Les fourchettes indiquées correspondent au poste de chef de groupe lui-même : environ 2 900 € brut par mois à la prise de fonction (soit ~2 250 € net) et jusqu'à 4 500-4 800 € brut (~3 500-3 750 € net) pour un profil très expérimenté ou spécialisé BIM. Avant d'y arriver, un dessinateur-projeteur débutant démarre plutôt entre 2 000 et 2 500 € brut, puis 2 800 à 3 500 € brut une fois confirmé. En bureau d'études, la convention Syntec-Cinov situe le chef de groupe en position 3 (coefficients 355 à 500). S'ajoutent souvent une prime de vacances, une part variable sur objectifs de projet et des indemnités de déplacement. L'Île-de-France et les régions industrielles (Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes) paient au-dessus de la moyenne.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le socle de recrutement se situe à bac+2/bac+3 : BTS Électrotechnique, BTS CIEL option B (électronique et réseaux), BUT Génie électrique et informatique industrielle (GEII) ou licence professionnelle Métiers de l'électricité et de l'énergie. Un bac pro MELEC permet d'entrer dans la filière comme dessinateur, mais il faudra poursuivre en BTS (souvent en alternance) pour rejoindre un bureau d'études. Le poste de chef de groupe n'est jamais accessible à la sortie de l'école : il se gagne après environ 4 à 8 ans d'expérience comme dessinateur-projeteur, une fois la maîtrise des logiciels de CAO électrique et des normes acquise. Les profils titulaires d'un diplôme d'ingénieur en génie électrique arrivent aussi sur ces fonctions, mais généralement pour évoluer plus vite vers chef de projet. L'alternance est la voie royale : elle permet d'apprendre les outils du bureau d'études (AutoCAD, SEE Electrical, Caneco, Revit) dans des conditions réelles.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Sa journée commence souvent devant un plan et un planning. Le chef de groupe projeteur répartit les tâches entre les projeteurs et dessinateurs de son équipe : qui dessine les schémas de l'armoire électrique, qui trace les cheminements de câbles, qui met à jour la maquette 3D. Il conçoit lui-même les parties les plus délicates sur AutoCAD, SEE Electrical, Caneco BT ou Revit MEP, et vérifie les calculs de dimensionnement (sections de câbles, protections, bilans de puissance).
Ensuite vient le travail de contrôle : il relit les plans produits par son équipe, traque l'erreur de cotation ou l'oubli de norme, et valide avant envoi. Il assure aussi la liaison avec l'ingénieur d'études, le chargé d'affaires, le client et parfois l'entreprise qui installera vraiment les équipements. Quand le client change d'avis en cours de projet — ce qui arrive tout le temps — c'est lui qui réorganise les priorités et met à jour les livrables.
Enfin, il garde un œil sur le budget et sur les délais : proposer une solution technique moins chère mais tout aussi fiable fait partie du métier. Il veille aussi à ce que son équipe monte en compétence sur les nouveaux outils, notamment le BIM et les logiciels de calcul.
Le métier s'exerce principalement en bureau d'études, devant deux écrans, dans une société d'ingénierie, une entreprise d'installation électrique, un industriel de l'électronique ou un service technique interne. Les horaires sont plutôt classiques (journée standard), avec des coups de bourre à l'approche d'un rendu ou d'une remise d'offre. Le télétravail partiel est très répandu dans les bureaux d'études, souvent 1 à 2 jours par semaine.
Ce n'est pas un métier 100 % sédentaire : il y a des visites de chantier, des relevés sur site, des réunions de coordination avec les autres corps d'état (plomberie, ventilation, structure). Une habilitation électrique est alors demandée. L'effort physique reste faible, mais la charge mentale est réelle : on est responsable de la fiabilité et de la sécurité de ce que l'équipe produit.
On n'arrive pas directement à ce poste : on y accède après 4 à 8 ans comme dessinateur-projeteur. Ensuite, plusieurs portes s'ouvrent. Côté technique, on peut se spécialiser (courants faibles, sûreté et SSI, réseaux HTA, électronique embarquée) ou devenir BIM manager, un profil très recherché. Côté encadrement, l'évolution naturelle mène à chef de projet, responsable de bureau d'études ou chargé d'affaires — avec alors une vraie dimension commerciale et budgétaire.
À plus long terme, certains passent ingénieur par la validation des acquis (VAE) ou une formation continue au Cnam, d'autres se mettent à leur compte comme projeteur indépendant, un statut fréquent tant les profils confirmés manquent sur le marché.
Le marché est nettement porteur : les bureaux d'études peinent à recruter des projeteurs électricité confirmés, et encore plus des profils capables d'encadrer une équipe. La demande est tirée par la rénovation énergétique des bâtiments, l'électrification des usages (bornes de recharge, pompes à chaleur), le photovoltaïque, les data centers et la modernisation des réseaux. Les offres pour des postes de chef de projet ou chef de groupe électricité CFO/CFA sont nombreuses et souvent en CDI, dans les sociétés d'ingénierie, les grandes entreprises d'installation électrique (Eiffage Énergie, Vinci Énergies/Cegelec, Spie, Bouygues Énergies), l'industrie et les collectivités. La montée du BIM redistribue les cartes : ceux qui maîtrisent Revit MEP et la maquette numérique sont les mieux placés. Le statut d'indépendant est également très répandu pour les profils seniors.