Un officier électronicien débutant gagne généralement entre 2 800 et 3 500 € brut par mois ; avec de l'expérience et le brevet OESMM (paquebots, navires offshore ou scientifiques, armateurs internationaux), la rémunération peut atteindre 5 000 à 6 000 € brut. S'y ajoutent des primes d'embarquement et, pour la navigation au long cours, un régime fiscal avantageux qui augmente nettement le net perçu. Attention : le salaire rémunère aussi les périodes de congés qui suivent chaque embarquement.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Voie la plus directe : bac pro Électromécanicien marine (ou un bac général/techno STI2D suivi d'une classe de mise à niveau), puis le BTS maritime Maintenance des systèmes électro-navals (BTSM MASEN, bac+2) préparé dans un lycée professionnel maritime. Le BTSM MASEN permet ensuite d'accéder au brevet d'officier électrotechnicien (ETO) via une formation complémentaire à l'École nationale supérieure maritime (ENSM), suivie d'une période de navigation embarquée.
Voie externe : les titulaires d'un diplôme bac+2 ou plus en électrotechnique, électronique, automatismes, informatique ou réseaux (BTS, BUT, licence pro, école d'ingénieurs) peuvent rejoindre directement la formation professionnelle ETO de l'ENSM (Saint-Malo, Nantes), qui combine environ un an d'enseignement et six mois de formation embarquée.
Le brevet d'officier électronicien et systèmes de la marine marchande (OESMM), de niveau supérieur, s'obtient soit par une passerelle interne à partir de l'ETO, soit à partir d'un diplôme d'ingénieur, avec formation à l'École de la marine marchande de Saint-Malo puis période de navigation (9 mois) pour la délivrance définitive du brevet.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
À bord d'un cargo, d'un ferry, d'un paquebot, d'un navire océanographique ou d'un câblier, l'officier électronicien (aussi appelé officier électrotechnicien ou ETO, pour *Electro-Technical Officer*) est le spécialiste de tout ce qui est électrique, électronique et informatique. Concrètement, il surveille et entretient les équipements de navigation (radar, GPS, ECDIS, pilote automatique), les systèmes de communication et de sécurité en mer (SMDSM), les automates et systèmes de contrôle-commande de la machine, les tableaux électriques, les moteurs de propulsion électrique et les réseaux informatiques du bord.
Son quotidien alterne entre maintenance préventive planifiée (contrôles, tests, mises à jour, relevés) et interventions d'urgence : quand un équipement lâche en pleine traversée, c'est lui qui diagnostique et répare, souvent seul, avec les pièces disponibles à bord. Il tient à jour la documentation technique, commande les rechanges, dialogue avec les fournisseurs à terre, et encadre le personnel technique qui l'assiste. Sur les gros navires, il travaille sous l'autorité du chef mécanicien et en lien étroit avec les officiers mécaniciens et de pont.
Le métier se vit embarqué, par périodes : quelques semaines à plusieurs mois de mer, suivis d'une période de congés équivalente ou proche. À bord, l'officier électronicien ne prend en général pas de quart fixe : il travaille en journée mais reste d'astreinte 24 h/24, prêt à intervenir de nuit ou le week-end en cas d'avarie. Les interventions se font aussi bien dans un local technique climatisé que dans la salle des machines (chaleur, bruit, espaces exigus) ou sur le pont, par tous les temps. Un certificat d'aptitude médicale à la navigation, délivré par un médecin des gens de mer, est obligatoire pour embarquer. Le télétravail est par nature impossible, et il faut accepter l'éloignement familial et la vie en collectivité avec un équipage souvent international : l'anglais technique est indispensable.
La progression se fait par les brevets : après le brevet d'officier électrotechnicien (ETO), on peut viser le brevet d'officier électronicien et systèmes de la marine marchande (OESMM), de niveau supérieur, qui ouvre les postes les plus qualifiés (paquebots, navires scientifiques, navires offshore, câbliers). On peut ensuite devenir chef électricien sur un grand navire, ou basculer à terre — un débouché très recherché : superintendant technique chez un armateur, technicien ou ingénieur d'assistance chez un équipementier maritime, expert en cybersécurité navale, inspecteur de société de classification, ou formateur en lycée maritime et à l'ENSM. L'électrification et la digitalisation des flottes rendent ces compétences de plus en plus rares et donc précieuses.
Le métier est en tension. Les armateurs français et internationaux peinent à recruter des officiers, et le profil électronicien/électrotechnicien est l'un des plus recherchés : l'électrification des navires (propulsion électrique, batteries), la digitalisation des opérations et les enjeux de cybersécurité embarquée créent des besoins que les formations actuelles ne couvrent pas. L'ENSM ouvre d'ailleurs de nouvelles sessions de formation ETO pour répondre à cette demande. Les diplômés trouvent un embarquement rapidement, et les compétences acquises se revendent très bien à terre (armateurs, équipementiers, sociétés de classification, offshore éolien).