'hôpital de jour et le service d'hospitalisation ensuite : il prescrit et surveille les cures de chimiothérapie, d'immunothérapie ou de thérapie ciblée, ajuste les doses, gère les complications (fatigue, nausées, baisse des défenses immunitaires, douleurs).
Troisième temps, souvent invisible du grand public mais central en cancérologie : la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Chaque dossier de cancer est discuté collectivement avec des chirurgiens, radiologues, radiothérapeutes, anatomopathologistes, pharmaciens et infirmiers. Personne ne décide seul d'un traitement anticancéreux. À cela s'ajoutent, selon les postes, la participation à des essais cliniques (tester de nouveaux médicaments), la lecture de publications scientifiques en anglais, l'encadrement d'internes et parfois l'enseignement.
La très grande majorité des oncologues exercent en établissement : CHU, centres hospitaliers, centres de lutte contre le cancer (réseau Unicancer, comme l'Institut Gustave-Roussy ou le Centre François Baclesse), cliniques privées. Une minorité exerce en libéral, en cabinet ou en clinique. Les horaires sont variables et souvent longs, avec des gardes ou astreintes selon la structure, et le rythme alterne entre consultations serrées, urgences et réunions. Le télétravail reste marginal : téléconsultations de suivi et RCP en visio existent, mais l'essentiel se fait au contact du patient.
La vraie particularité, c'est la charge émotionnelle. On annonce des maladies graves, on accompagne des personnes qui guérissent — de plus en plus souvent — mais aussi des personnes qui meurent. Les études montrent qu'environ 30 % des soignants en oncologie connaissent un épuisement émotionnel. Les équipes s'organisent pour cela : groupes de parole, psycho-oncologues, soins de support. C'est un métier qui demande de savoir poser des limites entre soi et le travail.
Dès l'internat, on choisit une option : oncologie médicale (traitements par médicaments) ou oncologie-radiothérapie (traiter par les rayons). Ensuite viennent les surspécialisations par organe ou population : sénologie (cancers du sein), onco-pédiatrie, onco-hématologie, oncologie thoracique, digestive, urologique, oncogériatrie, soins palliatifs. Après une dizaine d'années, on peut devenir chef de service ou responsable d'unité, prendre la direction d'un département de recherche clinique, ou faire carrière à l'hôpital-université comme PU-PH (soins + enseignement + recherche). D'autres passages sont possibles : industrie pharmaceutique (développement de médicaments), agences de santé (INCa, HAS), coordination de parcours de soins, ou expertise médicale.
Le marché est très ouvert pour les jeunes diplômés : environ 78 % des projets de recrutement de la famille professionnelle sont jugés difficiles par les employeurs, ce qui signifie que les postes cherchent des candidats plus que l'inverse. Deux tendances se croisent : la démographie médicale annonce une baisse du nombre de praticiens en oncologie dans les années à venir, tandis que les besoins augmentent — l'incidence du cancer devrait progresser d'environ 21 % d'ici 2050. Résultat : les hôpitaux publics, les centres de lutte contre le cancer et les cliniques recrutent activement, y compris en régions moins attractives où les conditions proposées sont souvent avantageuses. Les débouchés ne se limitent pas au soin : recherche clinique, industrie pharmaceutique, agences de santé. Le risque du métier n'est pas de manquer de travail, mais d'en avoir trop : la charge de travail et l'épuisement professionnel sont les vrais sujets de la profession.