Musicologue

À partir du Bac +5 Emploi : Difficile
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Musicologue
Europeana / Unsplash
Salaire net ~1 575 – 3 150 €/mois
Télétravail Partiel
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le musicologue est un chercheur passionné de musique : il décortique les œuvres, retrouve des partitions oubliées dans les archives et raconte comment la musique s'est fabriquée à travers les époques et les cultures. Il partage ensuite ses découvertes en écrivant des livres et des articles, en enseignant à l'université ou en animant des conférences avant un concert. C'est un métier pour celles et ceux qui aiment autant écouter la musique que comprendre d'où elle vient.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 575 €
net / mois
≈ 1,1 SMIC
2 100 € brut
Expérimenté
3 150 €
net / mois
≈ 2,2 SMIC
4 200 € brut

Les revenus dépendent beaucoup du statut. En doctorat, un contrat doctoral tourne autour de 2 100 € brut par mois. Un musicologue-chercheur débutant se situe autour de 2 100 à 2 400 € brut : un maître de conférences ou un chargé de recherche CNRS démarre au 1er échelon à environ 2 360 € brut mensuel, primes non comprises (RIPEC pour les enseignants-chercheurs). En milieu et fin de carrière, un professeur des universités ou un directeur de recherche peut atteindre 4 000 à 5 500 € brut. Dans le secteur culturel (médiation, documentation, édition, conseil artistique), les salaires sont souvent plus modestes en début de parcours, autour de 1 900 à 2 300 € brut. Beaucoup de musicologues complètent leurs revenus par des piges, des conférences, des notices de programmes ou des missions de conseil, en indépendant.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du Bac +5
Diplôme de référence : Licence mention Musicologie

Le parcours de référence est universitaire et se construit en trois étapes. On commence par une licence mention Musicologie (Bac+3) : histoire de la musique, analyse, écriture et harmonie, ethnomusicologie, esthétique, langues, souvent complétées par une pratique instrumentale ou vocale. Il est très fortement conseillé d'arriver avec une solide formation en solfège et une pratique musicale personnelle (conservatoire, école de musique, orchestre, chorale) : la licence ne part pas de zéro.

On poursuit ensuite en master mention Musicologie (Bac+5), avec deux grandes orientations : un parcours recherche (préparation au doctorat) ou un parcours professionnalisant (médiation culturelle, administration de la musique, édition, documentation musicale, ethnomusicologie).

Pour faire de la recherche et enseigner à l'université, le doctorat en musicologie (Bac+8) est indispensable : trois à quatre ans de thèse, idéalement financés par un contrat doctoral. Il faut ensuite obtenir la qualification du CNU (section 18) pour candidater aux postes de maître de conférences.

Les principaux pôles de formation sont Sorbonne Université, Paris 8, Paris Nanterre, Lyon 2, Tours, Strasbourg, Montpellier Paul-Valéry, Rennes 2, Aix-Marseille, Toulouse Jean-Jaurès, ainsi que l'EHESS et l'EPHE pour certains masters de recherche. Des doubles cursus existent avec les conservatoires (par exemple le parcours Sorbonne / PSPBB), et les CNSMD de Paris et de Lyon proposent des cursus de culture musicale et de musicologie de haut niveau. Une bonne maîtrise de l'anglais, et souvent de l'allemand, de l'italien ou du latin, est un vrai atout pour lire les sources.

Diplômes les plus adaptés

Bac+3
Licence mention Musicologie
Bac+5
Master mention Musicologie
Autre
Doctorat en musicologie (indispensable pour la recherche et l'enseignement supérieur)

Diplômes envisageables

Bac+5
Master mention Musique (parcours médiation, administration ou création)
Bac+3
Licence mention Histoire de l'art et archéologie ou mention Histoire (avant réorientation en master musicologie)
Bac+3
DNSPM — Diplôme national supérieur professionnel de musicien (voie conservatoire, à compléter par un cursus universitaire)
Bac+5
Master mention Patrimoine et musées / Métiers du livre et de la documentation (spécialisation fonds musicaux)

Certifications et permis

Atout
Qualification aux fonctions de maître de conférences (CNU, section 18 — arts) Étape obligatoire, après le doctorat, pour pouvoir candidater à un poste d'enseignant-chercheur à l'université.
Atout
CAPES ou agrégation d'éducation musicale et chant choral Concours à passer si l'on souhaite enseigner la musique en collège ou en lycée.
Atout
DE (diplôme d'État) de professeur de musique Utile pour enseigner la culture ou la formation musicale en conservatoire et en école de musique.
Atout
Certification en langues (anglais, allemand, italien) et en langues anciennes Atout important pour lire les sources et publier dans des revues internationales.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Rédaction scientifique et vulgarisation
Indispensable Histoire de la musique et des répertoires
Indispensable Analyse musicale, harmonie et écriture
Indispensable Méthodologie de recherche et travail sur sources et archives
Important Solfège et pratique instrumentale ou vocale
Important Langues étrangères et langues anciennes (anglais, allemand, italien, latin)
Un plus Paléographie musicale et édition critique de partitions
Un plus Outils numériques : bases de données, catalogage, humanités numériques
Un plus Enquête de terrain et collecte sonore (ethnomusicologie)

