Le poste démarre en général au niveau du SMIC ou légèrement au-dessus, les grilles de l'industrie textile et de l'habillement fixant un minimum conventionnel un peu supérieur au SMIC (environ 1 900 € brut mensuel en 2026). Un repasseur expérimenté, spécialisé (tailleur, luxe, cuir) ou chef d'équipe finition atteint 2 000 à 2 400 € brut, davantage en fin de carrière ou avec des primes de production et heures supplémentaires. En indépendant (repassage à domicile, pressing), le revenu dépend entièrement du volume de clientèle.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est strictement obligatoire : la majorité des repasseurs sont formés en interne, sur le poste, pendant quelques semaines à quelques mois. Un CAP du secteur des matériaux souples facilite nettement l'embauche et l'évolution : CAP Métiers de la mode - vêtement flou, CAP Métiers de la mode - vêtement tailleur, ou CAP Métiers du pressing pour ceux qui visent la blanchisserie. La voie la plus adaptée pour valider ses compétences en poste est le CQP Opérateur en confection (ou CQP Opérateur multipostes en confection) de la branche Habillement, qui couvre explicitement les opérations de pressage/repassage, l'entretien de premier niveau du poste et le contrôle qualité ; il s'obtient en formation continue ou par validation en situation de travail devant un jury paritaire national. Pour évoluer vers l'encadrement ou les méthodes, le Bac pro Métiers de la couture et de la confection (qui remplace progressivement le Bac pro Métiers de la mode - vêtements) puis le BTS Métiers de la mode - vêtements sont les suites logiques. L'apprentissage et l'intérim sont deux portes d'entrée très courantes.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Dans un atelier de confection, le vêtement passe entre plusieurs mains avant d'être fini : le repasseur (ou « presseur ») intervient pendant la fabrication et surtout à la fin. Concrètement, il ouvre et aplatit les coutures au fer pendant le montage (on parle de « repassage en cours »), puis il donne au vêtement terminé sa forme définitive : marquer un pli de pantalon, mettre en forme les épaules d'une veste sur un mannequin gonflable, défroisser une robe en soie sans la brûler, thermocoller un col.
Il choisit à chaque fois le bon réglage — température, pression, quantité de vapeur, temps de pose — selon la matière : le lin, la laine, le polyester ou la soie ne réagissent pas du tout pareil à la chaleur. Il travaille sur des équipements variés : fer à vapeur professionnel, table aspirante, presse, carrousel, mannequin de finition. Avant de plier ou de mettre sur cintre, il jette un dernier coup d'œil de contrôle qualité : fil qui dépasse, tache, faux pli, couture mal ouverte. Il assure aussi l'entretien courant de son poste (détartrage, nettoyage des semelles, changement des housses) et signale les pannes.
Le métier s'exerce debout, dans un atelier ou une usine de confection, souvent sur des horaires de journée réguliers (type 8h-12h / 12h45-16h45), parfois en équipes décalées quand la production tourne. L'ambiance est chaude et humide à cause de la vapeur, le geste est répétitif et la cadence peut monter fort avant les livraisons de collection. Une bonne condition physique et une vraie tolérance à la chaleur sont indispensables ; la prévention des troubles musculo-squelettiques (gestes et postures, alternance des tâches) fait partie du quotidien dans les entreprises sérieuses.
Les employeurs sont les ateliers de confection et de prêt-à-porter, les façonniers, les maisons de luxe et leurs sous-traitants, mais aussi les blanchisseries industrielles et les pressings. Les régions les plus actives sont l'Île-de-France, les Hauts-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Vallée de la Loire, l'Occitanie et PACA. Le télétravail est évidemment exclu : tout se joue sur la machine.
On entre souvent sur ce poste sans diplôme, avec une formation sur le tas de quelques semaines, puis on se spécialise : repassage du tailleur et du costume, du flou (robes, chemisiers), du cuir, du vêtement de luxe — des savoir-faire recherchés et mieux payés. Avec de l'expérience, on peut devenir chef d'équipe finition, contrôleur qualité, ou passer sur d'autres postes de la chaîne (coupe, montage, méthodes) via un CQP ou un CAP.
Beaucoup se tournent aussi vers la blanchisserie et le pressing (avec parfois la reprise ou la création d'un fonds), ou vers le service à domicile de repassage en indépendant. Enfin, la relocalisation partielle de la confection en France et le savoir-faire du luxe redonnent de la valeur à ces métiers manuels : les ateliers cherchent des personnes fiables et minutieuses, et forment volontiers en interne.
Environ 90 % des vêtements consommés en France sont importés, ce qui a fortement réduit les effectifs de la confection française depuis trente ans. Mais le mouvement de relocalisation, la vitalité du luxe et du haut de gamme et la demande de Made in France ont fait remonter l'emploi du secteur ces dernières années. Résultat : peu de postes en volume, mais des ateliers qui peinent à recruter des opérateurs fiables et minutieux, et qui forment volontiers en interne. Les débouchés se trouvent aussi bien en confection qu'en blanchisserie industrielle et en pressing, où le repassage est un savoir-faire directement transposable. L'intérim et l'apprentissage sont des voies d'entrée fréquentes.