En début de carrière, le salaire tourne autour du SMIC (environ 1 800 € brut par mois), quel que soit le secteur. Dans l'hôtellerie, la convention collective HCR fixe des minima proches du SMIC, mais en Île-de-France et dans les zones touristiques tendues les salaires réels dépassent souvent ces minima de 10 à 25 %, avec des primes (nourriture, blanchissage, coupure). Dans la fonction publique hospitalière, un agent de blanchisserie démarre autour de 1 800 € brut, avec une progression à l'ancienneté et des primes (dimanches, jours fériés). Avec de l'expérience ou un poste de responsable de lingerie / chef d'équipe, on atteint 2 200 à 2 500 € brut, davantage en hôtellerie de luxe. Les lingers indépendants (repassage à domicile) facturent à l'heure ou au panier, avec des revenus très variables.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme dans certains établissements (recrutement sur profil, formation interne), mais un CAP facilite nettement l'embauche et l'évolution. La voie la plus directe est le CAP Métiers de l'entretien des textiles option A : blanchisserie (2 ans après la 3e, en lycée professionnel ou en apprentissage), qui forme aux matières textiles, aux techniques de lavage, de détachage et de finition, ainsi qu'à la maintenance de premier niveau des machines. L'option B pressing est une alternative proche, plus orientée nettoyage à sec et vêtement de ville.
Pour aller plus loin, le Bac pro Métiers de l'entretien des textiles option A : blanchisserie (3 ans après la 3e, ou 2 ans après un CAP) prépare à des postes plus qualifiés et à l'encadrement d'équipe. Des CQP et titres professionnels de la branche existent aussi pour les adultes en reconversion. Un CAP couture (Métiers de la mode) est un vrai plus pour la partie retouches, très recherchée en hôtellerie haut de gamme et dans les établissements de santé. Dans la fonction publique hospitalière, l'entrée se fait par recrutement direct sur des postes d'agent de blanchisserie ou par concours pour les grades supérieurs.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent par la réception et le tri du linge sale : il faut séparer les textiles selon leur matière (coton, synthétique, laine), leur couleur et leur niveau de salissure. Vient ensuite le lavage, sur des machines industrielles qui peuvent traiter plusieurs dizaines de kilos à la fois, avec le bon programme et le bon dosage de produits. Le linger détache ce qui doit l'être, sèche, puis passe au repassage : fer, calandre (une grande machine à repasser le linge plat), presse ou mannequin de finition selon les pièces.
Avant la remise en circulation, chaque pièce est contrôlée : un ourlet décousu, un bouton manquant ou une fermeture éclair cassée sont réparés sur place — beaucoup de lingers savent coudre et faire des retouches simples. Le linge propre est ensuite plié, marqué, trié par service ou par chambre, puis rangé ou distribué. À cela s'ajoute une part de gestion : suivre les stocks de draps et de tenues, faire l'inventaire, commander les produits d'entretien, signaler les pièces usées à remplacer et transmettre les informations aux équipes (étage, soins, cuisine) qui utilisent ce linge.
Le métier s'exerce dans une lingerie ou une blanchisserie : un atelier chaud et humide, souvent bruyant à cause des machines, avec des odeurs de produits lessiviels. On travaille debout la majeure partie du temps, avec des gestes répétitifs et du port de charges (chariots, sacs de linge, piles de draps). Les horaires sont fréquemment décalés : en hôtellerie, il faut que les chambres soient prêtes pour l'après-midi ; en hôpital, la blanchisserie démarre tôt le matin. Le travail le week-end ou en équipes existe dans les grosses structures. Le télétravail est évidemment impossible.
On travaille rarement seul : en blanchisserie industrielle ou hospitalière, la lingerie est une petite équipe organisée en chaîne. Dans un hôtel indépendant ou une maison de retraite, la lingère peut au contraire être seule responsable de tout le circuit du linge — avec beaucoup d'autonomie. Dans les établissements de santé, l'hygiène est cadrée par des protocoles stricts (méthode RABC) : le linge propre ne doit jamais recroiser le linge sale.
Avec de l'expérience, on peut devenir chef d'équipe puis responsable de lingerie ou de blanchisserie, avec la gestion du planning, des stocks et du budget. Dans l'hôtellerie, la lingerie mène aussi vers les métiers des étages (gouvernant·e, responsable housekeeping). Côté industrie, on évolue vers la conduite de machines, la maintenance ou le contrôle qualité. À l'hôpital, un concours permet d'intégrer la fonction publique hospitalière et d'accéder à des postes de technicien ou d'encadrement en blanchisserie. Certains se mettent à leur compte : lingère à domicile, service de repassage, ou reprise d'un pressing. Enfin, celles et ceux qui aiment la partie couture peuvent bifurquer vers la retouche ou l'entretien de textiles anciens et de costumes de spectacle.
Le linge est un besoin permanent : hôtels, hôpitaux, cliniques, EHPAD, restaurants, blanchisseries industrielles et loueurs de linge recrutent en continu. Le secteur souffre d'un déficit de notoriété auprès des jeunes — peu de candidats se présentent, alors que les offres existent partout en France, y compris en CDI. Le vieillissement de la population soutient fortement la demande côté santé et EHPAD, et la reprise du tourisme celle de l'hôtellerie, où le housekeeping (dont la lingerie) est identifié comme un métier en tension. L'entrée par l'intérim ou le CDD saisonnier est fréquente dans les zones touristiques, et débouche souvent sur un poste durable. L'automatisation (plieuses, calandres, systèmes de tri par puce RFID) transforme les tâches sans supprimer les postes : elle valorise au contraire les profils capables de conduire les machines et de gérer la traçabilité du linge.