Les qualités qui comptent

Important Aisance à l'oral et sens de la pédagogie
Indispensable Rigueur et esprit critique
Indispensable Curiosité intellectuelle et passion pour la musique
Important Persévérance et autonomie sur des travaux au long cours
Important Qualité d'écoute et mémoire auditive

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Le quotidien d'un musicologue ressemble beaucoup à celui d'un enquêteur. Il passe une grande partie de son temps à lire, écouter et analyser : il décortique une partition mesure par mesure, compare plusieurs versions d'une même œuvre, écoute des enregistrements anciens, et consulte des manuscrits dans des bibliothèques comme la BnF ou dans des fonds d'archives. Il croise ces sources musicales avec des documents historiques (correspondances, programmes de concert, contrats, presse de l'époque) pour reconstituer le contexte dans lequel une musique est née.

L'autre grande partie du métier, c'est la transmission. Le musicologue rédige des articles pour des revues scientifiques comme la *Revue de musicologie*, publie des ouvrages, écrit des notices de programmes ou des livrets de disques. Il intervient dans des colloques, anime des conférences avant concert, participe à des émissions de radio ou conseille un orchestre, un opéra ou un festival sur le choix et l'interprétation d'un répertoire. Beaucoup de musicologues enseignent aussi : à l'université, en conservatoire, ou dans le secondaire.

Une spécialité mérite d'être connue : l'ethnomusicologie. L'ethnomusicologue étudie les musiques du monde dans leur contexte social. Son terrain ne se limite pas à la bibliothèque : il part enquêter, enregistre des musiciens, filme des rituels, apprend parfois la langue locale, puis archive et analyse ces documents sonores.

Les conditions de travail

C'est un métier essentiellement intellectuel et sédentaire : bureau, bibliothèque, salle d'archives, avec beaucoup de lecture et d'écriture sur écran. Une partie du travail (rédaction, analyse, dépouillement de sources numérisées) se fait très bien à distance, mais il faut se déplacer pour consulter des fonds physiques, assister à des concerts, participer à des colloques — souvent à l'étranger — ou enquêter sur le terrain pour les ethnomusicologues.

Les horaires sont rarement du 9h-17h classique : ils s'organisent autour des cours, des concerts en soirée, des périodes de rédaction intense et des rendus. Les principaux employeurs sont les universités, le CNRS et ses laboratoires (comme l'IReMus), la Bibliothèque nationale de France, les musées et institutions culturelles (Philharmonie de Paris, Cité de la musique, opéras), les conservatoires, les maisons d'édition musicale, les médias spécialisés et les grands festivals. Beaucoup de musicologues cumulent plusieurs activités : un poste principal complété par des piges, des conférences ou des missions de conseil.

Télétravail Partiel
Horaires Variable
Effort physique Faible
Environnement bureau, bibliothèque, école, salle de concert
Comment ça évolue ?

Le parcours « académique » classique mène du doctorat au post-doctorat, puis au poste de maître de conférences, de chargé de recherche au CNRS, et à terme de professeur des universités ou de directeur de recherche, avec parfois la direction d'un laboratoire ou d'une revue.

Mais la musicologie ouvre bien d'autres portes : conservateur de fonds musicaux en bibliothèque ou en musée, chargé de médiation ou de programmation dans une salle de concert, conseiller artistique d'un orchestre ou d'un opéra, critique et journaliste musical, éditeur de partitions ou d'éditions critiques, expert pour la restauration d'enregistrements anciens, ou encore spécialiste des humanités numériques appliquées à la musique. Il est également possible de se réorienter vers l'enseignement en collège et lycée (via le CAPES ou l'agrégation d'éducation musicale) ou vers l'administration culturelle.

Perspectives d'emploi

Difficile

Le métier de musicologue au sens strict — chercheur ou enseignant-chercheur — offre très peu de postes : chaque année, seule une poignée de postes de maître de conférences en musicologie sont ouverts en France, pour beaucoup de docteurs. La concurrence est forte et les débuts passent souvent par plusieurs années de vacations, de contrats courts ou de post-doctorats. En revanche, les compétences acquises en musicologie (analyse, recherche documentaire, rédaction, culture musicale, médiation) débouchent sur un éventail bien plus large de métiers dans la culture : médiation et programmation, documentation et bibliothèques musicales, édition, journalisme musical, production de spectacle, enseignement. La montée en puissance des humanités numériques, de la valorisation du patrimoine sonore et des plateformes de streaming crée aussi de nouveaux besoins d'expertise. Le conseil est donc de construire un profil « musicologie + une compétence pro » (documentation, gestion de projet culturel, numérique, langues) plutôt que de viser uniquement le poste universitaire.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

EthnomusicologueMusicologue-chercheur / Musicologue-chercheuseChargé / Chargée de recherche en musicologieEnseignant-chercheur / Enseignante-chercheuse en musicologieMusicographeConseiller / Conseillère musical(e)Historien / Historienne de la musique

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéFonctionnaireContractuel de la fonction publiqueIndépendant / Auto-entrepreneur