Le démarrage se fait autour du SMIC : la grille de la convention collective blanchisserie-laveries-locations de linge (IDCC 2002) part d'environ 1 800 € brut par mois pour les premiers coefficients et monte au-delà de 3 700 € pour les postes d'encadrement. En atelier, un nettoyeur cuir confirmé se situe plutôt entre 2 000 et 2 400 € brut, avec des primes possibles. La spécialisation cuir/luxe et la reteinture sont mieux payées que le pressing textile classique, car peu de professionnels la maîtrisent. À son compte (atelier de rénovation, prestation pour maisons de luxe, sellerie), les revenus dépendent du carnet de commandes et peuvent nettement dépasser ces fourchettes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier reste accessible sans diplôme, par apprentissage sur le tas auprès d'un employeur : beaucoup de professionnels se forment en atelier, puis se perfectionnent en stages courts. La voie la plus balisée est le CAP Métiers de l'entretien des textiles option B pressing (2 ans après la 3e, ou 1 an après un autre CAP), qui forme au détachage, au nettoyage à sec et au traitement des cuirs et peaux. Le CAP Cordonnerie multiservice est une bonne alternative si l'on veut aussi réparer chaussures et articles en cuir, et le CAP Maroquinerie ouvre sur la fabrication.
Pour aller plus loin : Bac pro Métiers de l'entretien des textiles option B pressing ou BP Maintenance des articles textiles option pressing (en apprentissage), qui préparent à l'encadrement d'équipe, à la gestion d'un magasin et à l'installation à son compte. Un BTS MCO (Management Commercial Opérationnel) est envisageable pour ceux qui visent la gestion d'un réseau.
La spécialisation cuir passe surtout par la formation continue : le CTTN-IREN (Centre technique de la teinture et du nettoyage, à Écully près de Lyon) propose des modules pointus sur le traitement du cuir et de la peausserie, et des organismes privés forment à la rénovation et à la reteinture. Attention : les sections de CAP entretien des textiles sont peu nombreuses (environ 400 jeunes formés par an en France), il faut souvent accepter la mobilité géographique ou l'apprentissage.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par un diagnostic. À la réception de l'article, le professionnel identifie la nature de la peau, son tannage, sa finition (lisse, velours, pigmentée, aniline), repère les taches, les zones d'usure, les décolorations et évalue les risques du traitement. Il informe le client, établit un devis et note les réserves éventuelles.
Vient ensuite le travail d'atelier : détachage ciblé à la main, nettoyage en machine avec des solvants ou des procédés d'aquanettoyage adaptés au cuir, dégraissage, puis réengraissage et nourrissage de la peau pour lui rendre sa souplesse. Le raviveur applique ensuite des teintes ou des pigments au pinceau, à l'éponge ou au pistolet pour uniformiser la couleur, retoucher une éraflure ou reteindre entièrement une pièce. Il finit par la remise en forme, le repassage sur mannequin ou table spécifique, parfois de petites réparations de couture, le remplacement d'une doublure ou d'une fermeture. Il gère aussi le stock de produits, entretient les machines, conseille les clients sur l'imperméabilisation et l'entretien courant, et rend l'article emballé et contrôlé.
On exerce principalement en pressing haut de gamme ou en teinturerie de luxe, en atelier spécialisé de rénovation du cuir, en cordonnerie multiservice, dans le service après-vente d'une maison de maroquinerie, ou en tant qu'artisan indépendant (y compris en itinérant, pour rénover canapés et sellerie auto à domicile). Le travail se fait debout, dans une atmosphère parfois chaude et humide, avec manipulation de produits chimiques : gants, ventilation et respect strict des protocoles sont la règle (le perchloroéthylène est interdit dans les pressings français depuis 2022, ce qui a fait monter en puissance les procédés à l'eau et aux solvants alternatifs). Les horaires suivent en général ceux du commerce, samedi inclus, avec des pics avant et après l'hiver, saison des cuirs et des peaux lainées.
Avec de l'expérience, on se spécialise : rénovation de sacs de luxe (le fameux « spa du cuir » des grandes maisons), sellerie automobile, restauration de mobilier en cuir, teinture sur mesure et personnalisation. On peut aussi devenir chef d'atelier, responsable de magasin, formateur, expert auprès des assurances (sinistres, litiges sur articles de valeur) — ou ouvrir sa propre teinturerie ou son atelier de rénovation. Les passerelles sont nombreuses vers la maroquinerie, la cordonnerie, le finissage des cuirs en tannerie ou le contrôle qualité dans la filière cuir.
Le secteur pressing-blanchisserie de détail emploie près de 10 000 salariés et 400 apprentis, et signale des difficultés de recrutement croissantes qui freinent la croissance des entreprises : seulement ~400 jeunes sont formés chaque année au CAP Métiers de l'entretien des textiles. La spécialité cuir est encore plus rare, donc très demandée. Côté filière cuir, l'Alliance France Cuir (ex-Conseil national du cuir) évalue les besoins à environ 4 000 postes par an, tous métiers confondus. La dynamique de la seconde main, de la réparation et du « care » des articles de luxe (services de rénovation proposés par les grandes maisons, bonus réparation) tire la demande vers le haut. Les besoins sont surtout concentrés en zone urbaine et dans les bassins du luxe (Paris, Lyon, Choletais, Sud-Ouest).