Le démarrage se fait au SMIC (environ 1 800 € brut par mois, soit ~1 420 € net) dans la très grande majorité des pressings, la grille de la convention collective de la blanchisserie-pressing (IDCC 2002) partant du coefficient 130. Avec de l'expérience, une spécialisation (cuir, luxe, retouches) ou un poste polyvalent réception + atelier, la rémunération monte à 1 900-2 200 € brut. Un responsable de boutique débute plutôt autour de 1 750-1 900 € net. Les revenus moyens observés tournent autour de 16 500 € net par an. À son compte, la rémunération dépend entièrement du chiffre d'affaires du point de vente.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est officiellement accessible sans diplôme ni expérience : de nombreux pressings forment leurs employés en interne, en commençant par la réception et le repassage. Mais le CAP Métiers de l'entretien des textiles option B pressing reste la voie de référence : 2 ans après la 3e, en lycée professionnel ou en apprentissage (CFA), avec 12 à 16 semaines en entreprise. Environ 27 établissements le proposent en France, c'est donc une formation rare qu'il faut anticiper.
Pour aller plus loin : le Bac pro Métiers de l'entretien des textiles option B pressing (3 ans après la 3e, ou 2 ans après le CAP) forme des techniciens capables d'encadrer, et le BP Maintenance des articles textiles option pressing (2 ans en alternance après un CAP) ajoute une forte dimension commerciale et de gestion, utile pour reprendre une boutique. Le titre « Agent polyvalent de pressing » enregistré au RNCP permet aussi une entrée rapide par la formation continue ou la reconversion. La VAE est possible pour les personnes déjà en poste.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent derrière le comptoir : tu accueilles les clients, examines chaque article pièce par pièce, notes son état, l'étiquettes et enregistres la commande. C'est le moment clé du métier : repérer une tache de gras, de vin ou d'encre, identifier la composition du tissu (soie, laine, cuir, synthétique) et annoncer un résultat réaliste pour éviter les litiges à la restitution.
Vient ensuite le travail d'atelier. Tu tries par couleur et par matière, brosses et prédétaches à la main avec des produits spécifiques, puis charges les machines de nettoyage à sec ou d'aquanettoyage en réglant le bon cycle. Après séchage, tu contrôles le résultat, retraites les taches persistantes, puis passes à la finition : repassage à la presse, sur mannequin gonflant ou au fer vapeur, apprêtage, imperméabilisation. Tu peux aussi faire de petites retouches couture (ourlet, bouton, fermeture éclair), gérer les stocks de produits, entretenir les machines, encaisser et rendre les articles à la date promise.
Le métier s'exerce dans un pressing de quartier, une franchise (5àsec, Bleu Lavande, Aqualogia…), une teinturerie de luxe ou une blanchisserie industrielle qui travaille pour l'hôtellerie, les hôpitaux ou les EHPAD. On travaille debout la majeure partie du temps, dans une ambiance chaude et humide malgré la modernisation des équipements, avec du port de charges modéré (paniers de linge, articles volumineux).
Les horaires suivent ceux du commerce : ouverture tôt ou fermeture en soirée, travail le samedi, journées parfois fractionnées. Il faut savoir tenir les délais, y compris quand un client débarque avec une urgence pour le lendemain. La sécurité compte : produits chimiques, vapeur, machines. Le perchloroéthylène, longtemps utilisé en nettoyage à sec, est interdit dans les pressings depuis 2022 — la profession s'est tournée vers l'aquanettoyage et les solvants alternatifs, ce qui a fait évoluer les gestes du métier.
Avec de l'expérience, tu peux te spécialiser dans le traitement des matières délicates (cuir, peausserie, fourrure, robes de mariée, textiles de luxe), devenir référent technique ou formateur interne. Le passage à responsable de boutique ou gérant de plusieurs points de vente est fréquent en réseau franchisé.
Beaucoup finissent par s'installer à leur compte : reprendre ou ouvrir un pressing est un projet accessible, surtout après un Bac pro ou un BP qui apportent les bases de gestion commerciale. D'autres passerelles existent vers la blanchisserie industrielle (encadrement d'équipe), la logistique du linge en milieu hospitalier ou hôtelier, ou les métiers de la retouche et de l'entretien textile.
Le secteur compte environ 5 900 pressings et blanchisseries en France et peine à recruter : peu de jeunes se forment (une trentaine d'établissements seulement proposent le CAP) alors que les besoins sont constants. Les recrutements viennent des pressings de quartier, des réseaux franchisés (5àsec, Bleu Lavande, Aqualogia, Aqua Blue, Sequoia…) et surtout des blanchisseries industrielles qui travaillent pour l'hôtellerie, les hôpitaux et les EHPAD. Les contrats proposés sont majoritairement des CDI, souvent à temps partiel en boutique. Le taux d'insertion après un apprentissage est bon. Point de vigilance : le nombre de pressings traditionnels diminue lentement (concurrence des services de collecte en ligne, coûts de l'énergie), mais la demande d'entretien professionnel du textile, elle, reste solide.