Un débutant démarre autour de 1 900 à 2 200 € brut par mois (souvent convention Syntec ou métallurgie). Après 5 à 10 ans d'expérience, la rémunération monte à 2 500-3 200 € brut, et peut dépasser 3 500 € dans l'aéronautique, le spatial ou la défense, ou sur des spécialités rares (CEM, radiofréquences, microélectronique). S'ajoutent fréquemment une prime d'intéressement, un 13e mois et des primes de projet. Le secteur d'activité pèse souvent plus lourd que l'ancienneté sur le salaire.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est un bac+2 : le BTS CIEL option B « électronique et réseaux » (qui a remplacé le BTS Systèmes numériques option B) ou le BTS électrotechnique. On y arrive après un bac général avec spécialités scientifiques, un bac STI2D (surtout l'option SIN, systèmes d'information et numérique) ou un bac pro CIEL / MELEC.
Le BUT GEII (génie électrique et informatique industrielle), en 3 ans, parcours « électronique et systèmes embarqués » ou « automatisme et informatique industrielle », est très apprécié en bureau d'études : il donne un bac+3 et ouvre plus largement la porte des grands groupes. Une licence professionnelle « métiers de l'électronique : communication, systèmes embarqués » permet aussi de se spécialiser en un an après un bac+2.
L'alternance est fortement recommandée : elle est très répandue dans la filière et facilite énormément l'embauche. Passerelles : après quelques années, on peut poursuivre vers un diplôme d'ingénieur en formation continue (Cnam, ITII/UIMM, écoles en apprentissage) pour évoluer vers des fonctions d'ingénieur études et développement.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, ce technicien passe d'un écran d'ordinateur à une paillasse de laboratoire. Devant son poste de CAO (Altium, KiCad, OrCAD…), il dessine des schémas électroniques, choisit les composants dans les catalogues fournisseurs et place les pistes sur une carte imprimée : c'est le « routage ». Il vérifie ses choix par la simulation et le calcul avant même que la carte existe physiquement.
Ensuite vient la partie concrète : monter le prototype, souder ou câbler quelques exemplaires, puis mesurer. Oscilloscope, multimètre, analyseur de spectre, banc de test maison : il traque le signal qui déraille, la consommation trop élevée, la perturbation électromagnétique. Beaucoup de postes incluent aussi de la programmation embarquée — écrire ou corriger le firmware en C/C++, décrire un circuit logique en VHDL, paramétrer un microcontrôleur.
Enfin, il documente : nomenclatures, dossiers de fabrication, notices techniques, comptes rendus d'essais. Il propose des évolutions pour rendre le produit moins cher ou plus fiable, et fait le lien entre le bureau d'études, la production, les fournisseurs et parfois le client.
On exerce ce métier dans un bureau d'études, un laboratoire d'essais ou un atelier de prototypage, au sein d'une entreprise industrielle, d'une société d'ingénierie, d'un organisme d'études techniques ou des armées. Les secteurs sont très variés : aéronautique et spatial, automobile, défense, énergie, ferroviaire, électronique médicale, objets connectés, télécoms.
Les horaires sont plutôt classiques (journée, du lundi au vendredi), avec des coups de chaud avant une livraison ou une campagne d'essais. Le travail est peu physique, mais demande de la précision et de la concentration. Certaines activités se déroulent en salle blanche ou en zone à atmosphère contrôlée, avec équipements de protection (gants, blouse, bracelet antistatique). Le télétravail est possible pour la partie conception, simulation et documentation, mais les essais et les prototypes imposent d'être sur place : la formule hybride est la plus courante. L'anglais technique est très souvent demandé, car la documentation des composants est en anglais.
On commence souvent comme technicien d'essais ou de test, puis on se spécialise : routage/layout PCB, électronique de puissance, CEM (compatibilité électromagnétique), radiofréquences, systèmes embarqués, microélectronique. Avec de l'expérience, on devient technicien senior, chef de projet technique ou responsable de laboratoire, et on encadre une équipe.
D'autres passerelles existent : passer côté support technique client, rédaction technique, technico-commercial, méthodes ou qualité. Et rien n'empêche de viser plus haut : licence professionnelle puis école d'ingénieurs en alternance ou par la formation continue (Cnam, formations FIP) permettent de devenir ingénieur études et développement.
La filière électronique française recrute et peine à trouver des techniciens qualifiés. La demande est tirée par les systèmes embarqués, les objets connectés, l'électrification de l'automobile, l'aéronautique, la défense et les plans de relocalisation industrielle (France 2030). Les offres sont nombreuses et concentrées autour des grands bassins industriels (Toulouse, Grenoble, Rennes, Île-de-France, Lyon, Nantes, région Grand Est). Les profils issus d'alternance et ceux qui maîtrisent à la fois l'analogique, le numérique et un peu de programmation sont les plus recherchés ; les candidatures trop généralistes ont plus de mal à se placer.