Un responsable de pressing débutant se situe autour de 1 800 à 2 000 € brut par mois, souvent proche du minimum de la convention collective de la blanchisserie-laverie-pressing (grille revalorisée de 1,73 % en moyenne par l'avenant du 5 mars 2025). Avec de l'expérience ou la responsabilité de plusieurs points de vente, la rémunération monte vers 2 400 à 3 000 € brut, avec parfois une part variable sur le chiffre d'affaires du magasin. Le salaire de référence France Travail pour ce métier tourne autour de 2 440 € brut. Pour un gérant indépendant ou un franchisé, il n'y a plus de salaire fixe : le revenu dépend directement de la rentabilité du point de vente, très liée à l'emplacement et au panier moyen.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le socle du métier, c'est un diplôme de l'entretien des textiles. On commence généralement par le CAP métiers de l'entretien des textiles option B pressing (2 ans après la 3e), qui apprend le détachage, le nettoyage, le repassage et la connaissance des matières. Pour viser un poste de responsable, le bac pro métiers de l'entretien des textiles option B pressing (3 ans, ou 2 ans après le CAP, en lycée pro ou en apprentissage) est la voie la plus directe : il ajoute la conduite d'installations, le contrôle qualité, la relation client et la gestion. Le BP maintenance des articles textiles option pressing, préparé en apprentissage après un CAP, mène lui aussi à l'encadrement et à l'installation à son compte.
Une autre voie existe, plus commerciale : un BTS management commercial opérationnel (MCO) après un bac, qui forme à la gestion d'une unité commerciale, d'une équipe et d'un chiffre d'affaires. C'est le profil recherché par les réseaux franchisés, qui complètent ensuite par une formation interne au métier (6 semaines chez 5àsec, par exemple).
Enfin, la promotion interne reste très courante dans ce secteur : un employé de pressing formé sur le tas peut évoluer vers la gérance après plusieurs années, en complétant par la VAE (validation des acquis de l'expérience) ou des formations courtes de la branche.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent avant l'ouverture : vérifier que les machines sont prêtes, contrôler les articles traités la veille, préparer les commandes à rendre. Ensuite, le responsable de pressing jongle entre le comptoir et l'atelier. Au comptoir, il accueille les clients, examine les vêtements, repère les taches et les matières délicates (soie, cachemire, cuir), annonce un prix et un délai, et gère les éventuelles réclamations. En atelier, il supervise le tri, le détachage, le nettoyage (aquanettoyage ou solvant), le repassage à la presse et l'emballage. Il contrôle la qualité avant chaque remise au client : c'est lui qui décide si un article repart pour un second passage.
À cela s'ajoute tout le volet gestion : planning de l'équipe, formation des nouveaux sur les machines et les techniques de détachage, commandes de produits et de consommables, suivi de la caisse et du chiffre d'affaires, entretien et maintenance de première ligne des équipements. Selon la taille de la structure, il met aussi en place des opérations commerciales (offres de saison, service retouche, collecte en entreprise, dépôt de linge de maison) pour développer la clientèle.
Le métier s'exerce dans un pressing traditionnel ou franchisé (5àsec, Bleu de France…), dans une teinturerie haut de gamme, dans une blanchisserie industrielle ou dans le service linge d'un hôtel, d'un hôpital ou d'un EHPAD. On travaille debout, dans une ambiance chaude et humide, avec du port de charges (sacs de linge, cintres pleins). Les horaires suivent ceux du commerce : ouverture tôt le matin, fermeture en fin de journée, souvent le samedi, parfois en horaires coupés. Le télétravail est impossible : le métier est entièrement en boutique et en atelier.
C'est aussi un métier encadré par la réglementation environnementale. Les pressings relèvent de la rubrique ICPE 2345 : depuis le 1er janvier 2022, le perchloréthylène est interdit, remplacé par l'aquanettoyage ou des solvants de substitution. Le responsable doit connaître ces règles, suivre la formation obligatoire à la conduite d'installation de nettoyage à sec et gérer les contrôles périodiques.
On arrive souvent à ce poste après quelques années comme employé de pressing ou teinturier, avec un CAP ou un bac pro dans l'entretien des textiles. Ensuite, plusieurs portes s'ouvrent : prendre la responsabilité d'un magasin plus important, devenir animateur de plusieurs points de vente au sein d'un réseau franchisé, ou passer côté blanchisserie industrielle comme chef d'équipe ou responsable de production. Beaucoup finissent par s'installer à leur compte : reprendre un pressing existant ou ouvrir en franchise (comptez 115 000 à 135 000 € d'investissement pour une création en aquatechnologie). D'autres se spécialisent dans des niches rentables : entretien du cuir et de la peausserie, textiles de luxe, robes de mariée, ou services aux hôtels et restaurants.
Le secteur de la blanchisserie-teinturerie représente plus de 14 300 établissements en France pour environ 891 millions d'euros de chiffre d'affaires. C'est un secteur qui peine à recruter : peu de jeunes se forment aux métiers de l'entretien des textiles, alors que les besoins existent dans les pressings de quartier, les réseaux franchisés en développement (une quinzaine d'ouvertures 5àsec sur la seule année 2025), les blanchisseries industrielles, les hôtels et le secteur hospitalier. Résultat : un profil formé et capable d'encadrer trouve assez vite un poste, et les opportunités de reprise d'un pressing existant sont nombreuses, beaucoup de gérants partant à la retraite. La contrepartie : un marché sensible à la conjoncture (le nettoyage à sec est un achat qu'on repousse quand le budget est serré) et une transition technique en cours vers l'aquanettoyage, qui demande de se former en continu.